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Ravitailler un satellite en orbite, c'est possible

En démontrant qu’il est possible de ravitailler un satellite en orbite, les agences spatiales américaine et canadienne ont franchi une étape importante dans la robotique spatiale. À terme, cela pourrait déboucher sur une nouvelle activité commerciale dans l’espace.

À l’avenir, un satellite pourrait être lancé pour en ravitailler un autre, voire s’y amarrer pour le désorbiter. © Nasa À l’avenir, un satellite pourrait être lancé pour en ravitailler un autre, voire s’y amarrer pour le désorbiter. © Nasa

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La Nasa et l’Agence spatiale canadienne ont réussi à démontrer qu’il était possible de faire le plein dans l’espace et de ravitailler des satellites en orbite, même ceux qui ne sont pas conçus pour l’être à l’origine. Cette démonstration a été réalisée à l’extérieur de la Station spatiale internationale dans le cadre de la mission de ravitaillement robotique (RRM, Robotic Refueling Mission) réalisée en coopération par les deux agences.

L’expérience, qui s’est étalée sur plusieurs mois, a consisté à tester divers outils et procédures grâce auxquels des systèmes robotisés pourront ravitailler des satellites en orbite. Cette expérience utilise Dextre (le manipulateur agile spécialisé), le bras robotique Canadarm2 ainsi qu’un module jouant le rôle du satellite et un ensemble d’outils livrés à bord de l’ISS lors de la dernière mission de la navette Atlantis en juillet 2011. Elle s’est achevée à la fin du mois de janvier avec la simulation du ravitaillement d’un satellite en transférant de l’éthanol liquide dans le module fabriqué par la Nasa. Ce transfert de liquide était la tâche principale de l’expérience. La manœuvre était particulièrement difficile, car la manipulation de liquide dans l’espace exige une précision parfaite afin d’éviter des fuites dangereuses.


Cette vidéo explique la dernière phase de la démonstration d'une mission de ravitaillement réalisée à l'extérieur de la Station spatiale internationale. © Nasa, YouTube

L'ouverture d'un nouveau marché spatial en question

Cette démonstration réussie est une étape importante dans le développement des technologies et techniques robotiques dans le domaine de l’entretien des satellites en orbite, que ce soit pour les ravitailler ou les désorbiter avant qu’ils ne deviennent des débris spatiaux. Ce succès pourrait ouvrir la voie à une nouvelle activité commerciale dans l’espace et changer cinquante ans de pratique courante, qui consiste à mettre hors service un satellite lorsqu’il a épuisé ces réserves d’ergols.

La Nasa réfléchit à la mise en place d’un partenariat public-privé comme elle l’a fait pour la desserte de la Station spatiale internationale en la confiant au secteur privé. Il existe plus de 1.100 satellites actifs dans l’environnement proche de la Terre et 2.500 satellites inactifs en orbite autour de notre planète. Une entreprise privée pourrait donc y trouver son compte.

Cela dit, ce pari économique est risqué. S’il ne fait guère de doute que des missions de désorbitation se justifient (comme avec Envisat), l’idée de prolonger la durée de vie des satellites se heurte d’une part à l'obsolescence des équipements et des constructeurs de satellite, et d’autre part au fait qu’elle pourrait dérégler le marché d’occasion des satellites en fin de vie. Cette activité bien réelle et peu connue du grand public permet aux grands opérateurs de satellites de les céder à des utilisateurs qui recherchent des solutions de service à bas coût plutôt que d’être à la pointe de la technologie. À suivre, donc.


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