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Nouvel échec pour un lanceur russe Proton

Ce weekend, un lanceur Proton d’International Launch Services a une nouvelle fois raté sa mission en plaçant le satellite Yamal-402 sur une mauvaise orbite. Ce revers, seulement 4 mois après un autre échec partiel, met à mal l’industrie spatiale russe qui accélère sa perte de compétitivité.

Décollage, samedi 8 décembre à 17 h 13 heure locale, du lanceur Proton du cosmodrome de Baïkonour. Plus tard, les responsables de la mission s'apercevront que le satellite a été placé sur une orbite trop basse. © International Launch Services Décollage, samedi 8 décembre à 17 h 13 heure locale, du lanceur Proton du cosmodrome de Baïkonour. Plus tard, les responsables de la mission s'apercevront que le satellite a été placé sur une orbite trop basse. © International Launch Services

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Malgré un lancement parfait depuis le cosmodrome de Baïkonour, le lanceur Proton d’International Launch Service (ILS) a raté sa mission.

Le satellite de télécommunication Yamal-402 a été mis sur une orbite trop basse en raison d'un problème à l'étage supérieur Breeze-M. Pendant l'opération de mise en orbite du satellite, celui-ci s'est séparé du lanceur avec quatre minutes d'avance, a expliqué l'agence spatiale russe Roscosmos dans un communiqué.

Seule note optimiste, Yamal-402 est sous contrôle, en bon état de fonctionnement et devrait pouvoir atteindre son orbite avec ses propres moteurs. Cela se fera au prix d’une consommation de carburant qui réduira d’autant sa durée de vie.


Décollage du lanceur Proton d'International Launch Services du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan. Le satellite Yamal-402 qu’il transportait a été placé sur une orbite trop basse à cause du détachement précoce de l’étage supérieur. © ILS, YouTube

L'étage supérieur Breeze-M mis en cause

Construit par Thales Alenia Space pour le compte de Gazprom Space Systems, filiale espace et télécommunications du géant gazier russe, Yamal-402 devait fonctionner pendant au moins 15 ans. Construit autour de la plateforme Spacebus, ce satellite est équipé de 46 transpondeurs en bande Ku. S’il atteint sa position définitive, sur une orbite géostationnaire à 55° E, sa zone de couverture englobera la Communauté des États indépendants, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.

Une nouvelle fois, l’étage supérieur Breeze-M est mis en cause. Le 6 août dernier, après un décollage parfait, le lanceur russe Proton ratait sa mission, ne parvenant pas à placer sur l’orbite prévue les satellites de télécommunications Express-MD2 (russe) et Telkom-3 (indonésien).

Le satellite Yamal-402 dans les locaux cannois de Thales Alenia Space, quelques jours avant son transfert à Baïkonour, début novembre. © R. Decourt, Futura-Sciences
Le satellite Yamal-402 dans les locaux cannois de Thales Alenia Space, quelques jours avant son transfert à Baïkonour, début novembre. © R. Decourt, Futura-Sciences

Perte de compétitivité pour l'aérospatiale russe

L’enquête a montré que lors de ce vol, tout avait bien fonctionné jusqu’à ce que l’étage supérieur Breeze-M s'arrête prématurément. Ses moteurs se sont coupés 7 secondes après leur mise en marche, alors qu’ils devaient fonctionner durant 18 mn 5 s.

Cette série d’incidents arrive au plus mauvais moment pour l’industrie spatiale russe. Elle coïncide en effet avec les déclarations de SpaceX qui veut s’imposer sur le marché du lancement des satellites ouvert à la concurrence avec des offres commerciales d’environ 20 % inférieures aux tarifs pratiqués sur le marché. Cet affaiblissement d'ILS pourrait faciliter l'arrivée de Space X, quand, justement, les opérateurs de satellites espèrent à terme la fin du duopole formé par Arianespace et ILS.


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