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La Nasa pose la première pierre d'un Internet spatial

La Nasa vient de tester un embryon de réseau de télécommunications qui, à terme, devrait devenir un véritable Internet interplanétaire. L'idée est de faciliter les échanges de données entre les vaisseaux spatiaux et la Terre en multipliant les stations de relais.

Réseau de communications spatiales. Crédit Nasa Réseau de communications spatiales. Crédit Nasa

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Les communications à travers le système solaire restent soumises à de nombreux écueils, parfois prévisibles comme le passage d’une planète ou d’une sonde derrière un obstacle, le Soleil par exemple, ou imprévisibles dans le cas de perturbations aux multiples origines.

Lorsqu’on connaît la valeur des données transmises, quelquefois assortie de l’impossibilité de les envoyer à nouveau, il y a de quoi s’inquiéter tant que leur réception n’est pas acquise dans les mémoires des ordinateurs… Afin de pallier ce risque, la Nasa a décidé d’investir dans une nouvelle structure, qui ne souffrirait pas la comparaison avec un réseau Internet classique, mais qui serait déployé dans l’espace.

Internet interplanétaire

Voici maintenant 10 ans que l’agence spatiale américaine planche sur ce concept. Basé sur le protocole DTN (Disruption-Tolerant Networking) et mis au point en collaboration avec Vinton Cerf, inventeur du protocole TCP/IP, ce véritable Internet interplanétaire vient d’être testé pour la première fois par la Nasa.

Le principe en est très simple et s’apparente à ce que nous connaissons déjà. Lorsqu’une communication ne peut être établie directement entre deux points, ou que celle-ci présente des difficultés altérant le contenu des messages, il est souvent préférable de faire transiter le flux des données par des relais intermédiaires plus fiables. Cet usage est semblable à celui dictant les gestes d’un joueur de basket, par exemple, lorsqu’il ne peut accéder directement au panier et utilise d’autres joueurs qui se passent le ballon de main en main pour marquer le point.

Dans le cas présent, la Nasa a mis à contribution la sonde Epoxi (nouvau nom donné à Deep Impact depuis sa réaffectation), faisant actuellement route vers la comète de Hartley-2 qu’elle atteindra en octobre 2010. Depuis sa position actuelle à proximité de la planète Mars et à 32 millions de kilomètres de la Terre, Epoxi a transmis un signal destiné au centre de contrôle du Jet Propulsion Laboratory (JPL). Mais ce signal, constitué d’images, ne pouvait être reçu selon un mode direct point à point et devait obligatoirement transiter par d’autres nœuds formant du réseau DTN.

Ceux-ci étaient au nombre de neuf, et bien que situés sur Terre, simulaient différents vaisseaux situés sur Mars ou en orbite martienne, ou encore ailleurs dans le système solaire. Epoxi constituait le dixième point du réseau. L’opération, répétée à plusieurs reprises depuis octobre, s’est parfaitement déroulée et qualifie le principe de l’internet interplanétaire.

Un réseau adapté aux très longues distances

A la différence du TCP/IP conventionnel, le DTN n’assure pas une liaison de bout à bout en continu. Durant leur trajet, si un chemin de destination ne peut être trouvé, les paquets de communication ne sont pas détruits mais enregistrés à bord du relais faisant office de nœud de communication et maintenus en l’état aussi longtemps que nécessaire jusqu’à ce qu’il puisse communiquer en toute sécurité avec un autre nœud.

« Actuellement, une équipe de techniciens doit manuellement organiser le transfert de l’information à travers l’espace et déterminer par avance quelles données envoyer, quand les envoyer et vers quel relais, explique Leigh Torgerson, directeur du projet DTN. Dès que le système sera opérationnel, tout cela pourra se faire automatiquement ».

D’ici quelques années, le DTN permettra de nouveaux types de missions spatiales. Il sera bien plus facile de planifier des opérations complexes mettant en œuvre à la fois des engins d'exploration planétaire, en surface ou en orbite, tout en leur laissant une confortable marge d’autonomie sans la contrainte liée aux aléas des liaisons radio. Il pourra aussi assurer des liaisons fiables pour des astronautes en mission sur la Lune, y compris sur sa face cachée.

Une prochaine série d’essais sera tentée en 2009, ajoutant au réseau un logiciel DTN installé à bord de la station spatiale.


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