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E-Corce, un réseau de satellites pour faire mieux que Google Earth

Grâce à un réseau de 13 satellites mis en orbite par le Cnes, tous les internautes pourront, à partir de 2016, observer la Terre entière sous une résolution métrique et sur des images datant de moins d’une semaine.

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E-Corce, un réseau de satellites pour faire mieux que Google Earth - 4 Photos

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Jusqu’à présent, seules quelques initiatives privées offraient au grand public de telles vues d’ensemble, comme Google Earth ou Geoportail entre autres. Mais si la qualité est généralement excellente au-dessus des grandes villes ou des points d’intérêt les plus visités, où elle offre un pouvoir de résolution de l’ordre du mètre, elle est ailleurs très irrégulière. De plus, certaines vues sont souvent anciennes, un an ou plus…

La masse des informations à recevoir et traiter est en effet énorme. Selon M. Antikidis, responsable des systèmes d'information spatiaux au Cnes, couvrir toute la Terre avec une résolution d’un mètre exigerait une capacité de stockage équivalant à 1,3 million de disques durs par semaine. De plus, l’utilisation de l’imagerie spatiale existante reste très onéreuse.

Un exemple d'excellente résolution: Canberra, vu par le satellite Ikonos avec une précision de 50 centimètres. Crédit Ikonos
Un exemple d'excellente résolution: Canberra, vu par le satellite Ikonos avec une précision de 50 centimètres. Crédit Ikonos

Prenant conscience du véritable marché de masse vers lequel s’oriente de plus en plus l’imagerie spatiale grand public, le Cnes (Centre National d’Etudes Spatiales) a décidé de concevoir un réseau basé sur une constellation de satellites dédiés, le projet e-Corce (e-Constellation d’observation récurrente cellulaire).

Faisant appel à des technologies existantes et éprouvées, les 13 satellites qui constitueront le cœur du réseau s’avèrent d’une construction particulièrement économique et apte à une fabrication en série. Le budget total du déploiement de la constellation est actuellement évalué à 400 millions d’euros, partagé pour un tiers à la construction des satellites, un tiers au lancement et un tiers à l’équipement au sol. Le coût est très faible en comparaison de la plupart des programmes spatiaux actuels. On peut citer à titre d’exemple les 263 millions d’euros prévus pour la seule construction du satellite d’observation de la Terre EarthCare dont le contrat vient d’être signé par Astrium.

Cette vue de la place Saint-Marc à Venise sous une précision métrique préfigure les capacités des futurs satellites e-Corce du Cnes. Crédit Ikonos
Cette vue de la place Saint-Marc à Venise sous une précision métrique préfigure les capacités des futurs satellites e-Corce du Cnes. Crédit Ikonos

Blue Planet

Le nouveau projet se base sur des satellites pour lesquels les ingénieurs ont volontairement renoncé à toutes les sophistications inutiles. L’avantage d’un tel principe, outre la fiabilité, est aussi de rendre inutile le lancement d’un démonstrateur technologique puisque toutes les solutions existent déjà, quelque part en orbite sur d’autres engins.

En revanche, c’est au sol que l’on trouve le plus d’innovations. Alors que les données des satellites géodésiques actuels sont centralisées avant leur distribution, celles de la nouvelle constellation seront reçues par une cinquantaine de stations et centres de traitement du nouvel opérateur, provisoirement baptisé Blue Planet, éparpillés sur l’ensemble de la planète.

Autre vue de Venise sous une précision métrique. Crédit Ikonos
Autre vue de Venise sous une précision métrique. Crédit Ikonos

Afin de faciliter la circulation de l’immense flux de données généré par Blue Planet, les images d’une précision métrique seront compressées selon un critère psycho-visuel, les zones les plus attractives, comme les villes, étant préservées au détriment des mers qui n’offrent aucun intérêt particulier.

En fin de chaîne, l’utilisateur recevra ces images recomposées sur son écran d’ordinateur. « Les données seront véritablement éclatées, personne n’avait jamais osé faire ça avant » se félicite Jean-Pierre Antikidis.

Le Cnes a déjà pris contact avec les industriels intéressés, dont Google Earth et d’autres géoportails qui pourraient réaliser une substantielle économie tout en assurant une mise à jour régulière de leurs présentations en acceptant un partenariat avec Blue Planet. Mais d’autres acteurs pourraient également se manifester, notamment pour suivre à coût moindre les évolutions de la situation sur le terrain (sécheresses, inondations, etc.). « Nous augmenterons le nombre de satellites de la constellation, et donc la fréquence des données si les marchés expriment un besoin », ajoute Jean-Pierre Antikidis.


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