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En vidéo : le X47B, un drone – vraiment – automatique

Pour son premier vol, le drone X47B, de Norththrop Grumman, a démontré qu’il savait piloter. L’appareil, à réaction et de la taille d’un avion de chasse, peut assurer une mission entière sans assistance. Il sait même se poser sur un porte-avion et se faire ravitailler en vol. Pour l’instant, ces prouesses sont réservées aux militaires. Mais demain ?

Le X47B en vol. Le pilotage de cet avion de 18 mètres d’envergure est intégralement réalisé par l’ordinateur de bord. © Norththrop Gumann Le X47B en vol. Le pilotage de cet avion de 18 mètres d’envergure est intégralement réalisé par l’ordinateur de bord. © Norththrop Gumann

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De la base militaire d’Edwards a décollé vendredi dernier un avion assez curieux. Un réacteur est installé sur sa voilure delta et il n’a pas de dérive (l’habituel plan vertical de l’empennage arrière). Au sol, il n’est pas discret, avec sa longueur d’environ 11 mètres et son envergure de 18 mètres. Il l’est cependant en vol, avec une signature radar faible (c’est d’ailleurs la raison de la position haute du réacteur). Il n'y a pas de pilote : c'est un drone.

Ce n’est pas un inconnu : le X47B est le frère du X47A, un démonstrateur réalisé par Norththrop Gumann pour l’armée des États-Unis dans le cadre du programme UCAS-D (Unmanned Combat Air System Demonstration). Le X47A a effectué son premier vol en 2003. Le projet est celui d’un drone complètement autonome capable d’assurer sa mission du décollage à l’atterrissage sans aucune assistance humaine.

Cette deuxième génération est destinée à entrer en service réel dans quelques années. Il volera jusqu’à 12.000 mètres à 800 km/h et emportera une charge utile de plus de 2 tonnes.

De nombreuses améliorations ont été apportées et notamment parce que l’engin est destiné à la Marine. Le X47B doit donc savoir se poser sur un porte-avion, un exercice qui n’a rien de simple pour un pilote humain. L’engin est prévu pour des missions longues et doit donc également savoir effectuer seul un ravitaillement en vol. Ces deux démonstrations-là n’ont pas encore été faites. Cinquante vols sont programmés cette année sur la base d’Edwards (avec deux appareils) et c’est en 2013 que commenceront les tests en milieu marin et les atterrissages sur porte-avion.


Le premier vol du X47B. Il décolle, effectue sa navigation, revient sur l’aérodrome et se pose. Sans aucune assistance. © Norththrop Grumman

À quand le transport de fret ?

Pour son premier vol, qui a duré 29 minutes, le X47B a grimpé à 5.000 pieds (environ 1.500 mètres) puis a réalisé plusieurs types d’approches de la piste et s’y est finalement posé sans encombre. « Réaliser un drone sans queue de la taille d’un chasseur et non piloté est une prouesse » se félicite Janis Pamiljans, responsable du projet chez le constructeur.

Bien sûr, l’avion de transport de passagers n’est pas pour demain. Mais les drones actuels, même s’ils ne sont pas aussi autonomes que le X47B, sont déjà capables de réaliser des vols de surveillance de toutes sortes, scientifiques par exemple comme les Scan Eagle reconvertis dans l'océanographie.

Le transport de fret est déjà sérieusement envisagé. Aux États-Unis, la FAA (l’Administration de l’aviation civile) réfléchit déjà sur la manière d’intégrer des drones dans la circulation aérienne générale. Le même travail a été demandé au Royaume-Uni, dans le cadre du projet Astrea (Autonomous Systems Technology Related Airborne Evaluation & Assessment), lancé en 2006. Dans le domaine civil, tout cela reste à l’état d’études mais chez les militaires, qui en sont aux drones spatiaux, les progrès vont vite…


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