Ce drone, encore à l’état de démonstrateur, s’appuie sur ses ailes pour voler, et les deux rotors qui le sustentent comme un hélicoptère basculent pour passer en mode avion. L’engin à l’allure futuriste a été dessiné par le styliste automobile Stile Bertone. Il est électrique et peut recharger ses batteries au sol, avec ses rotors fonctionnant comme des éoliennes. Étonnant, vraiment étonnant…

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    Le Project Zero au sol. Les rotors de ce convertible avion-hélicoptère sont en train de basculer. © AgustaWestland

    Le Project Zero au sol. Les rotors de ce convertible avion-hélicoptère sont en train de basculer. © AgustaWestland

    Au salon Heli-Expo 2013, le constructeur italo-britannique AgustaWestland a fait sensation avec son « Project Zero », pour zéro émission de carbone. Cet hybridehybride avion-hélicoptère (qui n'a pas volé lors de cette présentation) est électrique, et sa forme comme ses caractéristiques sont uniques. Ses deux grands rotors, carénés et installés à la base des ailes, basculent de 90° pour passer de la sustentation à la propulsion.

    Le principe des rotors basculants, c'est-à-dire du convertible (ou tilt rotor), n'est pas nouveau. Capables de faire décoller et atterrir l'appareil comme un hélicoptère, ils peuvent ensuite devenir des hélices conventionnelles, comme celles d'un avion. L'énorme et complexe Osprey V22, qui a réclamé 20 ans de mise au point à Bell et Boeing et causé de nombreuses victimes, utilise ce procédé.

    Vue d'artiste du Project Zero en mode avion. Les deux rotors sont disposés verticalement et tractent l'appareil comme les hélices d'un avion. Les ailes, mais aussi le fuselage et les carénages des rotors, assurent toute la portance lorsque la vitesse est élevée. L'allure futuriste est due à Stile Bertone, plus connu dans le monde de l'automobile. © AgustaWestland

    Vue d'artiste du Project Zero en mode avion. Les deux rotors sont disposés verticalement et tractent l'appareil comme les hélices d'un avion. Les ailes, mais aussi le fuselage et les carénages des rotors, assurent toute la portance lorsque la vitesse est élevée. L'allure futuriste est due à Stile Bertone, plus connu dans le monde de l'automobile. © AgustaWestland

    Alternative entre convertible et gyrodyne pour un hélicoptère rapide

    La formule n'a jamais rencontré un grand succès, à cause de sa complexité technique et de la délicatesse du pilotage durant la phase de transition. Elle est courte, mais l'engin, ni hélicoptère ni avion, vole alors vraiment très mal. Pour réaliser un appareil très rapide, Eurocopter préfère apparemment explorer la voie du gyrodyne, un appareil muni de petites ailes et d'hélices conventionnelles. Le prototype X3 (à prononcer X cube), présenté au dernier salon du Bourget, a atteint 335 km/h.

    Le Project Zero, malgré sa taille, est présenté comme un drone. Réalisé en matériaux composites, il résulte d'une coopération entre de nombreuses sociétés du groupe Finmeccanica, dont AgustaWestland est une filiale. Il aurait été conçu en 12 mois, ce qui semble bien peu. Les spécifications techniques et les performances sont inconnues, son constructeur restant avare de détails. D'après le magazine Air et CosmosCosmos, l'appareil aurait déjà volé en 2011, mais seulement en mode hélicoptère.

    Le Project Zero en cours de construction. On remarque l'emplacement des deux grands rotors, qui se trouvent ainsi carénés quand l'appareil vole en mode hélicoptère. On note aussi les extrémités des ailes, détachables pour alléger l'engin lorsque la mission n'impose pas le mode avion. © AgustaWestland

    Le Project Zero en cours de construction. On remarque l'emplacement des deux grands rotors, qui se trouvent ainsi carénés quand l'appareil vole en mode hélicoptère. On note aussi les extrémités des ailes, détachables pour alléger l'engin lorsque la mission n'impose pas le mode avion. © AgustaWestland

    Les éoliennes font leur entrée en aéronautique

    Le constructeur indique que les ailes, du moins les parties les plus externes, au-delà du carénage des rotors, sont détachables, pour des missions effectuées seulement en mode hélicoptère. Par ailleurs, ces rotors peuvent, au sol, être installés verticalement (comme en mode avion), ce qui en fait des éolienneséoliennes. Entraînées par le ventvent - s'il y en a -, elles peuvent alors recharger les batteries, au moins partiellement. Après l'énergieénergie solaire de Solar Impulse, le vent au sol fait son entrée dans l'aéronautique...

    Quel marché ? Civil ou militaire ? Quelle taille pour l'appareil final ? Quel prix ? Quelle date de commercialisation ? Toutes ces questions restent en suspens...