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Gokuraku Tombo, l’avion à pédales pour un record du monde

Parcourir 120 km au-dessus de l’eau avec un avion à pédales : c’est ce que veut réaliser une équipe de Japonais acharnés qui peaufinent leur Gokuraku Tombo depuis plusieurs années pour battre un record vieux d’un quart de siècle.

Le Gokuraku Tombo décollant lors d'un vol d'essai en 2010, mû par la seule force musculaire. © Aeroscepsy, Yamaha Le Gokuraku Tombo décollant lors d'un vol d'essai en 2010, mû par la seule force musculaire. © Aeroscepsy, Yamaha

Gokuraku Tombo, l’avion à pédales pour un record du monde - 2 Photos

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Au printemps, affirme l’équipe Aeroscepsy, un cycliste spécialiste de mountain bike affrontera… l’Océan. Il pédalera dans le cockpit du Gokuraku Tombo, un engin fait de polystyrène et de fibre de carbone, imposant par son envergure de 35,6 m (plus large que celle d’un Airbus A320) mais n’accusant que 37 kg sur la balance. L’objectif est de battre le record du vol musculaire qui tient depuis le 23 avril 1988.

Ce jour-là, sur la piste de l’aéroport d’Heraklion, en Crète, Kanellos Kanellopoulos, un cycliste grec, faisait décoller le Daedalus (Dédale), un engin mis au point par une équipe du MIT (Massachusetts Institute of Technology). Comme le vol mythique d’Icare et Dédale fuyant le labyrinthe de Cnossos et son Minotaure, le cycliste bravait la Méditerranée vers le nord, en direction de l’île de Santorin, à 115 km de là. L'exploit était un record mais pas une première puisque le Gossamer Condor, avion à pédales, a volé en 1976 et que son successeur, l'Albatross, a traversé la Manche en juin 1979.

Le Daedalus, conçu par l'équipe du MIT, décolle pour la dernière fois au Dryden Flight Research Center de la Nasa, le 7 mars 1988. Il sera ensuite transporté en Crète pour reproduire l'aventure aérienne de la mythologie grecque. © Nasa
Le Daedalus, conçu par l'équipe du MIT, décolle pour la dernière fois au Dryden Flight Research Center de la Nasa, le 7 mars 1988. Il sera ensuite transporté en Crète pour reproduire l'aventure aérienne de la mythologie grecque. © Nasa

Le vol musculaire craint le vent

Après 3 h 54 mn de vol, Kanellos Kanellopoulos atteignait les côtes de l’île de Santorin et préparait l’atterrissage sur la plage. Mais lors du dernier virage, un gradient de vent souleva brutalement l’aile droite de l’appareil, qui plongea dans l’eau, à seulement 6 m de la terre ferme.

L’équipe japonaise, composée de 10 ingénieurs de la société Yamaha, effectue depuis plusieurs années des tests du Gokuraku Tombo, un jeu de mot japonais autour d’un dragon céleste. Ses concepteurs semblent désormais suffisamment confiants pour envisager le vol du record. Ils comptent décoller du pied du mont Fujiyama dès que la météo le permettra, à partir du printemps prochain. L’objectif est d’atteindre ou de dépasser 120 km au-dessus de l’océan Pacifique, car un tel engin ne vole qu’à quelques mètres de hauteur.

Un peu comme l’avion solaire ultraléger du projet Solar Impulse, le pire ennemi de ce vol sera le vent, qui doit être très faible. La route que suivra le Gokuraku Tombo n’est pas encore précisée, quelques îles situées au sud de la côte pourraient convenir, à moins qu’un plongeon final ponctue ce vol musculaire.


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