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L’avion solaire de Solar Impulse boucle un vol virtuel de 72 heures

Le nouvel avion de Solar Impulse, celui qui effectuera le tour du monde, et qui n’est pas encore fini de construire… a terminé son premier vol. Virtuel bien sûr. C’est une étape très importante car l’avion (HB-SIB) et son pilote, André Borschberg, ont tenu 3 jours et 3 nuits d’affilée, validant les stratégies humaines et techniques de ces vols de longue durée.

Mardi 14 juin 2011, un peu plus de 21 h 00. L'avion solaire HB-SIA se présente sur l'aéroport du Bourget après un long vol de 16 heures depuis Bruxelles et un détour par la Bourgogne, soit 674 km parcourus à la vitesse de 42 km/h. © Solar Impulse Mardi 14 juin 2011, un peu plus de 21 h 00. L'avion solaire HB-SIA se présente sur l'aéroport du Bourget après un long vol de 16 heures depuis Bruxelles et un détour par la Bourgogne, soit 674 km parcourus à la vitesse de 42 km/h. © Solar Impulse

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Vendredi matin à 8 h 08, André Borschberg posait les roues du HB-SIB sur la piste, au terme de 72 heures de vol ininterrompu, éprouvant pour l’appareil mais aussi pour le pilote. Précision : cet avion immatriculé HB-SIB n’existe pas encore. C’est un vol virtuel qu’André Borschberg a réalisé dans un simulateur installé sur la base aérienne de Dübendorf pour tester le nouvel appareil mais aussi la manière de piloter. Ce HB-SIB (HB parce que l’avion est suisse, SI pour Solar Impulse et B car il s’agit du deuxième modèle du genre) est en construction. Il rendra la suite du premier avion solaire HB-SIA qui a réalisé un vol de nuit et la traversée de la Suisse et qui a ensuite bouclé un beau voyage international entre Payerne (Suisse), Bruxelles et Le Bourget, à l’occasion du salon. C’est le HB-SIB qui, en 2014, aux commandes de Bertrand Piccard et André Borschberg, tentera le premier tour du monde avec un avion solaire.

De nombreux détails techniques sont à mettre au point et, pendant la construction de l’appareil, un simulateur permet de reconstituer les conditions de vol. Cet essai a notamment permis de valider… la stratégie du sommeil. Car il faut apprendre à dormir dans ce minuscule cockpit d’un avion solaire qui, à la limite, pourrait voler pendant des mois. En effet, le HB-SIA, déjà, parvient à charger ses batteries pendant qu’il vole car ses modestes moteurs consomment moins que ce que produisent les cellules solaires en plein soleil. En été, l’avion peut ainsi voler toute la nuit sans épuiser ses batteries…

André Borschberg installé dans le cockpit du simulateur reproduisant les conditions de vol du futur avion solaire HB-SIB, successeur du HB-SIA. © Solar Impulse
André Borschberg installé dans le cockpit du simulateur reproduisant les conditions de vol du futur avion solaire HB-SIB, successeur du HB-SIA. © Solar Impulse

L'homme et la machine seront mis à rude épreuve

Lors du tour du monde, l’équipage effectuera plusieurs escales autour de la Planète mais ne rechargera pas les batteries au sol. Les vols du HB-SIA ont démontré cette possibilité. Mais les étapes seront longues et il faut s’entraîner… « La simulation démontre que notre stratégie consistant à piloter durant plusieurs jours est fiable, rapporte André Borschberg, ingénieur en mécanique et thermodynamique de l’EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne) et ancien pilote de chasse. Les techniques de relaxation et de sommeil polyphasique fonctionnent bien, mieux que nous ne pensions. »

Il faut régler moult détails dans ce projet très ambitieux où l’équipe suisse de Bertrand Piccard avance méticuleusement et pas à pas. « Les missions de vol 2011 nous ont permis entre autres de valider l’outil de simulation que nous utilisons pour nous entraîner et d’évaluer les performances de l’avion en conditions réelles, explique André Borschberg à Futura-Sciences. Elles nous ont servi à définir l’enveloppe météo dans laquelle nous pouvons voler et voir quel type de mission de vol nous pouvons envisager avec un avion solaire. »

Il faut aussi peaufiner la mise au point du deuxième appareil, biplace, notablement différent du premier, monoplace. « Par rapport au design du deuxième avion, les opérations effectuées au sol en 2011 sur des aéroports externes nous ont fourni de précieuses indications pour ce deuxième prototype qui devra opérer sur n’importe quel aéroport dans le monde. D’autre part, ces vols nous ont permis notamment d’avancer sur l’ergonomie et le design du nouveau cockpit. »

Un gros travail reste donc à faire. Par exemple mettre au point le conditionnement de la nourriture qui devra résister à des températures variant entre -20 et +35 °C. Le prototype HB-SIA n’est pas encore bon pour le musée : il sera utilisé cette année pour des vols au-dessus de la Méditerranée.


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