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Marée verte et nitrate

Dans certains sites côtiers l'équilibre inter-spécifique lentement élaboré par la sélection naturelle, peut se trouver déplacé au profit d'une espèce ou de quelques-unes, en réponse à une modification récente des conditions
environnementales. C'est notamment le cas des sites soumis à une augmentation importante des apports nutritifs d'origine continentale, parfois d'origine urbaine (effluents de stations d'épuration), souvent d'origine agricole (lessivage de terres cultivées trop enrichies en engrais organiques ou minéraux ).

Page 5 / 6 - La gestion du problème par la société Sommaire
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Les pouvoirs publics ont régulièrement privilégié le traitement curatif de la marée verte en place par rapport aux actions préventives volontaristes sur les causes de cette atteinte aux écosystèmes côtiers.

La gêne créée par les proliférations macroalgales étant, sur le littoral breton, essentiellement d'ordre touristique (odeurs de putréfaction des algues échouées, désagréments causés aux baigneurs...), même si, localement, les algues constituent une entrave croissante aux activités de conchyliculture (recouvrement de bouchots) ou de pêche (colmatage des filets et des chaluts de petits navires côtiers), l'essentiel de ces efforts curatifs a porté pour l'instant sur le ramassage estival des algues en échouage, au moyen d'engins usuels de travaux publics (bulldozers, tractopelles, camions), et les techniques plus spécifiques de ramassage dans l'eau par barges spécialement instrumentées, utilisées dans certaines lagunes méditerranéennes (Venise, étang palavasien du Prévost) n'ont pour l'instant pas été adaptées aux situations de Manche-Atlantique.

Les algues collectées, mêlées de sédiment et d'eau salée, sont soit déposées à terre dans des carrières désaffectées (mais à partir de 2002, la réglementation européenne interdira cette solution), soit épandues en tant qu'engrais sur des terres agricoles, soit mélangées à des débris végétaux terrestres pour former un compost.

Par ailleurs, les possibilités de méthanisation des ulves, compromises par la forte teneur en eau des tissus supérieure à 97 % de la biomasse fraîche, semblent non-rentables économiquement. Il est bien évident que les techniques précédentes ne peuvent venir réellement à bout de l'énorme biomasse engendrée, et qu'elles ne s'attaquent nullement aux causes, dont la principale est l'augmentation récente des apports azotés terrigènes sur les sites
sensibles.

Il serait donc urgent de recenser pour chaque site à restaurer les sources majeures d'azote inorganique (lessivage des terres agricoles, parfois rejets de stations d'épuration) et de conduire une politique de réduction à la source de ces excédents azotés.

Même si le but à atteindre est la diminution des apports au milieu marin pendant la seule période de croissance des algues (fin du printemps, été), il faut souligner le fait que, dans le cas où les rejets diffus d'origine agricole sur un bassin versant perméable sont majoritairement en cause, il faudra éventuellement plusieurs années de fertilisation raisonnée pour diminuer sensiblement la part des apports azotés transitant lentement par la nappe phréatique.

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