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La nouvelle course vers l'espace !

Le climat change et de façon rapide, c'est pourquoi les climatologues s'évertuent à comprendre comment la température des 11 premiers kilomètres de l'atmosphère (la troposphère) s'élève beaucoup plus lentement que ne le prévoient les modèles.

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  • La Stratégie d'observation mondiale intégrée

Depuis la fin de la Guerre froide, les agences spatiales se sont largement recentrées sur les questions de sécurité environnementale et participent à l'expansion d'un réseau de satellites équipés de capteurs optiques, infrarouges et radars destinés à la surveillance de la planète. Ces satellites constituent souvent le seul moyen pour recueillir les données indispensables à la compréhension et à la prévision des modifications – d'origine humaine ou naturelle – qui affectent l'atmosphère, les terres et les océans.

Topographie dynamique des océans © Nasa
Topographie dynamique des océans © Nasa

Cependant, les satellites sont des entreprises coûteuses, et l'observation planétaire in situ ne l'est guère moins. En 2002, Tellman Mohr, du Comité sur les satellites d'observation de la Terre (CEOS), signalait qu'« il existe plusieurs initiatives mondiales concernant l'étude du climat ou des océans par exemple, mais aucune agence, aucun organisme n'est en mesure de mettre en œuvre l'un de ces systèmes en dehors d'une coopération ».

Le désir de partager les dépenses a joué son rôle dans la décision, prise il y a six ans, de lancer la Stratégie d'observation mondiale intégrée (IGOS). De même, il apparaissait de plus en plus clairement que la Terre, l'atmosphère et les océans, loin d'être des systèmes indépendants, faisaient partie intégrante d'un unique système planétaire, et que les programmes de recherche n'atteindraient leur pleine efficacité que si des passerelles étaient jetées entre les différentes initiatives mondiales. IGOS se compose de 14 partenaires, parmi lesquels on compte le CEOS, qui représente 23 agences spatiales, l'UNESCO, la FAO, le PNUE, l'OMM, les Systèmes mondiaux d'observation de la Terre (GTOS), de l'océan (GOOS) et du climat (GCOS), ICSU, le Programme mondial de recherche sur le climat et le Programme international géosphère–biosphère.

Le Cadre du plan de mise en œuvre du GEOSS reconnaît qu'IGOS fait partie des groupes qui ont effectué « des travaux importants et proposé des orientations pour l'action à entreprendre en matière de coopération pour l'observation de la terre, de l'eau, du climat, de la glace et de l'océan ».

Différents aspect de l'ouragan Isabel © Nasa
Différents aspect de l'ouragan Isabel © Nasa

Parmi les avantages attendus, au plan socio-économique, le Cadre cite : réduire les pertes en vies humaines et en biens par suite de catastrophes naturelles, connaître les facteurs environnementaux qui affectent la santé et la vie humaines, mieux gérer les ressources énergétiques, comprendre, prévoir et réduire la variabilité du climat et ses modifications et s'y adapter, améliorer la gestion des ressources hydriques et la protection des écosystèmes terrestres, côtiers et marins, ainsi que de la biodiversité. Tels sont précisément les objectifs d'IGOS.

  • Les équipes thématiques d'IGOS

Ces quatre dernières années, IGOS a répertorié plusieurs questions cruciales, en particulier les courants océaniques et le changement climatique, l'état des ressources mondiales en eau, le cycle planétaire du carbone, la chimie atmosphérique et les risques géophysiques tels que les éruptions volcaniques et les glissements de terrain.

Les scientifiques spécialisés dans ces domaines se sont constitués en comités pour mettre au point des stratégies sous forme de rapports identifiant d'abord quel type de données les satellites pourraient leur fournir et sur quelle durée, afin de combler les lacunes des connaissances actuelles.

À ce jour, les partenaires d'IGOS ont approuvé les stratégies de cinq des équipes thématiques. Elles visent le cycle du carbone, l'eau, les océans, les risques géophysiques, et le sous-thème des récifs coralliens. Les stratégies concernant la chimie atmosphérique et l'observation des côtes sont encore à l'étude.

Deux autres thèmes ont été proposés : l'occupation des sols et la cryosphère. Tirant son nom du terme grec kruos, qui signifie gelée ou froid glacial, la cryosphère est la partie de la surface de la Terre où l'eau se présente sous sa forme solide : glace de mer, glace d'eau douce, glaciers et terres gelées (le pergélisol). Quant au thème de l'occupation des sols, il sera centré sur l'utilisation durable des terres, les écosystèmes naturels, la biodiversité et la surveillance des modifications de l'occupation des sols.

  • Vivre à l'intérieur de la serre

Si beaucoup de capitales disposent déjà d'une mesure, assez régulière et précise, de la pollution de l'air, ce n'est toujours pas le cas dans la plupart des villes du monde, en dépit de la croissance exponentielle de l'usage de la voiture et ce, même dans les pays les plus pauvres. La pollution de l'air posant un problème à la fois pour la santé et pour l'environnement, elle nous oblige à mieux comprendre la façon dont les différents produits chimiques affectent l'atmosphère. Grâce aux satellites, on peut envisager un système de surveillance mondial de ces phénomènes.

Pollution
Pollution

À la différence de l'ozone de la stratosphère, qui est bienfaisant, l'ozone de la troposphère (jusqu'à 11 km d'altitude) est la principale composante du smog urbain. L'ozone naît de l'action de la lumière solaire sur les oxydes d'azote et les composés organiques volatils émis par les moteurs automobiles et certaines sources fixes. Ces émissions, capables de parcourir des centaines de kilomètres, peuvent donner lieu à de fortes concentrations d'ozone sur de grands espaces. Selon le résumé du rapport Airtrends de l'Agence des États-Unis pour la protection de l'environnement, datant de 1995, il est scientifiquement prouvé qu'« une exposition à l'ozone de six à sept heures, même à de faibles concentrations, réduit sensiblement les fonctions pulmonaires et induit une inflammation respiratoire chez des sujets en bonne santé, se livrant à une activité modérée. Certains symptômes tels que douleur de poitrine, toux, nausée et congestion pulmonaire peuvent apparaître ». Le rapport estimait que « l'ozone fait perdre à l'agriculture des Etats-Unis environ 1 à 2 milliards de dollars par an et endommage les écosystèmes forestiers de Californie et de l'est des Etats-Unis ».

Deux rapports publiés tout récemment, en mai 2004, signalent une augmentation des problèmes de santé dus à la pollution atmosphérique. L'un d'eux, publié par l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale, estime que la pollution atmosphérique est responsable de la mort de 6 500 à 9 500 personnes par an (sur une population française de 60 millions), soit 3 à 5% de la mortalité des personnes de plus de 30 ans. Publié par l'École de médecine de Harvard (É.-U.) et cité par la revue The Lancet, l'autre rapport, intitulé À l'intérieur de la serre : incidences du CO2 et de l'évolution du climat sur la santé publique dans les centres-villes, attribue une partie de la responsabilité de la progression de l'asthme chez les enfants à l'usage des combustibles fossiles.

Les enfants des centres-villes seraient plus exposés à l'asthme du fait que les particules de diesel sont d'excellents vecteurs pour le dépôt de pollen dans les cellules saines des poumons, d'autant plus qu'un taux élevé de CO2 stimule une production plus abondante et plus précoce de pollen.

Aux Etats-Unis, le taux d'incidence de l'asthme chez l'enfant a augmenté de 160% entre 1980 et 1994 ; quant à l'Europe, on pense qu'un enfant sur sept en est affecté aujourd'hui.

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