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Les coraux résistent mieux que prévu à l'acidification

Certaines parties des récifs coralliens montrent, grâces à des algues calcaires, une résistance inattendue à l’acidification des océans. D’après les chercheurs du Scripps, l’avenir des coraux ne serait peut-être pas si noir…

Les quatre plus grands récifs coralliens du monde sont situés en Australie, en Nouvelle-Calédonie, au Belize et en Floride (parc national de Dry Tortugas). Les coraux, ces animaux de la branche des Cnidaires, sont essentiellement constitués de calcite, les rendant vulnérables à l'acidification des océans. © kjbstar, Flickr, cc by-nc-nd-2.0 Les quatre plus grands récifs coralliens du monde sont situés en Australie, en Nouvelle-Calédonie, au Belize et en Floride (parc national de Dry Tortugas). Les coraux, ces animaux de la branche des Cnidaires, sont essentiellement constitués de calcite, les rendant vulnérables à l'acidification des océans. © kjbstar, Flickr, cc by-nc-nd-2.0

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Les émissions intensives de CO2 dans l’atmosphère, entraînent une acidification des océans et, de ce fait, la communauté scientifique s’inquiète du devenir des coraux. Ces organismes, essentiellement constitués de carbonate de calcium sont susceptibles de se dissoudre rapidement si le pH de l’océan diminue. Des preuves de l’impact de l’acidification sur l’écosystème marin ont déjà été révélées, dans l’océan austral notamment.

Les barrières de corail sont des structures complexes. Un récif corallien résulte de la combinaison d’algues coralliennes (Corallina officinalis) et de coraux animaux (des cnidaires). Les algues protègent les coraux, plus fragiles, de l’effet des vagues et maintiennent la structure d’ensemble. « Un récif corallien est comme une maison. Le corail c’est les briques, mais les algues coralliennes sont le ciment qui tient le tout », explique Merinda Nash, principale auteur d’une étude porteuse d’espoir pour l’avenir de ces organismes.

Dans l’étude publiée dans Nature Climate Change, les chercheurs ont analysé la structure minérale des algues coralliennes. Ils ont décelé la présence d’un minéral inattendu, la dolomite. Ce minéral, de structure similaire au calcaire qui a donné son nom au massif des Dolomites des Alpes italiennes, rend l’organisme plus résistant à l’acidification des océans.  En effet, les squelettes des algues sont faits d'un carbonate, la calcite (CaCO3), renfermant une certaine quantité de magnésium, environ 10 à 20 %. La dolomite, elle, de formule CaMg(CO3)2, contient autant de calcium que de magnésium. Ce minéral renforce ainsi la structure de la barrière de corail.

Le chercheur Davey Kline, du Scripps, a travaillé avec une équipe internationale pour tester l'impact de l'acidification des océans sur les récifs coralliens. Ils ont mis en place une structure qui s'approche le plus possible d'un récif corallien naturel. © Scripps
Le chercheur Davey Kline, du Scripps, a travaillé avec une équipe internationale pour tester l'impact de l'acidification des océans sur les récifs coralliens. Ils ont mis en place une structure qui s'approche le plus possible d'un récif corallien naturel. © Scripps

La dolomite, porteuse d'espoir

« Cette résistance à l’acidification des océans suggère que les coraux du futur, avec des algues coralliennes en bonne santé, peuvent survivre aux menaces telles que les tsunamis ou les très fortes vagues… » explique Davey Kline, membre du Scripps. Cette découverte est d’autant plus encourageante que la dolomite est semble-t-il présente dans tous les récifs du monde. Une meilleure gestion et préservation des récifs coralliens peut donc être mise en place pour protéger les parties les plus vulnérables des récifs.

Cette étude résulte d’un travail de terrain mené par Davey Kline en collaboration avec l’Australie, les États-Unis et Israël. Le projet Coral Proto-Free Ocean Carbon Enrichment system, ou CP-FOCE est basé en Australie. Si l’acidification des océans ne risque pas de s’estomper rapidement, ces résultats apportent néanmoins un peu d’espoir pour l’avenir des barrières de corail. Les algues coralliennes jouent un rôle très important dans l'architecture du récif. Sans elles, le récif s'effondrerait. « Les nuages ​​du changement climatique sont très sombres, mais maintenant il y a ce mince revêtement d'argent... La dolomite peut suffisamment stabiliser la structure du récif combinée entre les algues et le corail » mentionne Brad Opdyke, de l’ANU.


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