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Coral Disease : un plan pour protéger le corail calédonien

Les coraux sont malades ! Depuis les années 1980, on observe la prolifération du « white syndrome », responsable de l’extinction des coraux branchus aux Caraïbes. En Nouvelle-Calédonie, deuxième plus grand récif corallien, le projet Coral Disease s’est mis en place. L’objectif est de prévenir le lagon d’une invasion de maladies. Lumières sur ce projet.

Les coraux sont un refuge pour de nombreuses espèces de poissons, comme ici le poisson clown. En Chine, 80 % du récif corallien a disparu en conséquence de la pollution anthropique. Les maladies coralliennes sont en partie dues à l'Homme. Le projet Corail Disease, coordonné par l'IRD vise à protéger le lagon calédonien. © Nemos Great Uncle Les coraux sont un refuge pour de nombreuses espèces de poissons, comme ici le poisson clown. En Chine, 80 % du récif corallien a disparu en conséquence de la pollution anthropique. Les maladies coralliennes sont en partie dues à l'Homme. Le projet Corail Disease, coordonné par l'IRD vise à protéger le lagon calédonien. © Nemos Great Uncle

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De nombreuses études ont montré que le nombre de maladies coralliennes, le nombre d’espèces de coraux concernées par ces maladies et leur distribution ont considérablement augmenté ces dernières décennies. Dans les années 1980, une prolifération de la maladie dite « white syndrome » (maladie de la bande blanche) a ravagé et décimé les coraux branchus du genre Acropora dans les Caraïbes, réduisant le couvert corallien. Dans les Caraïbes, les maladies coralliennes sont considérées comme un facteur majeur de déclin des récifs coralliens.

Le problème des maladies coralliennes a également émergé dans l’océan Indo-Pacifique. L’explosion de certaines maladies (dont le « white syndrome ») est maintenant connue et augmente en fréquence à travers l’Indo-Pacifique. L’intensification des perturbations anthropiques (liées aux activités humaines) sur le littoral, la surpêche et les conditions environnementales associées au changement climatique global semblent toutes contribuer à l’augmentation des maladies coralliennes dans l’océan Indo-Pacifique.

Cette région représente donc un challenge important en matière de gestion des maladies infectieuses coralliennes, car elle est beaucoup plus vaste que celle des Caraïbes et de nombreuses économies majeures en dépendent. Comprendre la dynamique des maladies coralliennes de l’Indo-Pacifique est crucial si l’on veut conserver les récifs coralliens.

Principales maladies coralliennes dans le lagon calédonien. A : « white syndrome » d’Acropora. B : Croissance anormale de Porites. © A. Tribollet, IRD     
Principales maladies coralliennes dans le lagon calédonien. A : « white syndrome » d’Acropora. B : Croissance anormale de Porites. © A. Tribollet, IRD     

Le projet Coral Disease pour étudier l’état de santé de 12 récifs de Nouvelle-Calédonie

Coral Disease a pour objectif d’étudier et déterminer des lésions-maladies coralliennes rencontrées dans le lagon néocalédonien, ce qui comprend l’identification des pathogènes tels que des bactéries ou champignons au niveau des tissus et des squelettes coralliens. En outre, une base de données sera mise en place. Elle permettra d’établir l’état de santé initial des 12 récifs étudiés afin de pérenniser le suivi des maladies coralliennes. Enfin, de nouveaux indicateurs de santé seront intégrés aux suivis mis en place par les autorités et les acteurs locaux de l’environnement (Provinces, Aquarium de Nouméa, UNC) pour suivre en routine l’état de santé des écosystèmes.

Actuellement deux types de suivis sont utilisés : le RORC (protocole simplifié accessible à tous les niveaux) et le GCRMN (protocole plus complet demandant une expertise scientifique). Avant 2010, les maladies coralliennes n’avaient jamais été étudiées en Nouvelle-Calédonie. Or, cet archipel tropical situé le plus au sud du Pacifique ouest a inscrit au patrimoine mondial près de 60 % de ses récifs, alors qu’il affiche parallèlement un développement d’activités anthropiques important sur le littoral (activités minières, développement urbain, etc.).

L’IRD et le bureau d’études Biocénose collaborent en Nouvelle-Calédonie dans le cadre du projet Coral Disease coordonné par Aline Tribollet (Chargée de Recherche à l’IRD), en partenariat avec deux scientifiques d’Hawaii (Greta Aeby, Hawaii Institute of Marine Biology, et Thierry Work, U.S. Geological Survey- National Wildlife Health Center). Le projet a débuté en 2010 avec un financement Crisp et va se poursuivre en 2013 avec un financement du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie dans le cadre du programme Ifrecor.

Retour sur les sites étudiés en 2010

En février 2013, l’équipe, composée de trois chercheurs (A. Tribollet, G. Aeby et T. Work), d’un biologiste (G. Lasne, Biocénose) et d’une équipe de marins-plongeurs de l’IRD, retournera sur les récifs étudiés en 2010 afin de confirmer ou d’infirmer les tendances observées alors. Ces sites correspondent à 6 récifs barrières et 6 récifs côtiers répartis du nord au sud du lagon néocalédonien sous influence océanique ou terrigène.

En 2010, 23 lésions-maladies ont été observées et concernaient 14 genres coralliens. Bien que présentes à tous les sites, les maladies coralliennes n’étaient pas très abondantes, indiquant une bonne santé relative des récifs étudiés. Les deux maladies les plus communément observées étaient le « white syndrome » sur les coraux branchus du genre Acropora, et les anomalies de croissance chez les coraux massifs du genre Porites.


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