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Tour du monde en bateau solaire : le PlanetSolar sur le chemin du retour

Alors que l'avion solaire de Solar Impulse était l'invité d'honneur du Salon du Bourget, PlanetSolar entame son trajet retour. Ce bateau fonctionnant uniquement à l'énergie solaire doit terminer son tour du monde en avril 2012.

Le PlanetSolar est attendu pour son retour en avril 2012 à Monaco. © DR Le PlanetSolar est attendu pour son retour en avril 2012 à Monaco. © DR

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Monaco, Miami, Cancun, Nouméa, Brisbane... Parti en septembre 2010, le plus grand bateau solaire du monde poursuit dans les mers du sud son tour du monde inédit pour démontrer, selon son concepteur suisse, « qu'on a déjà toutes les technologies qu'il faut pour changer ». Le PlanetSolar, désormais sur le chemin du retour, est attendu en avril 2012 à Monaco au terme d'un périple de quelque 50.000 kilomètres, explique l'« écoaventurier » Raphaël Domjan, à l'origine de ce projet.

Couvert de 540 m2 de panneaux solaires à haut rendement, le bateau n'utilise que l'énergie solaire pour avancer. Eau, lumière, téléphone, tout fonctionne à bord grâce au soleil sauf la cuisinière alimentée au gaz, précise son concepteur.

Au moment où l'avion expérimental Solar Impulse de son compatriote Bertrand Piccard est l'invité d'honneur du Salon aéronautique du Bourget, son catamaran aux lignes futuristes poursuit sa conquête des océans du globe avec, lui aussi, l'énergie solaire comme unique source de propulsion.

« Le but final est identique », admet Raphaël Domjan, de passage à Paris après avoir dû quitter son bateau il y a deux semaines pour raisons médicales. L'objectif de son projet, c'est « démontrer qu'on a déjà les technologies pour le faire. Ce sont des technologies que tout le monde peut acheter dans son supermarché. On a déjà tout ce qu'il faut pour changer », affirme l'aventurier de 39 ans, convaincu des perspectives qu'offre l'énergie solaire.

Le skipper suisse Raphael Domjan à Nouméa sur son Turanor PlanetSolar. © AFP Photo/Marc Le Chelard
Le skipper suisse Raphael Domjan à Nouméa sur son Turanor PlanetSolar. © AFP Photo/Marc Le Chelard

Un catamaran solaire pour un tour du monde écologique

Parti de Monaco le 27 septembre, le catamaran de 30 mètres sur 16 a traversé l'Atlantique jusqu'à Miami (États-Unis), puis rallié Cancun (Mexique) et Carthagène (Colombie) avant d'emprunter le canal de Panama en janvier.

Il a depuis fait étape en Polynésie française, à Nouméa puis à Brisbane (Australie) et vogue désormais au nord de l'Australie, à proximité de la Papouasie Nouvelle-Guinée.

L'équipage, de six hommes lors de la traversée de l'Atlantique, a depuis été ramené à quatre pour démontrer « qu'on n'a pas besoin d'un équipage très nombreux pour faire fonctionner ces technologies ».

À une modeste vitesse de 5 nœuds de moyenne (à peine 10 km/h) sur les 30.000 premiers kilomètres parcourus, soit « la vitesse d'un bateau de plaisance », le catamaran n'a aucune chance de s'ériger en concurrent des bolides du Vendée Globe, rappelle Raphaël Domjan. L'intérêt n'est pas non plus de réussir à se passer de kérosène car, glisse-t-il dans un sourire, « Magellan, c'était déjà un tour du monde à l'énergie renouvelable ».

Mais la navigation à la voile ne permet pas d'aller dans toutes les directions et est entièrement dépendante de la force de vent, constate le père du PlanetSolar, alors que ce catamaran solaire peut stocker de l'énergie : de quoi continuer à avancer à une vitesse normale pendant trois jours et jusqu'à une semaine à vitesse réduite en cas d'ensoleillement défaillant. 

Un autre apport du projet est, dit-il, le développement d'un logiciel spécifique avec Météo France permettant de mieux prévoir l'ensoleillement. « Cela peut aider dans le futur les centrales solaires, par exemple pour savoir combien on va produire d'électricité dans deux jours, cela a un intérêt technique et commercial », explique celui qui porte ce projet depuis 2004.

L'écoaventurier suisse espère pouvoir rapidement rejoindre son équipage à bord d'un bateau qui doit encore s'offrir six ou sept escales d'ici l'arrivée, dont les Philippines et Abou Dhabi avant un autre défi de taille : la traversée sous haute protection du golfe d'Aden, zone écumée par les pirates.


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