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Réseaux de chaleur : récupérer 500 milliards d'euros d'énergie perdue

Les centrales électriques, les centres de traitements des déchets et, d'une manière générale, les installations industrielles, laissent s'envoler une chaleur considérable. Combien, précisément ? L'équivalent chaque année de 500 milliards d'euros en Europe, selon une étude, qui préconise de la récupérer et de la distribuer vers les habitations grâce aux réseaux de chaleur.

Produire de l'électricité, c'est aussi perdre de la chaleur... © Martin D. Vonka/shutterstock.com Produire de l'électricité, c'est aussi perdre de la chaleur... © Martin D. Vonka/shutterstock.com

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La moitié de l'énergie consommée en France sert à chauffer, selon les chiffres du ministère du Développement durable. Le principe des réseaux de chaleur est de distribuer vers des habitations un fluide chaud (généralement de la vapeur d'eau). Le rendement peut être meilleur que des chauffages individuels et un tel réseau permet de gérer une partie de la consommation d'énergie au niveau local, notamment à partir d'énergies renouvelables.

Ils peuvent aussi récupérer la chaleur perdue par les installations industrielles, les centres de traitements des déchets et même les centrales électriques pour chauffer des logements en ville, rappelle l'association Via sèva, qui réunit des gestionnaires de réseaux, industriels ou urbanistes en France.

L'étude, menée en Europe par l'association internationale des réseaux de chaleur et de froid Euroheat & Power, chiffre à 500 milliards d'euros l'énergie annuelle non exploitée et ainsi « envoyée vers les petits oiseaux », a indiqué Guillaume Planchot, président de Via sèva. Un chiffre correspondant aux quelque 6,7 milliards de barils de pétrole que représenteraient les pertes de chaleur en 2008 en Europe, selon cette étude.

Les sources de chaleur du secteur résidentiel et tertiaire en France. La part des énergies renouvelables (une partie étant ici incluse dans l'électricité) est de 13 %. © Données PPI Chaleur 2009-2020 MEEDDM/DGEC
Les sources de chaleur du secteur résidentiel et tertiaire en France. La part des énergies renouvelables (une partie étant ici incluse dans l'électricité) est de 13 %. © Données PPI Chaleur 2009-2020 MEEDDM/DGEC

Un gisement égal à la moitié de l'énergie primaire en Europe

« L'analyse du bilan énergétique européen réalisée lors de cette étude démontre qu'un gisement de chaleur équivalent à plus de la moitié de l'énergie primaire disponible en Europe est aujourd'hui inutilisé », précise Via sèva.

Cette chaleur, émise en produisant de l'électricité, en brûlant des ordures ménagères, par les industries ou les équipements de refroidissement des serveurs informatiques, est « tout à fait exploitable en l'état », souligne l'association dans un communiqué.

Les réseaux de chaleur sont encore très peu développés en France, regrette Via sèva, avec seulement 6 % de la population chauffée par ce système, alors que « la moyenne européenne se situe à plus de 30 % », avec des pays comme le Danemark, la République tchèque ou l'Islande « qui dépassent 50 % ».

En 2009 dans l'Hexagone, la chaleur acheminée par les 450 réseaux provenait d'abord du gaz (44 %), mais la part des énergies renouvelables et de la chaleur de récupération (31 % à eux deux en 2009 pour un objectif de 50 % en 2020) est en hausse depuis quelques années, se félicite Guillaume Planchot.


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