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Récifs coralliens et réchauffement : un espoir venu du passé

Les récifs coralliens subissent une multiplicité de menaces de la part des activités humaines. Pourtant, des coraux du passé apportent un message d’espoir. Des chercheurs australiens viennent en effet d’établir que ces écosystèmes avaient déjà résisté à un changement environnemental dramatique : une baisse du niveau marin de 120 mètres !

Par le passé, les coraux ont déjà résisté à des changements environnementaux dramatiques. Y arriveront-ils encore une fois ? © Mikebaird CC by Par le passé, les coraux ont déjà résisté à des changements environnementaux dramatiques. Y arriveront-ils encore une fois ? © Mikebaird CC by

Récifs coralliens et réchauffement : un espoir venu du passé - 2 Photos

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Les études des écosystèmes coralliens du passé ont montré qu’en période d’élévation du niveau de la mer, les coraux se portaient bien et voyaient leur croissance s’accélérer. Les scientifiques se sont interrogés sur l’impact du phénomène inverse, la baisse du niveau marin, sur les écosystèmes coralliens. Un tel changement environnemental est a priori plus défavorable aux coraux.

« Bien sûr, le niveau des mers d’alors s’est abaissé – et aujourd’hui il augmente, mais si nous voulons comprendre comment les coraux réagissent en conditions hostiles, alors nous devons étudier ce qu’il se passe dans toutes les circonstances, explique John Pandolfi. Quand le niveau des mers chute, il y a une réduction catastrophique des habitats du corail et une perte de connectivité entre les récifs. En fait, ces circonstances sont similaires sous certains aspects à ce que les coraux subissent aujourd’hui à cause des activités humaines – les parallèles sont donc utiles. »

Les chercheurs l’ARC (Centre of Excellence for Coral Reef Studies) de l’Université du Queensland se sont penchés sur les récifs coralliens de la dernière glaciation, lorsque le niveau de la mer s’est abaissé de 120 mètres. C’était au Pléistocène, il y a 20.000 ans.

Cliquer pour agrandir. En Nouvelle-Guinée, les récifs fossiles du Pléistocène sont aussi riches en espèces que ceux d’aujourd’hui, malgré une baisse du niveau marin de 120 mètres. © Mila Zinkova CC by-sa
Cliquer pour agrandir. En Nouvelle-Guinée, les récifs fossiles du Pléistocène sont aussi riches en espèces que ceux d’aujourd’hui, malgré une baisse du niveau marin de 120 mètres. © Mila Zinkova CC by-sa

120 mètre de moins ? Même pas peur !

A partir des données de huit récifs fossiles de Nouvelle-Guinée, les chercheurs ont reconstitué les écosystèmes de cette période particulière dans leurs travaux publiés dans la revue Ecology. Malgré ce changement dramatique, les écosystèmes ont bien résisté. Si la composition des espèces s’est modifiée, la diversité des coraux s’est maintenue, de même que celle des écosystèmes coralliens. Ces récifs coralliens étaient alors plus proches des fonds marins et leur croissance était plus lente.

Les coraux du Pléistocène apportent donc la preuve de la forte résilience des coraux à des stress environnementaux importants. Il ne faut cependant pas oublier que les changements environnementaux actuels, par leur multiplicité et leur amplitude, sont sans précédent.

Dégradation de la qualité des eaux, espèces invasives, blanchiment, acidification des océans, élévation du niveau des eaux et perte d’habitats… Autant de phénomènes à prévenir ou à compenser, selon John Pandolfi, pour s’assurer que les coraux puissent sortir par le haut des changements climatiques du XXIe siècle.


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