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Comment les graines de Moringa aident au traitement des eaux usées

Parmi les multiples utilisations du Moringa, un arbre poussant en Afrique et en Asie, figure... le traitement des eaux. Les extraits de ses graines ont en effet la propriété d’agréger les particules en suspension. Une université suédoise associée à l’Université du Botswana vient de mettre en lumière le mécanisme de cette floculation.

Les graines de Moringa oleifera dont sont extraites des protéines utilisées dans la première étape du traitement des eaux. © Forest & Kim Starr CC by Les graines de Moringa oleifera dont sont extraites des protéines utilisées dans la première étape du traitement des eaux. © Forest & Kim Starr CC by

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L’eau potable est un enjeu sanitaire majeur pour les populations, en particulier dans les pays en voie de développement. Les méthodes simples et peu coûteuses de traitement des eaux sont un critère essentiel de la durabilité des processus dans ces pays. C’est ce qui fait la force du Moringa (Moringa oleifera), un arbre qui pousse en Asie et en Afrique dont les graines sont utilisées pour la première étape du traitement des eaux.

Les graines de cet arbre sont connues pour le pouvoir floculant des protéines qu’elles contiennent. De production locale et peu coûteuses, ces graines permettent d’agréger les particules en suspension pour les éliminer ensuite par sédimentation ou filtration. Elles remplacent ainsi les sels d’aluminium dont l’usage pose des problèmes pour la santé.

Cliquer pour agrandir. Cimes d’un Moringa oleifera dont les gousses sont bien visibles. Elles renferment les graines dont sont extraites les protéines floculantes, mais aussi de l’huile végétale. © Forest & Kim Starr CC by
Cliquer pour agrandir. Cimes d’un Moringa oleifera dont les gousses sont bien visibles. Elles renferment les graines dont sont extraites les protéines floculantes, mais aussi de l’huile végétale. © Forest & Kim Starr CC by

Les neutrons ont parlé

Les chercheurs des universités d’Uppsala (Suède) et du Botswana ont étudié le mécanisme à l’origine de cette floculation. Dans leurs travaux parus dans la revue American Chemical Society, ils expliquent comment ils ont étudié par réflectivité de neutrons les fines couches à l’interface entre particules solides et eau liquide.

La réflectivité de neutrons consiste à analyser les rayons réfractés par les neutrons. L’indice de réfraction obtenu est fonction de la composition et de la structure de la matière. A partir de cet indice, il est possible de déduire la nature de la matière au niveau des interfaces.

Cette analyse a révélé que les protéines se lient fortement aux surfaces solides, mais aussi entre elles. C’est donc davantage par un mécanisme de coopération moléculaire que par l’action de molécules isolées que ces protéines provoquent l’agrégation des particules en suspension.

« Il est agréable de voir comment les interactions basiques des molécules peuvent jouer un rôle dans la résolution de problèmes pratiques, conclut Adrian Rennie de l’Université d’Uppsala. La compréhension du processus pourrait permettre de plus amples développements dans la purification des eaux avec des produits qui sont locaux et respectueux de l’environnement. »


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