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Durban : la partie de poker des grands pays

À Durban, les nations discutent toujours de la prolongation du protocole de Kyoto (qui se termine fin 2012), visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais à la veille de l'issue des négociations, un engagement consensuel semble bien peu probable. Une carte vaut mieux qu'un long discours pour le montrer.

La conférence COP 17/CMP 7, dont l'emblème est un baobab, accouchera-t-elle d'un accord international ? © COP 17 La conférence COP 17/CMP 7, dont l'emblème est un baobab, accouchera-t-elle d'un accord international ? © COP 17

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La conférence COP 17 sur le climat sera-t-elle un échec ? Si oui, on sait déjà pourquoi : parce que les intérêts des grands pays émetteurs de gaz à effet de serre diffèrent assez largement. La carte présentée ici montre schématiquement trois groupes de pays : ceux qui souhaitent prolonger le protocole de Kyoto, ceux qui n'en veulent pas et ceux qui préfèrent temporiser.

Dans le premier groupe, on trouve l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Union européenne, bien engagées depuis le début des négociations sur le climat et qui ont ratifié le protocole de Kyoto. L'Afrique est du lot car les conséquences d'un réchauffement, avec une désertification accrue notamment, seront, on le sait bien, marquées sur ce continent. La carte ne montre pas les pays de l'océan Pacifique, dont les terres se résument à quelques îles peu élevées par rapport au niveau de la mer et qui se sentent menacées, par la réduction de la surface due à la montée des eaux mais aussi à l'accroissement du nombre de cyclones.

Schématiquement, on peut regrouper en trois ensembles les pays selon leur avis sur les engagements à prendre pour réduire l'influence de l'industrie humaine sur le climat : ceux qui veulent faire ce qu'il est possible de faire, ceux qui refusent de s'engager sans que les autres s'engagent autant et ceux qui veulent attendre l'an prochain. © Idé
Schématiquement, on peut regrouper en trois ensembles les pays selon leur avis sur les engagements à prendre pour réduire l'influence de l'industrie humaine sur le climat : ceux qui veulent faire ce qu'il est possible de faire, ceux qui refusent de s'engager sans que les autres s'engagent autant et ceux qui veulent attendre l'an prochain. © Idé

Chine et États-Unis face à face à Durban

Parmi les pays réfractaires figurent les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre : la Chine et les États-Unis. La Chine n'a pas ratifié le protocole de Kyoto car elle était alors classée dans les pays en voie de développement et donc épargnée des efforts à consentir. Quant aux États-Unis, ce pays a refusé de ratifier ce protocole et reste aujourd'hui sur une ligne voisine. La possibilité d'un accord y est aujourd'hui acceptée à condition que les autres grands pays émetteurs (en clair la Chine) s'y soumettent aussi. La Chine, elle, donne la priorité à son développement économique. Les problèmes environnementaux (à commencer par la pollution des grandes cités) et la hausse des besoins en énergie feront sans doute bouger ses lignes mais peut-être plus tard...

Les pays attentistes sont nombreux, on remarque dans ce groupe le Brésil, le Canada, l'Inde et la Russie, gros émetteurs eux aussi. L'Inde s'installe en fait sur une position semblable à celle de la Chine, privilégiant le développement économique et l'amélioration de la vie de ses habitants. Le Canada, lui, a clairement indiqué qu'il refusait d'adhérer à une seconde phase du protocole de Kyoto, préférant s'en tenir aux accords de Cancùn.

On le voit, la partie de cartes de Durban obéit à des règles complexes où les enjeux et les opinions ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Rendez-vous ce weekend pour la conclusions.


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