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Cosmétiques : l'irrésistible progression du bio

Se parfumer à l'huile minérale, s'enduire de pétrole ou se laver à l'essence, c'est – en exagérant seulement un peu – ce que l'on fait à peu près tous les jours avec la cosmétique classique, qui doit beaucoup à la pétrochimie. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à s'intéresser à des produits plus naturels...

On trouve l'écolabel européen sur des shampoings et des savons. On trouve l'écolabel européen sur des shampoings et des savons.

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Entre l'excipient (qui détermine la pénétration du principe l’actif dans l’épiderme), les adjuvants (conservateurs, antiseptiques, épaississants, humectants...), les additifs (qui colorent ou parfument) et un tensioactif (qui stabilise l'émulsion), sans oublier le principe actif lui-même, les produits de beauté que l'on s'étale sur la peau et qui y pénètrent sont de vraies substances à risques. Depuis plusieurs décennies, la prospère industrie des cosmétiques a exploité abondamment les produits pétroliers (qui étaient auparavant peu utilisés). Mais une succession d'études ont mis en doute l'innocuité de certains composés, voire mis en évidence un risque certain.

Les cosmétiques sont soumis à des contrôles et à une réglementation restrictive. En 2003, par exemple, l'Europe a banni les phtalates, du moins ceux considérés comme nocifs (car il en est qui ne le sont pas). Rappelons que les phtalates sont interdits dans les jouets depuis 1999. Les parabènes (ou parabens, des esters utilisés comme conservateurs) ont été suspectés en 2004 d'une responsabilité dans le cancer du sein (une équipe américaine en a trouvé à un taux anormal dans les tumeurs mammaires). Par la suite, les études n'ont pas démontré cette culpabilité. Les recherches continuent...

Le label Cosmébio « Bio », de couleur verte, garantit que les ingrédients d'origine végétale proviennent de l'agriculture biologique. L'écolabel « Eco », similaire mais de couleur bleue, signale un produit aux effets réduits sur l'environnement. © Cosmébio
Le label Cosmébio « Bio », de couleur verte, garantit que les ingrédients d'origine végétale proviennent de l'agriculture biologique. L'écolabel « Eco », similaire mais de couleur bleue, signale un produit aux effets réduits sur l'environnement. © Cosmébio

Le principe de précaution et la prudence accrue des consommateurs conduit aujourd'hui à l'essor irrésistible de la cosmétique bio, où les noms qui font peur (parabène, propylène glycol, hydrocarbures aromatiques polycycliques...) laissent place à des extraits végétaux de plantes ou de fleurs, bien plus rassurants. Mais il n'est pas si évident de comprendre les étiquettes. Par exemple, les huiles ou cires de silicone désignent des composés synthétiques à base de silicium (le silicone étant une longue chaîne formée d'oxygène et de silicium). Ils ne semblent pas dangereux pour la santé mais ces produits non dégradables sont nocifs pour l'environnement.

Les écolabels, des phares sur l'océan pour éviter les écueils

Faut-il donc renoncer à se parfumer, à s'oindre de douceurs voire à se laver le corps et les cheveux ? Probablement pas... Encore une fois, le dur chemin du consommateur soucieux de la santé de sa famille et de la nature qui l'environne est balisé de repères colorés : les écolabels. Pour les cosmétiques, la mémorisation est simple puisqu'il y en trois. Le premier, pour les savons et les shampoings, est la petite fleur européenne à douze étoiles. Il garantit que le produit « contient moins de substances dangereuses pour l'environnement et la santé, a des incidences réduites sur le milieu aquatique, a un niveau élevé de biodégradabilité, utilise moins d'emballage et est au moins aussi efficace que les produits classiques ».

L'écolabel allemand BDIH indique un produit ne contenant que des substances naturelles. © BDIH
L'écolabel allemand BDIH indique un produit ne contenant que des substances naturelles. © BDIH

Les deux écolabels Cosmébio, de l'Association professionnelle de cosmétique écologique et biologique, imposent des conditions plus restrictives pour les produits déclarés bio (logo vert avec la mention BIO) et écologiques (bleu avec ECO). Bien qu'émanant des professionnels eux-mêmes, ces deux labels ont été validés par les pouvoirs publics. Les produits ainsi labellisés doivent contenir au moins 95% d'ingrédients naturels dont, pour les composés d'origine végétale, 95% en provenance de l'agriculture biologique. Il ne comprennent pas de conservateurs de synthèse (comme les parabènes) ni de produits issus de la pétrochimie (comme la paraffine ou le silicone).

Enfin, le label allemand BDIH est le plus exigeant de tous. Il est géré par la fédération des entreprises commerciales et industrielles allemandes pour les médicaments, les produits diététiques, les compléments alimentaires et les soins corporels (BDIH, Bundesverband Deutscher Industrie und Handelsunternehmen). Moins orienté bio, il garantit surtout l'origine naturelle des ingrédients. Colorants, produits de la pétrochimie et parfums de synthèse sont interdits.

En restant sous la protection de ces productions labellisées, on peut effectivement espérer rester propre et sentir bon sans manquer de respect à son propre corps ni aux écosystèmes voisins.


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