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Changement climatique : la France veut se préparer à un réchauffement

Alors que le Giec se réunit à Brest cette semaine, la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté mercredi matin un plan visant à préparer la France aux conséquences d’un réchauffement global du climat. Un bouquet de 230 mesures a été présenté, concernant une vingtaine de secteurs où les pouvoirs publics se doivent d’agir pour prévenir les risques.

Des étés plus secs et plus chauds obligeront à une meilleure gestion de l'eau et une récupération plus importante de l'eau de pluie. © Thierry Llansades, Flickr, CC by-nc-nd 2.0 Des étés plus secs et plus chauds obligeront à une meilleure gestion de l'eau et une récupération plus importante de l'eau de pluie. © Thierry Llansades, Flickr, CC by-nc-nd 2.0

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Selon les prévisions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), réuni à Brest cette semaine, les émissions anthropiques de gaz à effet de serre vont entraîner une augmentation de la température moyenne de la Planète de 2 à 3,5 degrés à l’horizon 2100. Si l’objectif principal reste d’atténuer cet effet en limitant les rejets de gaz à effet de serre, en particulier de CO2, il s'agit aussi de s'y adapter. Au niveau local, ce changement climatique aura de nombreuses répercussions. Le Plan climat présenté mercredi matin par la ministre de l’Écologie Nathalie Koscusko-Morizet commence à organiser l’adaptation du pays aux conséquences qui sont prévisibles sur notre territoire.

Une politique sur le long terme

Le financement du plan, 171 millions d’euros pour les nouvelles mesures à mettre en place, s’articule aussi autour des 391 millions déjà alloués aux Investissements d’avenir et des 500 millions d’euros des « plan sécheresse » et « plan de submersion rapide » déjà en cours sur la période 2011-2016. Il sera révisé tous les cinq ans pour suivre l’avancée des recherches sur le sujet.

On l’a vu avec la canicule de 2003, ou la tempête Xynthia, un épisode climatique extrême non prévu peut avoir de lourdes conséquences. Le but ici est d’anticiper les changements à venir pour que la transition vers un climat plus chaud avec des épisodes violents plus intenses soit la moins coûteuse possible. Pour établir ces mesures, Météo France et l'institut Pierre-Simon Laplace ont travaillé sur les conséquences au niveau français d’une augmentation de 2 à 3,5 degrés des températures moyennes en 2100. Plusieurs grands enjeux sont abordés, dont par exemple :

  • économiser et mieux utiliser l’eau ;
  • développer les savoirs sur les maladies émergentes et renforcer les dispositifs de surveillance ;
  • adapter nos forêts au climat de demain ;
  • contrôler la solidité de nos infrastructures de transport par rapport au climat futur ;
  • anticiper les conséquences de la montée du niveau de la mer.

Avec le Plan national d'adaptation au changement climatique, la France prépare un futur plus chaud. © Ministère de l'Écologie
Avec le Plan national d'adaptation au changement climatique, la France prépare un futur plus chaud. © Ministère de l'Écologie

De nombreux secteurs impliqués

Chaque item concerne différents secteurs d’activité. Pour ce qui est de l’eau par exemple, le but est de réduire de 20 % les prélèvements d’ici à 2020. Le réseau de transport d’eau devra être rénové pour limiter au maximum les fuites. La production d’énergie avec une amélioration de l’efficacité des systèmes de refroidissement des centrales nucléaires. Les agriculteurs seront également incités à abandonner certaines espèces cultivées comme le maïs, trop gourmand en eau, au profit du blé ou du sorgho dont l’irrigation n’est pas nécessaire. Les sylviculteurs seront aidés pour diversifier les essences et exploiter la forêt de manière moins intensive. Il s’agit de favoriser ses capacités naturelles d’adaptation et de résistance aux incendies dont le risque sera plus élevé lors des sécheresses prolongées.

Les hausses de températures, elles aussi propices aux incendies, auront également d’autres effets. Des espèces du sud s’étendent déjà vers le nord. Le problème pourra venir d’allergies à des pollens nouveaux ou de maladies tropicales véhiculées par des insectes jusqu’alors cantonnés dans des pays plus chauds. Il s’agit là de préparer la formation de médecins pour ne pas être pris au dépourvu. Un groupe Santé-Climat sera créé pour alerter rapidement les pouvoirs publics en cas de problème et prévenir au maximum les situations de crise.

Enfin, un autre axe important est la protection du littoral : la fonte des glaciers ajoute de l’eau à l’océan, son réchauffement entraîne sa dilatation. Le niveau global des mers monte donc (20 cm depuis 1845) et une hausse d’un mètre est prévue pour 2100. Il s’agit de préparer les côtes aux assauts de la mer en surveillant leur érosion et en prenant en compte le risque de submersion lors des tempêtes dans l’aménagement du territoire.

Cet ensemble de mesures, premier du genre en Europe, s’est construit en concertation avec les représentants de la société civile, professionnels et associations. Mais si une adaptation précoce au changement réduira certainement les coûts qu’implique une mutation vers un climat plus chaud, la meilleure manière de limiter les nuisances reste une diminution des émissions de gaz à effet de serre. Car au-delà des phénomènes relativement bien prévisibles décrits plus haut, continuer nos rejets massifs de CO2 pourra peut-être nous conduire à un point de basculement du climat.


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