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En bref : les oiseaux marins indiquent l'état de pollution des océans

Au sommet de la chaîne alimentaire, les oiseaux marins accumulent les contaminants déjà absorbés par les poissons et sont donc de bons indicateurs de l’état de la pollution marine. Le suivi à long terme des toxines et polluants qu'ils concentrent dans leur corps rend compte de l’impact des lois d’interdiction d’émission de certains produits sur l’évolution de la pollution des océans.

Les os d'un poussin d'un albatros de Laysan et les restes de matières plastiques qu'il avait ingérés. La photo a été prise à Eastern Island, dans les îles Midway, le 5 avril 1999. © Forest et Kim Starr, USGS Les os d'un poussin d'un albatros de Laysan et les restes de matières plastiques qu'il avait ingérés. La photo a été prise à Eastern Island, dans les îles Midway, le 5 avril 1999. © Forest et Kim Starr, USGS

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Le plastique a envahi la planète. Près de 260 millions de tonnes sont produites chaque année, et 10 % finissent dans les océans. Le Monterey Bay Aquarium estime que près d’un million d’oiseaux marins meurent chaque année après avoir ingéré du plastique. Mais comment estimer l’évolution des taux de toxines et de pollution dans les océans, ces immenses espaces vierges ? D’après une étude des chercheurs canadiens John et Kyle Elliott tout juste publiée dans Science, les oiseaux marins sont de très bons outils de mesure.

Les oiseaux tels que les pélicans, les mouettes et les sternes sont au sommet de la chaîne alimentaire. Ils stockent donc les polluants et les toxines contenus dans les poissons qu’ils mangent. Tout le long de l’année, ces oiseaux parcourent les océans sur d’énormes distances. Mais à la saison de reproduction, ils se retrouvent tous toujours au même endroit. Étudier le taux de plastique de ces oiseaux permet donc d’établir un suivi temporel fiable. Par ailleurs, pour évaluer le taux de plastique ou de toxines ingérés par l’oiseau, il suffit de récupérer des plumes, du sang ou des échantillons de tissus.

Les toxines bioaccumulables s’agrègent dans les tissus au fil du temps. Elles peuvent se transmettre dans les œufs ou le lait chez les mammifères. L’exemple le plus connu est le DDT, qui a été interdit car il fluidifie les coquilles d’œufs d’oiseaux. La surveillance continue des oiseaux de mer a révélé une baisse du taux de DDT. Mais d’autres sources de polluants sont plus présentes depuis. Le nombre de débris marins de plastique et les taux de polybromodiphényléthers (PBDE) ont considérablement augmenté. Ces derniers s’accumulent dans les tissus et imitent les hormones thyroïdiennes. Ils peuvent donc perturber les contrôles hormonaux du corps. Si certains PBDE commencent à être interdits, comme le pentaBDE et l’octaBDE dans l’Union européenne, des millions de tonnes sont déjà en circulation…


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