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Ampoules électriques à incandescence : extinction prévue en 2012

L'Union européenne a programmé la fin définitive des classiques ampoules électriques à filament entre 2009 et 2012. Elles devraient être remplacées dans les rayons par des lampes à basse consommation, dites aussi fluocompactes, des lampes à halogène ou, peut-être, des diodes, bien plus efficaces. Economie prévue : entre 5 et 10 milliards d'euros par an pour les ménages européens.

Des ampoules que la génération suivante ne connaîtra pas... © mybloodyself / Flickr - Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0) Des ampoules que la génération suivante ne connaîtra pas... © mybloodyself / Flickr - Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0)

Ampoules électriques à incandescence : extinction prévue en 2012 - 2 Photos

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Thomas Edison serait peut-être chagriné de la voir disparaître. Ou, au contraire, étonné qu'elle ait duré si longtemps. L'ampoule électrique à filament, ou à incandescence, qu'il a mise au point en 1879, éclaire toujours les foyers du début du vingt-et-unième siècle. Mais il semble que ses jours soient désormais comptés, au nom des économies d'énergie. L'Australie a déjà banni ces lampes à incandescence et l'Union européenne vient à son tour d'en programmer le retrait progressif.

A partir du premier septembre 2009, les ampoules de 100 watts disparaîtront des boutiques européennes. Un an plus tard, les modèles de 75 watts quitteront la scène à leur tour, suivis en 2011 par ceux de 60 watts. Le premier septembre 2012, les dernières ampoules à incandescence survivantes seront retirées de la circulation. La chasse au gaspillage ne sera pas terminée puisque les lampes à halogène les plus consommatrices (dites de classe C) seront mises au rebut en 2016. La loi ne sera effective qu'au printemps mais le parlement européen, entre-temps, ne sera consulté que pour avis. Grâce à elle, la Commission estime que les foyers économiseront entre 5 et 10 milliards d'euros par an sur leurs factures d'électricité, soit une cinquantaine d'euros par ménage.

Le brevet de la lampe d'Edison, daté du 27 janvier 1880. Elle aura vécu plus de 130 ans... © Licence Commons
Le brevet de la lampe d'Edison, daté du 27 janvier 1880. Elle aura vécu plus de 130 ans... © Licence Commons

Les techniques de remplacement sont déjà là

Les lampes à halogène et les fluocompactes, c'est-à-dire à fluorescence, sont censées prendre la relève. Elles éclairent mieux pour une puissance électrique consommée plus faible. Rappelons d'ailleurs que la puissance mentionnée en watts sur les lampes actuelles n'indique que la consommation électrique et pas la puissance de l'éclairage, qui s'exprime en lumens. Une lampe à filament n'atteint qu'une douzaine de lumens par watt, alors que d'autres procédés montrent des rendements très supérieurs.

Les lampes à halogène font mieux, avec une vingtaine de lumens par watt. Elles possèdent toujours un filament, mais le gaz présent dans l'ampoule (un composé halogène comme le fluor ou l'iode) augmente la température et donc la puissance lumineuse. Les tubes à fluorescence, dits « au néon » n'ont plus de filament. Les décharges électriques excitent les atomes du gaz présent dans le tube, qui réémettent ensuite un rayonnement ultraviolet. La substance blanche recouvrant l'intérieur du tube l'absorbe puis, par fluorescence, réémet l'énergie sous forme de lumière visible. Ces tubes atteignent une centaine de lumens par watt. De conception semblable, les lampes à basse consommation fluocompactes présentent des rendements voisins mais un peu plus faibles et variables, souvent entre 70 et 80 lumens par watt. L'assertion selon laquelle elles consomment « 80% d'énergie électrique en moins » ne semble pas toujours vérifiée. Enfin, leur durée de vie serait de 5 à 10 fois plus grande que celle des lampes à incandescence, ce qui compense leur prix d'achat plus élevé.

Ces lampes fluocompactes présentent toutefois un inconvénient. Le tube de verre contient un gaz riche en mercure, un métal toxique. Les fabricants recommandent de mettre des gants avant de ramasser les morceaux d'une lampe brisée ou au moins de se laver les mains ensuite... Heureusement, la quantité enfermée dans le tube est faible et le danger minime. En revanche, une filière de recyclage doit prendre en charge ces lampes qui, une fois émis leur dernier photon, sont considérées comme des déchets dangereux. A ce titre, il faut les amener chez le vendeur ou les accompagner pour leur dernier voyage jusqu'à une déchetterie.

En 2007, une association, le Criirem (Centre de recherche et d'information sur les rayonnements électromagnétiques), avait soulevé un lièvre. Ces lampes émettent aussi des rayonnements radio assez puissants, qui, à proximité de la lampe, dépasseraient dans les hautes fréquences les seuils admis (27 volts/mètre). Il faudrait s'éloigner d'environ un mètre pour retrouver les valeurs habituelles (environ 0,2 V/m). Les résultats ont été contestés par le syndicat des fabricants de lampes (ELC). Il reste une suspicion pour les lampes de chevet et de bureau...

D'autres techniques ont déjà vu le jour. Les lampes à diodes électroluminescentes, qui se multiplient sur les automobiles, affichent des rendements encore supérieurs mais pour un prix nettement plus élevé aussi. Quant à la chandelle (dont la puissance émise est par définition de 1 candela, soit 1 lumen dans un angle solide de 1 stéradian), réservons-la pour les dîners tête à tête, la combustion produisant du gaz carbonique...


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