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Les "puits de carbone" remis en cause

Selon une équipe de scientifiques internationale coordonnée par Britton Stephens, du National Center of Atmospheric Research, USA, les modèles de régulation de la teneur en CO2 atmosphérique par les "puits de carbone" sont entachés de défauts d'observation et à revoir.

De haut en bas, les satellites Américain OCO et japonais GOSAT. Crédit ESA. De haut en bas, les satellites Américain OCO et japonais GOSAT. Crédit ESA.

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Ce diagramme montre qu'environ la moitié du carbone provenant de l'activité humaine est absorbé par les océans et la terre, bien que le taux précis en soit considérablement modifié d'année en année, pour des raisons encore inconnues. Source: Sarmiento & Gruber, 2002, Physics Today, 55, 30-36.

Les estimations communément admises jusqu'ici considéraient que les forêts de l'hémisphère nord de notre planète absorbaient 2,4 milliards de tonnes de carbone par an, tandis que les forêts tropicales, au contraire, étaient la source de 1,8 milliard de tonnes de carbone en raison de leur surexploitation. Mais selon l'équipe précitée, toutes ces observations étaient entachées d'une erreur fondamentale, car elles résultaient exclusivement de mesures effectuées au niveau du sol.

Et de fait, des analyses d'échantillons d'atmosphère prélevés depuis 27 ans par des avions en 12 points représentatifs de la planète montrent des résultats bien différents. Ceux-ci réduisent la quantité vérifiée d'absorption des forêts de l'hémisphère nord à 1,5 milliard de tonnes, tandis que les forêts tropicales se voient créditer d'un chiffre d'émission de CO2 réduit à 100 millions de tonnes.

Une meilleure connaissance de la capacité des "puits de carbone" à la lumière des travaux de M. Britton Stephens, qui viennent d'être publiés dans la revue Science du 22 juin, modifient considérablement la modélisation du climat de la Terre et renforcent l'intérêt de disposer le plus rapidement possible de nouveaux moyens d'investigation et d'analyse, à la fois plus précis et plus sûrs.

En projet

A ce sujet, signalons que la NASA envisage de lancer en 2008 son satellite OCO (Orbiting Carbon Observatory), dévolu à la mesure des taux de CO2 dans l'atmosphère, tandis que l'agence spatiale japonaise prépare son satellite GOSAT (Greenhouse Gases Observing Satellite) dans le même but. Ces actions mises en corrélation permettront de dresser une carte extrêmement précise du taux de CO2 atmosphérique, et surtout d'en suivre l'évolution en permanence, ce qui n'était pas toujours le cas par des moyens aéroportés.


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