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Jusqu'à quand pourra-t-on skier dans les Alpes ?

En réponse au changement climatique, on s’attend à ce qu’il y ait de moins en moins de neige sur les sommets alpins. Cette semaine, un congrès international s’est tenu à Grenoble et Chambéry où près de 600 spécialistes ont échangé sur ce thème.

La quantité de neige et le risque d'avalanches devraient s'amenuiser dans les Alpes à l'horizon 2100. © timo_w2s, Flickr, cc by sa 2.0 La quantité de neige et le risque d'avalanches devraient s'amenuiser dans les Alpes à l'horizon 2100. © timo_w2s, Flickr, cc by sa 2.0

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La neige devrait devenir une denrée rare dans les Alpes d'ici à la fin du siècle, sous l'effet du réchauffement climatique. Le nombre des avalanches devrait aussi chuter drastiquement, estiment des scientifiques en amont du premier congrès mondial organisé en France sur le sujet. D'habitude organisé aux États-Unis et au Canada, l'International Snow Science Workshop (ISSW, conférence internationale sur l'étude de la neige) s’est tenu du 21 octobre au 25 octobre 2013 à Grenoble et Chamonix.

Quelque 600 scientifiques et professionnels de la montagne venus du monde entier ont échangé sur les propriétés de la neige et la gestion des risques d'avalanches. Parmi les thèmes abordés, ils ont évoqué notamment les conséquences du réchauffement climatique dans les Alpes d'ici à la fin du siècle.

Grenoble est une ville cuvette, entourée par trois grandes chaînes de montagne :la Chartreuse (d’où est prise la photo), Belledone et le Vercors.
Grenoble est une ville cuvette, entourée par trois grandes chaînes de montagne : la Chartreuse (d’où est prise la photo), Belledone et le Vercors. © Alexis Chmiel, Flickr, cc by nc nd 2.0

Déjà moins de chutes de neige enregistrées dans les Alpes

Dans le massif de la Chartreuse, près de Grenoble, une baisse de plus de 50 % de l'enneigement, passé de 110 cm au début des années 1960 à 50 cm actuellement, est déjà constaté. Une diminution confirmée sur de nombreux autres points de mesure en dessous de 1.500 mètres dans les Alpes françaises. Toutefois, les chutes de neige variant fortement d'une année sur l'autre, les effets du réchauffement sont encore difficiles à percevoir pour le skieur lambda.

« Il faudra attendre 2030-2040 pour sortir significativement de la variabilité interannuelle du climat », explique Gérald Giraud, ingénieur au Centre d'études de la neige (Météo France, CNRS) de Grenoble. Près de 70 à 80% de neige en moins à 1.800 mètres sont attendues. Dans le cadre d'un projet baptisé Scampei (Scénarios climatiques adaptés aux zones de montagne: Phénomènes extrêmes, Enneigement et Incertitudes), des chercheurs ont modélisé les évolutions du climat dans les Alpes en fonction de l'altitude, de l'exposition au soleil et de la pente.

Dans le scénario de réchauffement le plus pessimiste, « on a conclu à des bais ses d'enneigement de 70 à 80 % sur les Alpes en moyenne à 1.800 mètres » à l'horizon 2070-2100, indique Gérald Giraud. « À 3.000 mètres en versant nord, l'enneigement ne baisse que de 20 à 30 % mais de 50 à 60 % dans le sud et l'extrême sud des Alpes », poursuit-il. Le nord des Alpes sera relativement épargné, même si le Chablais, près de la frontière suisse, perdra quand même deux mois d'enneigement (sept aujourd'hui) à 1.800 mètres d'altitude.

Moins d’avalanches à l’horizon de 2100

Quant au nombre d'avalanches, il connaîtra aussi une chute spectaculaire, avec une baisse de 90 % des alertes de vigilance émises par Météo France. Seul l'extrême nord des Alpes et notamment le massif du Mont-Blanc connaîtront encore une activité significative. Avec des températures plus élevées, les avalanches prendront la forme de coulées de neige humide, plus lentes et épousant des couloirs d'avalanche, déjà connus, identifiés et souvent protégés par des paravalanches, explique Gérald Giraud.

En outre, la neige plus humide, donc plus lourde, se tassera plus vite, formant un manteau neigeux plus stable. Enfin, comme la neige tombera en moins grande quantité à basse altitude, les avalanches se déclencheront plus loin des routes et des habitations qu'aujourd'hui, limitant les risques de dégâts matériels et humains. Ce phénomène a déjà été observé au cours des 30 dernières années, les avalanches descendant de moins en moins bas.

« Il est certain que les avalanches réagissent au climat », souligne Nicolas Eckert, chercheur-ingénieur en statistiques appliquées aux aléas naturels en montagne à l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea). On enregistre actuellement environ 1.000 avalanches par an dans les Alpes françaises, dans une fourchette de 500 à 1.500 selon les années. Lors de l'hiver 2012/2013, elles ont causé la mort de 36 personnes en France, selon l'Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches (Anena) qui organise le congrès.


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