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Antarctique : la banquise Wilkins sur le point de se désagréger

Une des plus importantes banquises permanentes de l’Antarctique est sur le point de se séparer et de partir à la dérive, risquant de modifier le tracé des courants océaniques.

Détail de la région. La zone où la banquise se désagrège se distingue à sa couleur bleutée. © NSIDC/Boulder/CO Détail de la région. La zone où la banquise se désagrège se distingue à sa couleur bleutée. © NSIDC/Boulder/CO

Antarctique : la banquise Wilkins sur le point de se désagréger - 2 Photos

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En mars 2008 déjà, la Nasa, au moyen de ses satellites Aqua et Terra et leurs instruments Modis (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer), avait observé que la langue de glace reliant le glacier de Wilkins au reste de la banquise était en train de se disloquer.

« Voici un an, le BAS avait rapporté que la plate-forme de Wilkins ne tenait que par un fil, après un survol de la région. Miraculeusement, elle tient toujours, un été plus tard, mais ce n'est plus cette année que par un filament », rapporte à l’agence Reuters David Vaughan, glaciologue au BAS (British Antarctic Survey). Cette plaque de glace bordée de falaises de plus de 20 mètres de haut peut très bien s’effondrer d’une minute à l’autre, ou bien rester en l’état quelques semaines, voire plusieurs mois, ajoute le chercheur.

Délimité en jaune, Wilkins, vu par Google Earth. Crédit Google
Délimité en jaune, Wilkins, vu par Google Earth. Crédit Google

Des cartes à modifier

D’une superficie originale de 16.000 km², Wilkins a déjà perdu un tiers de son volume et couvre aujourd’hui une surface équivalente à l’île de la Jamaïque. Rappelons au passage que la fonte de cette plaque n’affectera pas le niveau de la mer car il s’agit d'une banquise, c'est-à-dire d'eau de mer gelée.

Mais, outre des modifications de tracé des courants océaniques, sa disparition prochaine risque de provoquer l’engloutissement par l’océan d’une bonne partie de la banquise restante.

Au cours des 50 dernières années, neuf autres plaques glaciaires importantes ont été perdues pour un total de 25.000 km², entraînant des modifications significatives dans les contours de l’Antarctique tel qu’ils figurent dans les anciens atlas géographiques, devenus des témoins du changement climatique en cours. Les scientifiques pensent que certaines de ces formations étaient en place depuis plus de 10.000 ans.


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