Le laboratoire européen Columbus a été arrimé à la Station Spatiale Internationale dont il fait à présent partie intégrante, fournissant à l’Europe de nouvelles possibilités en matière de recherche notamment sur la science des matériaux, la physique des fluides, les sciences de la vie ainsi que de nombreuses autres technologies.
Les deux astronautes américains Rex Walheim et Stanley Love, ce dernier remplaçant son collègue allemand Hans Schlegel momentanément empêché pour raison médicale, sont sortis hier lundi 11 février à 14 h 35 TU de la Station spatiale et ont guidé le déplacement du module de 12.775 kg depuis la soute de la navette jusqu’à son emplacement définitif.

Columbus a été ainsi fixé au sas tribord du module Harmony (nœud de jonction numéro 2), son arrivée ayant été saluée par des cris et une salve d’applaudissements de la part des occupants de l’ISS ainsi que des nombreux techniciens et membres des services de presse à Houston. Le spationaute français Léopold Eyharts a ensuite actionné les seize vérins électriques chargés de fixer définitivement les modules entre eux.
Le laboratoire européen Columbus est équipé de 16 installations de bâtis internes (4 sur chacun des côtés). Dix sont des bâtis standards de l’ISS (International Standard Payload Rack d'une capacité unitaire de 998 kg) auxquels sont déjà intégrés les réseaux d’alimentation électrique, de refroidissement ainsi que de transmission vidéo et de données.
Quatre plateformes externes peuvent aussi recevoir des expériences, d'une masse unitaire maximale de 370 kg, directement exposées au vide spatial. Elles sont fixées sur l’extrémité conique tribord de Columbus, groupées par paires. Lors d’une prochaine sortie, les deux premières expériences externes seront installées et activées, Solar et Eutef (European Technology Exposure Facility).
Découverte de dommages sur l'ISS
Au cours de la sortie, Stanley Love a découvert ce qui semble être un impact de débris sur une rambarde d’appui située sur le pourtour de la trappe du sas. Ces derniers mois, les techniciens s’étaient déjà déclarés préoccupés par de tels dégâts, qui peuvent présenter des arêtes tranchantes dommageables aux gants des astronautes. Des photos ont été prises pour expertise ultérieure.
En raison d’un travail légèrement plus lent que prévu, qui a notamment obligé les deux astronautes à se réapprovisionner en oxygène à l’intérieur du sas, quelques raccordements ont été reportés à une des prochaines sorties auxquelles participera vraisemblablement Hans Schlegel.
Cette première sortie dans l’espace de la mission STS-122 a duré au total 7 heures 24 minutes. Une deuxième sortie sera exécutée mercredi et aura pour principal objectif le remplacement d’un réservoir d’azote sur la station. Vendredi, la troisième sortie verra vendredi le branchement de divers systèmes sur Columbus ainsi que l’installation des deux expériences scientifiques Solar et Eutef.
Le spationaute français Léopold Eyharts ne reviendra pas sur Terre au terme de cette mission, mais remplacera Daniel Tani en orbite depuis le mois d’octobre 2007 et aura en charge l’activation des instruments à bord de Columbus, dont il sera le premier occupant officiel. Il rentrera en mars prochain avec la navette Endeavour, dont le lancement est prévu le 11 avec dans sa soute le laboratoire japonais Kibo.