Futura-sciences, un site ouvert, divers, pour mettre la science à la portée de tous,et sur toutes les sciences, l'ethnobotanique en est une, science humaine, dans tous les sens du terme.
Science des mots aussi, en ce qui me concerne, mots d'une langue riche et vieille de 1000 ans, l'occitan, que j'espère faire découvrir à ceux qui l'ignore encore.
Josiane Ubaud Juillet 2003
C'est étudier les rapports qu'entretiennent les hommes avec les plantes et leur environnement.
Les domaines de recherche sont donc infinis : on peut étudier seulement les plantes médicinales, ou les plantes alimentaires, les plantes tinctoriales, les plantes à usages industriels, ne s'occuper que des arbres ou que des fleurs, travailler sur les usages locaux de la flore, travailler sur les noms de toutes les plantes dans une langue donnée, ou même ne s'intéresser qu'aux champignons (on parle alors d'ethnomycologue).
On peut travailler sur une période donnée (les plantes alimentaires au Moyen-Âge), ou sur une catégorie de plantes à travers les âges (les céréales depuis les origines à nos jours), ou sur un lieu donné (les usages de la flore sur le territoire de ...).
Dans tous les cas, il faut être compétent en botanique pour pouvoir ensuite aborder les aspects humains.
De nombreuses traductions de textes anciens grecs ou latins sont ainsi erronnées par manque de compétence en botanique de leurs traducteurs. Ces traductions ont propagé de graves erreurs et elles sont donc reprises actuellement par des spécialistesen.
La compétence en botanique s'acquiert par les études spécialisées ou par formation autodidacte, ce qui est souvent le cas de nombreux botanistes de terrain.
On peut donc devenir ethnobotaniste en poursuivant au départ des études de botanique, d'agronomie, ou d'histoire, et se spécialiser ensuite sur les relations plantes/humains. Ou en menant ces recherches de façon indépendante, compte tenu de la spécificité
de la discipline qui se situe à la croisée de plusieurs chemins.
Le père de l'ethnobotanique, A. G. Haudricourt, n'était pas diplômé.
En ce qui nous concerne, nous sommes "chercheur indépendant" et ne vivons donc pas de notre spécialité. En effet, suite à notre formation scientifique à la Faculté des Sciences, nous avons exercé un temps le métier de professeur de mathématiques. Puis des études tardives en occitan à la Faculté des Lettres nous ont ensuite permis d'être employée comme lexicographe en occitan dans une structure associative.
Passionnée depuis toujours par la botanique, ce n'est qu'en parallèle que nous menons depuis 25 ans des recherches en ethnobotanique occitane, qui demandent donc des compétences croisées en botanique et en langue occitane.
Nos recherches se situent sur deux terrains :
Nous travaillons donc sur les noms des plantes (1 400 plantes en fiches), leurs usages, leurs symboliques, les paysages, mais nous menons aussi des analyses transversales purement linguistiques sur le lexique occitan : formation des noms, genres, perception des couleurs dans les noms des fleurs, principe d'analogies avec le monde animal, etc
Nous travaillons aussi à dégager des appellations normatives (une plante peut avoir 15 noms différents en occitan, lequel privilégier ?), ce qui rejoint notre métier de lexicographe. Cet aspect normatif de la langue, nous en avons besoin car nous sommes sollicitée pour faire de la formation des enseignants en occitan, pour réaliser des sentiers botaniques et pour écrire des articles
spécialisés dans des revues pédagogiques occitanes.
Outre de nombreuses sorties botaniques, conférences et émissions radio, qui poursuivent en quelques sorte la tradition
de la transmission orale de ces savoirs naturalistes, nous publions aussi nos recherches, seule ou en collaboration :