Toutes les sciences ont besoin de vulgarisation pour s'intégrer à la culture. Futura-Sciences et ses bénévoles jouent donc un rôle important dans le fonctionnement de notre société.
Toutefois, tout scientifique pense que sa science a plus que tout autre besoin d'une telle vulgarisation, surtout lorsque des applications sont envisageables à plus ou moins long terme. Futura-Sciences peut ainsi jouer un rôle essentiel dans la promotion de la lutte biologique contre les espèces nuisibles, et notamment contre les ravageurs des plantes cultivées. Il en va de notre santé.
En effet, l'utilisation des pesticides est actuellement trop répandue, entraînant la pollution de nombreux milieux et des pathologies difficiles à détecter rapidement. Plusieurs moyens de lutte biologique sont d'ores et déjà disponibles pour se substituer à la lutte chimique. La recherche peut en proposer beaucoup d'autres. Ceux-ci sont cependant trop peu connus et trop peu employés. Il est alors indispensable de vulgariser les techniques existantes qui permettent de lutter proprement contre les espèces nuisibles, et de soutenir l'ensemble des sciences de la lutte biologique qui manquent de ressources financières et humaines.
La promotion des sciences biologiques, notamment assurée par Futura-Sciences, ne peut qu'y contribuer.
Le métier de chercheur en entomologie comprend des tâches très diverses, se déroulant aussi bien sur le terrain qu'au laboratoire ou au bureau. Il peut s'agir de capturer certaines espèces ou d'étudier leurs comportements dans la nature, d'analyser certaines enzymes ou de séquencer des fragments d'ADN, ou encore d'effectuer une revue bibliographique sur un sujet bien défini, d'écrire un article scientifique pour un journal ou de préparer un cours destiné à des étudiants.
J'ai cependant constaté deux types d'évolution au cours de l'exercice de ce métier. La première évolution doit être indépendante du temps présent : le début de la carrière est surtout consacré à recueillir des données expérimentales, sur le terrain ou au laboratoire, puis les travaux de bureau et d'enseignement deviennent de plus en plus importants (lecture et rédaction de rapports et de textes en tous genres). La deuxième évolution, plus fâcheuse, est liée aux influences géopolitiques actuelles : la langue anglaise prend de plus en plus de place au détriment de la nôtre, à tel point qu'un mauvais texte en anglais est souvent préférable à un bon texte en français, et les comportements de compétition et de concurrence entre chercheurs deviennent omniprésents, même lorsqu'ils sont cachés sous des discours faisant appel à la collaboration ou la coopération.