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Laure Fontana

(1968 - ...)

Principales découvertes :

Archéologue Archéozoologue

Dédicace

Il n'est pas toujours aisé de transmettre les connaissances acquises ni de faire connaitre les différentes étapes de la recherche, quel que soit le domaine d'investigation. De plus, s'il est fondamental que l'avancée des recherches soit accessible à tous, il est également impératif que les connaissances nouvellement acquises suscitent le goût de l'investigation (qui nécessite passion et ténacité) chez les plus jeunes.

Nul doute qu'un site tel que celui de Futura-sciences constitue un outil idéal pour informer et susciter des vocations, pas seulement pour les disciplines les plus médiatisées mais pour l'ensemble d'entre elles.

Laure Fontana, chargée de recherches au CNRS

Une journée type

Ce n'est que très tard, durant mes études d'Histoire à l'Université de Paris I, que j'ai décidé d'étudier la Préhistoire, et plus tard encore, en Maitrise d'Archéologie, que j'ai découvert la discipline qui m'intéressait vraiment, l'archéozoologie. Ce sont les cours d'initiation qui m'ont fait découvrir le potentiel des restes osseux issus d'animaux chassés et/ou élevés par l'Homme et conservés dans les sites archéologiques. J'ai choisi de travailler sur l'économie alimentaire des sociétés nomades de chasseurs-cueilleurs du Paléolithique supérieur d'Europe (30 000 – 10 000 av. JC) et lors de mon travail de thèse, j'ai rapidement découvert quelles étaient les questions qui m'intéressaient le plus et les thèmes de recherche que je souhaitais développer par la suite.

Le métier d'archéozoologue : un archéologue d'abord, un spécialiste ensuite.

L'étude des restes osseux (os, bois de cervidés, chevilles osseuses de Bovidés, dents) d'un site archéologique anciennement ou récemment fouillé occupe une grande partie de mon temps et c'est la base du travail d'archéozoologue : identifier les espèces représentées par les restes découverts dans les sites ainsi que les parties anatomiques, comptabiliser. Tenter d'obtenir d'autres informations telles que l'âge, le sexe et les saisons de chasse ou d'abattage des animaux, les traces de découpe est également fondamental pour aborder les questions principales. C'est la seconde phase du travail de l'archéozoologue qui doit analyser l'ensemble des données pour répondre aux questions fondamentales : quels animaux formaient la base de l'économie alimentaire, pour quels objectifs étaient-ils chassés/élevés (produits alimentaires et matière première) et quelles étaient en conséquence les stratégies de chasse choisies et les pratiques d'élevage. Puis, l'archéozoologue que je suis essaie ensuite d'intégrer ses résultats aux résultats relatifs à l'exploitation des autres ressources afin d'appréhender les questions plus générales relatives à l'économie des sociétés, à leur types d'habitat et à leur mobilité (pour les sociétés nomades). Par exemple, je travaille systématiquement avec le chercheur qui étudie les objets façonnés en os et en bois de cervidés (sagaies, aiguilles, poinçons, perles) et leurs techniques de fabrication car la matière première utilisée (os, dents) provient en partie des mêmes animaux qui ont été consommés et dont j'étudie les restes. Enfin, m'intéressant à la question de l'exploitation saisonnière des ressources par les groupes nomades d'une région, je cherche à acquérir des données dans certains secteurs particuliers qui n'en n'ont pas encore livré : je suis donc à la recherche de sites que je fouille après les avoir découverts, et dont les différents vestiges sont étudiés par les membres d'une équipe interdisciplinaire.

Mes thèmes de recherche et mes secteurs d'investigation

Je m'intéresse plus particulièrement aux stratégies de chasse des sociétés de chasseurs-cueilleurs nomades du Paléolithique supérieur et notamment à l'exploitation des deux gibiers qu'étaient le Renne et le Lièvre variable. J'essaie de savoir si l'acquisition de ces deux gibiers était saisonnière ou bien si c'est l'obtention de certains produits (bois de Renne, fourrure du Lièvre) qui l'était, à la différence de la viande, récupérée et consommée toute l'année (pour tous les grands herbivores). Je cherche également à comprendre comment l'exploitation des ressources animales, Renne et Cheval principalement était organisée à l'échelle d'une année (cycle annuel) et à l'intérieur de l'espace exploité par ces groupes nomades : certains secteurs (par exemple montagneux) étaient-ils exploités uniquement à certaines saisons ? Les deux grands herbivores principaux étaient-ils chassés tout au long de l'année sur la totalité de territoire fréquenté ou bien l'étaient-ils à des périodes de l'année distinctes et/ou dans certains secteurs particuliers ? Enfin, dans quelle mesure la mobilité des hommes était-elle en relation avec cette exploitation du monde animal (ne pas oublier la collecte de bois de Renne, fondamentale) ? L'étude de sites localisés dans le sud-ouest de la France (des Pyrénées à la Charente) et dans le Massif central me permet de mener des études à l'échelle microrégionale et de tenter de répondre à ces questions. L'opportunité d'étudier d'autres sociétés ayant vécu dans d'autres contextes géographiques me permet également à présent de travailler dans le nord-est de la Roumanie.