Pour que la science soit partagée, il faut la diffuser. Pourtant entre le grand public et le scientifique il existe souvent des obstacles parce que le premier souhaite un résumé et que le second souhaite une version détaillée. Vulgariser la science ne peut en aucun cas sacrifier l'une ou l'autre de ces exigences au risque de rompre le dialogue. Le site Futura-Sciences fait une passerelle constructive entre ces deux visions puisqu'il offre au chercheur un espace médiatique qui lui permet de convaincre les autres chercheurs et les moins initiés. Je souhaite une longue vie à ce site et espère qu'il fera naître des vocations notamment chez les néo-botanistes.
Etre botaniste c'est étudier les plantes ! La première caractéristique est de classer les espèces selon leurs caractéristiques et de les nommer, mais le travail du botaniste est plus complexe. Il s'agit d'observer, de tester, d'imaginer, d'émettre des hypothèses mais ne jamais s'asseoir sur des certitudes. C'est assez proche des recherches extra-temporelles comme la paléontologie dans le sens où la certitude et le 100% ne peuvent jamais exister. Ce n'est donc pas une science exacte, c'est de la biologie avec ce petit rien qui nous échappe et qui est au centre du grand tout!
Etre botaniste au quotidien c'est garder les yeux ouverts et savoir détecter les particularités du monde végétal dans un pot de fleur, un jardin, une ville ou une forêt. Les plantes sont partout et la première des qualités d'un botaniste doit être, à mon avis, son sens de l'observation. Cependant ce métier ne s'arrête pas à la seule observation et nous devons générer des scénarios et des hypothèses quant à l'évolution passée et future des écosystèmes, notamment en fonction des changements climatiques et des actions de l'homme sur son environnement. Suivre, prévoir et anticiper ces évolutions font partie de notre métier. Nous travaillons à la fois sur le terrain avec un sécateur pour la collecte des échantillons d'herbiers et à la fois au laboratoire à partir d'images satellites, de systèmes d'informations géographiques ou de bases de données pour nous permettre d'extrapoler nos observations ponctuelles à tout un écosystème, un paysage, un milieu ou une aire de distribution. C'est ainsi que nous devons continuellement naviguer entre les questions qui se posent en biologie à l'échelle d'une espèce voire d'un individu jusqu'aux investigations qui portent sur l'organisation et le fonctionnement des paysages et des écosystèmes.