Retrouvez-nous sur Google+
    Impression de la page Envoyer à un ami Participer au forum Ajouter aux favoris
     
     
  • Biographies
  • Citations
  • Dédicace
  • Dossiers
  • Livres
  • Métier

Martine Balandraux Olivet

Principales découvertes :

Docteur, Epidémiologue, Chercheur en nutrition

Dédicace

A quoi sert la quantité phénoménale d'énergie intellectuelle fournie aux quatre coins de notre planète par des milliers de chercheurs ? Qui a accès aux résultats des recherches ? Ces questions se sont peu à peu imposées à mon parcours scientifique.

La réponse est que tout cela n'a de sens que dans le partage avec les autres. Il faut que cela soit accessible au plus grand nombre. Les publications scientifiques ont le tort, selon moi, d'être écrites et publiées de telle manière qu'elles restent inabordables pour la majorité des lecteurs qu'elles pourraient intéresser. Quel dommage ! Les connaissances se diluent dans le temps, parfois disparaissent des années avant de réapparaître plus tard, trouvées de nouveau par d'autres…

Pour contrer ce gaspillage, Futura-sciences a trouvé le traitement de choc : la communication directe des chercheurs avec le grand public. Certains parlent de vulgarisation de haut niveau. Tout est simple si on l'explique clairement, selon une construction logique. Le premier livre grand public que j'ai écrit reprend exactement des sujets que j'ai enseignés à des médecins et à d'autres scientifiques ; les méthodes décrites sont celles utilisées en recherche. Seul le choix des mots diffère. Je serais très heureuse d'en recevoir vos commentaires et critiques. Je remercie sincèrement Futura-Sciences de permettre cet échange direct entre nous. Voilà qui donne une vraie raison d'être à mon travail.

Une journée type

Ma vie professionnelle aujourd'hui est tellement l'aboutissement d'un parcours particulier que je commence par l'historique de ce chemin pour me faire comprendre. Pendant des années, j'ai été chercheur hospitalo-universitaire, vissée par passion à mon ordinateur préféré, parfois jour et nuit, travaillant en étroite collaboration avec des statisticiens. Seules les charges obligatoires d'enseignement, aux étudiants en médecine et aux médecins, me sortaient des chiffres, graphiques, évaluations de risque et publications scientifiques qui faisaient mes délices quotidiens. Puis, les aspects administratifs sont devenus plus lourds, ce qui est classique lorsque l'on monte dans la hiérarchie et que l'on doit gérer une équipe. Un aspect particulier de la vie de chercheur est la quête permanente de fonds indispensables pour mener à bien ses objectifs et assurer sa propre pérennité dans le système.

Après 15 ans de recherche, écriture et enseignement dans les hôpitaux universitaires, plusieurs facteurs m'ont poussé à changer de voie. Le premier est mon rôle de maman avec trois enfants en bas âge et une envie profonde de passer plus de temps auprès d'eux. Un autre est lié à un questionnement un peu philosophique du type : « A quoi servent toutes ces recherches, ces immenses dépenses d'énergies ? » Il faut savoir que les résultats de nos études, publiés dans des journaux scientifiques, sont lus par quelques médecins spécialistes.

Les délais entre les découvertes scientifiques et leurs applications pratiques dans la vie de tous (quand il y a applications pratiques) sont souvent de l'ordre de 10 à 15 ans. C'est par exemple ce qui s'est passé avec la découverte des effets du tabagisme passif dans la survenue des allergies et des cancers du poumon et du sein. Les décisions politiques visant à faire connaître ces effets et à protéger la population du tabagisme passif n'ont commencé à se mettre en place que 10 ans plus tard aux USA. Ce délai est d'ailleurs largement dépassé dans plusieurs pays d'Europe qui rechignent à rendre prioritaire les effets sur la santé d'une habitude pourtant redoutable.

Enfin, il me semblait arriver à un palier dans le développement de mes recherches. Tout cela a alors orienté ma vie professionnelle. J'ai donc pris la décision de quitter la grande maison qui m'avait abritée longtemps. De médecin adjoint agrégé des Hôpitaux Universitaires de Genève, je suis devenue … consultante privée ! Une partie de mon cœur est restée à l'hôpital, le reste est allé respirer d'autres atmosphères.

J'ignorais alors de quoi serait fait exactement mon quotidien professionnel en tant que consultante. Ce quotidien s'est mis en place peu à peu, évoluant encore aujourd'hui, ce qui ne déplait pas à mon intellect expérimentateur. A chaque question, doit être trouvée une solution utile et efficace, sous peine de chômage. En « bon » chercheur, je ne trouve de solution de qualité que si le sujet me passionne. L'instinct guide souvent mon travail, recherches et écrits.

Mes activités peuvent se décrire en plusieurs groupes :

  • Ecriture

 

Le souhait de faire connaître au grand public les résultats des recherches auxquelles j'avais participé au cours de toutes ces années a donné lieu à la rédaction d'un premier livre destiné au grand public mais basé sur des connaissances scientifiques solides et récentes. Les éditions Flammarion ont tout de suite répondu favorablement au manuscrit et le livre est sorti en Février 2006. C'est une méthode pour pouvoir modifier ses habitudes alimentaires et d'activité physique, de façon autonome. C'est aussi une revue de la littérature scientifique mise à la portée de tous. Cette méthode a été conçue exactement comme je l'aurais fait pour une étude épidémiologique d'intervention dans le cadre des mes activités de recherche. Le titre en est « La méthode MBO (manger, bouger, oublier les régimes) pour maigrir sans régime ». Un deuxième livre est actuellement en cours.

  • Clinique

 

La partie la plus visible de mon activité est clinique : je reçois
des patients, examine leurs problèmes, et traite au mieux leur demande. Je lie aux consultations individuelles des activités de type atelier, sortes de cours interactif à plusieurs sur l'alimentation et l'activité physique, et des conférences en entreprises ou grand public.

  • Recherche et Formation continue

 

Il me semble impossible d'avoir été chercheur et de ne pas garder le réflexe permanent de se tenir au courant de tout ce qui se fait et se découvre sur le sujet qui nous passionne. Internet permet l'accès à beaucoup de littérature scientifique et je lis énormément. De ces connaissances découle une partie de ma formation continue et la mise à jour des informations qui seront données dans mes conférences, ateliers, consultations et livres. Je continue à collaborer aux études de certains groupes scientifiques, comme expert ou consultant. Je garde ainsi un pied dans la recherche pure, bon exercice pour les neurones.

  • Aspects administratifs

 

Ils sont multiples, parfois fastidieux mais pouvant devenir plus légers si on leur trouve une facette amusante. Par exemple, cela ne me déplait pas de mettre à jour mon site internet, de formater des documents pour ma consultation, ou de faire des lettres à mes collègues. Les couleurs, le graphisme sont des outils à ne pas négliger. C'est parfois un jeu informatique que d'essayer de trouver les moyens pour réduire au minimum les taches les plus ennuyeuses en se déchargeant sur la machine.

  • Contacts collègues

 

Voilà un aspect réduit en temps mais indispensable à mon bon fonctionnement. Cela se passe souvent lors d'un café ou d'un déjeuner rapide. L'échange d'informations et le maintien de contacts amicaux avec ceux qui me comprennent professionnellement est vraiment important. C'est aussi un bonheur quand nous montons à plusieurs une activité clinique (conduite à tenir pour aider un patient au parcours difficile) ou de recherche (protocole d'étude, livres).