Comme ex-enseignant chercheur, comme chercheur encadrant des étudiants et comme citoyen, je me sens très concerné par la désaffection des jeunes générations envers la science en général et la science fondamentale en particulier.
La cosmologie a la chance de pouvoir allier à la fois la beauté des images du Cosmos et les interrogations les plus fondamentales sur l'origine de l'Univers.
Un site comme Futura-sciences est un outil merveilleux pour (re) susciter l'envie de questionner et de comprendre en exposant les grandes questions de cette thématique.
J'ai toujours été attiré par la Cosmologie et ses connections étroites avec la physique fondamentale.
Les raisons profondes de l'origine et de l'évolution de l'Univers m'ont toujours fasciné. J'ai commencé à travailler dans ce domaine avec l'estimation de ce qu'on appelait encore la "masse cachée" dans les amas de galaxies et qui est devenue la problématique fondamentale de la "matière noire".
Partant d'un point de vue initial plutôt théorique, l'absence de données observationnelles suffisantes m'a rapidement poussé vers l'implication dans la conception scientifique d'instruments dédiés et de programmes d'observation de vaste ampleur. Cette activité m'a amené à effectuer de nombreux voyages pour observer sur les grands télescopes du Chili et d'Hawaii ou pour travailler en collaboration avec des collègues étrangers.
J'ai ainsi été conduit à participer en particulier à la définition des objectifs scientifiques de l'instrument VIRMOS et au grand sondage associé, réalisé sur le VLT. Cet instrument conçu au Laboratoire d'Astrophysique de Marseille et installé sur l'un des VLT permet de "remonter" le temps cosmique sur près de 90% de l'âge de l'Univers et d'élucider les grandes étapes de l'histoire cosmique.
Plus récemment, la problématique de l'Energie Noire m'a conduit à regrouper les compétences en astrophysique, physique des particules et physique théorique de jeunes chercheurs et à participer avec ces collègues à des projets comme le satellite SNAP/JDEM qui a pour objectif de « traquer » l'énergie noire.
Enfin, l'étude des sursauts gamma qui sont des objets à la fois intrigants en eux mêmes (les plus énergétiques de l'Univers) et des sondes cosmologiques à grand potentiel pour explorer l'époque de la formation des 1ers astres constitue également un sujet de recherche excitant et prometteur.
De nouveaux instruments sont nécessaires pour progresser dans ces domaines : matière noire, énergie noire, objets primordiaux. Je soutiens et participe au LAM au développement des projets associés (VIRMOS, ANTARES, SNAP, ECLAIRS/SVOM)
Le métier de chercheur comprend également la communication scientifique sous tous ses aspects, vers les spécialistes, les étudiants, le grand public. Je m'implique beaucoup dans l'animation scientifique (organisation d'un congrès international à Marseille, organisation de séminaires interdisciplinaires), l'encadrement, la rédaction d'ouvrages à destination d'étudiants ou du grand public.
Le métier de chercheur c'est aussi :
- gérer les moyens (en particulier les grands instruments nécessaires à l'astronomie)
- préparer l'avenir en termes de recrutement des nouvelles générations.
- Définir du mieux possible quels seront les grands axes de recherche à explorer.
J'ai dans ce cadre exercé des responsabilités au comité national du CNRS, au comité d'allocation du temps d'observation sur les grands télescopes français.