Du décryptage scientifique des aventures de Tintin sur la Lune à celui des extraordinaires fresques rupestres de nos ancêtres africains en passant par le dossier des OGMs, du nucléaire ou du réchauffement climatique, Futura-Sciences est sans aucun doute un site à consommer sans modération !
Etre astronome est une chance. Il est étonnant de remarquer l'intérêt que vous suscitez lorsque vous énoncez votre profession. C'est sans doute que tout le monde, un jour ou l'autre, la tête en l'air dans les étoiles, s'émerveille de la beauté du ciel nocturne, et rêve d'en percer les mystères. Certes, certains confondent parfois encore astronomie et astrologie, le prix à payer étant alors de garder son calme...
Qu'en est-il au jour le jour ? Les astronomes passent-ils la nuit à observer le ciel pour dormir le jour ? Et bien, à moins d'être un astronome résident dans un des observatoires situés aux quatre coins de la planète et d'y effectuer les ‘opérations', non, il faut bien avouer que le travail se fait plutôt de jour devant un ordinateur la plupart du temps. Le concept de 35 heures de travail hebdomadaires ne s'appliquant pas facilement au métier de chercheur, la nuit reste de fait un refuge toujours utile pour les astronomes, non pas pour observer le ciel mais bien plus souvent pour y travailler tranquillement au bureau ou à la maison (vive l'ADSL !).
L'ordinateur, comme partout, mais plus encore peut-être dans les disciplines scientifiques, a envahi le quotidien : qu'il s'agisse du travail scientifique lui-même (analyse des observations, simulations numériques, calculs divers, ...), de la consultation et de l'écriture d'articles scientifiques (le bon temps des photocopies noircies aux coins d'articles issus de volumineux volumes est révolu), la rédaction de documents divers (demandes de temps d'observation, demandes de financement, etc.), et enfin, la plaie des temps modernes : le courrier électronique dont vous devenez d'autant plus dépendant qu'il vous ronge davantage jour après jour... Il convient malheureusement de signaler, sans s'y attarder, les lourdeurs chroniques de l'administration française, qui sont malheureusement un frein quotidien à l'efficacité et à la bonne volonté de tous les acteurs de la recherche.
Alors, est-ce là donc tout ? Ordinateur et paperasserie au lieu de ciels étoilés et scintillants ? Et bien oui pour une bonne part, modulable en fonction de l'âge et des responsabilités. Heureusement, restera toujours l'autre part, faite de rêves et d'intenses moments qui font oublier le reste et ne feront jamais regretter son métier à un astronome: un espace de liberté et de créativité au jour le jour, des moments inoubliables passés à observer dans des sites exceptionnels, un défi intellectuel permanent autour des questions existentielles qui hantent l'humanité depuis l'aube des temps...