Le public, les contribuables, les élus doivent avoir conscience des possibles conséquences du changement climatique et d’être en mesure d’évaluer les projets qui pourraient être mis en œuvre pour les atténuer ou pour s’y adapter. Mais l’acquisition d’une opinion pertinente ne peut s’envisager sans un accès facile à des informations cohérentes.
Il est important de fournir à chacun une explication claire des enjeux et de la crédibilité (réalité, espoir ou utopie ?) des projets qui prétendent (à tort ou à raison) apporter des solutions, mais dont les conséquences pourraient parfois s’avérer bien plus catastrophiques que les effets combattus.
Futura-Sciences contribue à cette entreprise d’explication et de sensibilisation en mettant à disposition du plus grand nombre des informations appropriées et en facilitant la diffusion de la culture scientifique.
Le métier de chercheur en météorologie
Le temps a un impact important dans de nombreux domaines concernant aussi bien la Sécurité des personnes et des biens que l’économie du pays : aménagement du territoire, circulation aérienne, gestion des réseaux de production électrique, agriculture, tourisme, activités de plein air… L’attente du public et des autorités pour des prévisions de qualité est particulièrement forte, ce qui représente un challenge pour les chercheurs en météorologie et en climatologie, des domaines où les questions à élucider sont encore de nombreuses. Comment saisir le comportement de ce nuage qui donne de fortes chutes de grêle ou de celui-ci qui pourrait donner naissance à une tornade ? Comment savoir si les orages qui sont prévus engendreront des inondations catastrophiques ? Comment améliorer les modèles de prévision ? Quelles seront demain les conséquences du changement climatique sur mon village, sur ma région ?
Le chercheur en météorologie, comme dans beaucoup d’autres domaines, doit tout d’abord prendre connaissance des publications scientifiques pertinentes et faire un état des connaissances acquises sur le sujet qu’il souhaite approfondir. Est-ce que la solution recherchée existe dans la littérature ? Est-ce que quelqu’un a déjà rencontré et discuté ou résolu mon problème ?
Reste ensuite à déterminer les lacunes, les absences d’explications, les hypothèses incertaines et à trouver le moyen d’apporter des explications adaptées. Trois solutions s’offrent alors généralement au chercheur en météorologie :
- aller observer le phénomène étudié directement dans l’atmosphère avec une instrumentation performante (radiosondes, radars, lidars, capteurs embarqués sur avions instrumentés ou sur satellite, …) ;
- réaliser une simulation physique de ce phénomène, par exemple à l’aide d’une veine hydraulique dans laquelle les écoulements liquides sont supposés reproduire les écoulements de l’atmosphère ;
- réaliser une simulation numérique dans laquelle les évolutions et le comportement de l’atmosphère sont calculés avec un superordinateur en utilisant les équations mathématiques de la dynamique et de la physique.
Les périodes de préparation et d’exécution des expériences sont extrêmement palpitantes et animées. Lorsqu’elle est onéreuse et demande des moyens importants, leur réalisation nécessite la recherche de financements et de partenaires scientifiques prêts à coopérer. Elle est alors souvent de courte durée et dépasse rarement quelques semaines.
Ensuite vient la période d’analyse des données, généralement beaucoup plus longue et plus fastidieuse. Période souvent délicate, qui nécessite rigueur et patience sans pour autant exclure imagination, audace et originalité.
Une fois les résultats (attendus ou inattendus) obtenus, il faut rédiger, présenter les travaux à la communauté à travers des conférences et une publication dans une revue scientifique sérieuse afin d’assurer leur prise en compte par les autres chercheurs. La mode n’est plus aux professeurs Nimbus, aux chercheurs isolés qui mijotent des produits magiques seuls dans leurs coins. Le chercheur moderne fait partie d’une immense communauté où chacun, même s’il n’a pas les capacités d’un Einstein, peut apporter une petite pierre à l’édifice commun. La publication permet d’ouvrir la discussion sur les résultats, de les approfondir ou de les valider, de les faire reconnaître pour favoriser leur utilisation et faire avancer la connaissance.