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Silvia Bencivelli

Principales découvertes :

Journaliste scientifique

Dédicace

« La science n'est qu'un raffinement de la pensée quotidienne ».  Si c’est Einstein qui le dit, on peut y croire. Car la science, dans notre monde occidental et démocratique (même si avec quelques difficultés dans mon pays), n’est pas seulement un instrument de compréhension du monde fait d’atomes, de cellules et de microchips. C’est un outil pour l’accomplissement de la citoyenneté. Elle sert à comprendre et à participer à la vie de notre communauté : à être vraiment libres dans nos choix et à ne pas subir les décisions des autres ou des superstitions. La science est partout, le matin, lorsqu’on lit dans le journal du dernier cas de mauvaise gestion de déchets, lorsqu’on écoute à la radio les débats sur l’énergie ou sur le disfonctionnement de la santé publique. Chaque jour, lorsque le pédiatre nous propose le vaccin pour notre enfant, lorsque nous achetons une voiture neuve, faisons les courses ou organisons un week-end à la campagne, la science est là et, de façon plus ou moins consciente, nous la manipulons tous.

C’est pour cela, que la tâche des vulgarisateurs, comme moi ou les collègues de Futura-Sciences, est subtile et délicate : il ne s’agit pas seulement de traduire des questions difficiles en des termes simples. Il s’agit de permettre le dialogue et la confrontation.

Il ne s’agit pas de « soigner » un public, homogène et ignorant, par des administrations ciblées de pilules de science, pour qu’il soit plus favorable aux avancées de la recherche. En réalité, il y a beaucoup d’autres facteurs qui entrent en jeu quand on touche à la vie privé et sociale. Aujourd’hui, si on est Italien, il ne faut pas être des génies, pour le comprendre assez rapidement. Mais, Italiens ou pas, Futura-Science s est un excellent moyen de remettre les idées en place, de se rappeler qui on est, où l’on vit, et de remettre son cerveau en activité.

Une journée type

Réveil à 7h30, vite débout : douche, petit-déjeuner, métro. I-pod dans les oreilles : la radio, jusqu’à quand cela capte, et puis musique, musique, musique : musique au hasard, musique de tous les genres, en espérant que les autres voyageurs ne comprennent pas ce que je suis en train d’écouter.

Je traverse Rome, le trafic, le soleil et les foules de touristes égarés. J’arrive à la rédaction de Radio3 (la radio nationale italienne) : une petite pièce à partager avec deux ou trois autres collègues, deux vieux ordinateurs, quatre téléphones et une pile infinie de journaux. Nous révisons l’émission du jour, décidons l’info du jour, appelons les invités, imprimons la grille. Nous descendons à la régie. Tout est prêt : on commence la directe. Quarante minutes plus tard, la directe est terminée, relax. Mais pas tout à fait. C’est le temps des mille corvées du journaliste radiophonique, entre réunions, discussions et des centaines d’appel téléphoniques. On décide les nouveaux sujets et on commence à chercher les invités. Entre-temps, aux moments perdus, lors de la pause déjeuner et en fin d’après-midi, quand les occupations de la radio peuvent se considérer vraiment terminées, voilà mes autres âmes.

Je révise une traduction, j’écris une actu et la mets en ligne, j’envoie un communiqué de presse, je discute avec un éditeur, j’achète les billets de train pour aller à un festival de science ou une conférence, je feuillète les magazines scientifiques à la recherche de sujets pour un journal en attente. A la fin de la journée, j’ai travaillé pour six clients différents, je ne sais même plus lesquels. Mais il faut encore penser à mes projets de livres, mes prochains grands travaux. Ma créativité bouillonne et j’ai la sensation de faire le plus beau métier du monde…