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Michel Puech

Principales découvertes :

Philosophe de la Technologie

Dédicace

Bravo à Futura-Sciences qui utilise la meilleure de nos technologies (le Web) pour faire le plus important : donner accès à la culture générale scientifique sans laquelle l’Homo technologicus d’aujourd’hui ne peut pas être un Homo sapiens !

Michel Puech - Février 2008

Une journée type

Le métier de chercheur en sciences humaines exige qu’on s’encadre soi-même : pas de patron, pas de bureau, pas de matériel, pas d’équipes (elles n’existent que sur le papier), pas vraiment d’échéances. On se sent capable du meilleur comme du pire. J’encadre mes journées de la manière suivante.

Commencer de bonne heure, car j’ai constaté que je suis de moins en moins intelligent au fur et à mesure que la journée avance.

Allumer mon ordinateur, un PC ultra-portable qui ne me quitte jamais. C’est mon agenda, mon outil de communication (e-mail) et de documentation (Web), mon « prompteur » pour parler en public, il contient toutes mes fiches de lecture, notes, cours, etc., depuis 1987. Ce lien avec un outil électronique est d’ailleurs au centre de mes thèmes de réflexion.

Lecture de journaux en ligne, français et étrangers, avec capture et classement des articles pertinents pour mes sujets d’intérêt.

Lecture et traitement des e-mails. J’applique un principe d’économie de temps : toute la journée, je lis les mails lorsqu’ils arrivent, et une fois lus je réponds immédiatement, pour ne pas avoir à relire et réfléchir à nouveau si je répondais plus tard. Ou je décide de ne pas répondre.

Ensuite il y a deux types de journée :

-- Type 1 : travail à la maison. Lire, écrire, pour préparer des cours ou des publications. Pour ne pas travailler mal et au dernier moment, j’applique une programmation précise de mon temps de travail : je sais à quoi va être consacrée chaque demi-journée longtemps à l’avance. Avantage du métier : on est bien chez soi, avec sa machine à café, sa hifi, son canapé...

-- Type 2 : journée à l’extérieur, dont il y a deux espèces :

a)  Journée enseignement. C’est un moment où j’apprends des choses essentielles, où je teste et valide mes hypothèses. Car on lit dans les yeux de ses auditeurs leur intérêt ou leur désintérêt, leur compréhension, parfois leur enthousiasme, parfois aussi leur agacement. J’ai besoin de ce carburant, je ne pourrais pas être un « pur chercheur » (sans enseignement).
b) Journée bibliothèque : l’essentiel du travail pour un philosophe, y compris un philosophe de la modernité, en tout cas selon moi ; j’applique le principe « books, not looks » : chercher à connaître les livres et les idées qui sont dedans — pas à quoi ressemblent « les gens qu’il faut connaître » quand on travaille dans un domaine. Le sentiment de rester un étudiant qui étudie, dans l’anonymat de la bibliothèque, doit maintenir la juvénilité cérébrale, et ralentir le moment où on devient un maître qui pontifie.

Le soir, sport, pour réinitialiser l’esprit.

Bilan : aucun patron ne pourrait m’imposer ce que mon surmoi m’impose tous les jours !