Retrouvez-nous sur Google+
    Impression de la page Envoyer à un ami Participer au forum Ajouter aux favoris
     
     
  • Biographies
  • Citations
  • Dédicace
  • Dossiers
  • Livres
  • Métier

Jean Guffroy

(1949 - ...)

Principales découvertes :

Archéologue

Dédicace

La transmission des savoirs, et le développement parallèle des capacités d'innovation, sont des éléments cruciaux pour répondre aux défis présents et futurs. Ils nécessitent une bonne diffusion des données scientifiques, mais également la compréhension des métiers et des cheminements qui les produisent.

La mise en ligne d'informations et l'illustration de la diversité des approches et des parcours, qui fondent la démarche de Futura Sciences, constituent sans aucun doute un apport important à la diffusion des connaissances, et un effort qui mérite d'être soutenu et encouragé.

Une journée type

Le métier d'archéologue partage, avec certains autres domaines scientifiques, le privilège d'être constitué d'aux moins deux quotidiens, composés d'activités et de dynamiques diverses : celui du laboratoire et de l'écran informatique, plutôt statique, et celui du terrain, souvent terriblement agité. Le passage d'un état à l'un à l'autre s'opérant plus ou moins fréquemment, suivant les situations, et plus ou moins facilement, suivant l'âge …, mais toujours avec beaucoup de plaisir.

L'archéologie en région tropicale, que je pratique depuis 30 ans, présente un certain nombre de spécificités, qui tiennent tant à la diversité des paysages et des climats, qu'aux cultures, dont il convient de s'imprégner au quotidien dans les relations avec les populations locales, les autorités administratives et le monde académique. Ayant eu la chance de travailler dans trois pays latino-américains à l'archéologie prestigieuse : le Pérou, l'Equateur et le Mexique, je peux témoigner avoir rencontré un accueil globalement chaleureux tant des populations, souvent plutôt ébahies devant nos pratiques et collectes bizarres, que des milieux scientifiques et estudiantins, généralement ouverts aux collaborations.

Mais la connaissance est difficile à obtenir, plus faite d'interrogations que de savoirs, et donc souvent difficile et lente à diffuser, même si, indéniablement l'apparition de l'internet a considérablement changé la donne de la vulgarisation scientifique, en positif (accès plus facile à tous) et négatif (moindre sélection de la valeur de l'information). Pour être retourné plusieurs fois sur mes propres traces, d'assez nombreuses années après un premier séjour, j'ai pu y mesurer la trop fine empreinte qui en persistait et l'importance d'approfondir les sillons. La formation d'étudiants nationaux est un élément important de cet ensemencement.

De longs travaux de prospection précédent généralement le choix des lieux qui seront l'objet de fouilles plus approfondies. Ce relevé systématique des traces d'activités humaines permet également la reconstitution des systèmes d'adaptation aux conditions environnementales et de la distribution des activités sociales. La fouille d'un site archéologique est une activité d'assez forte intensité physique et intellectuelle. Elle revêt un aspect de découverte, de mise au jour, voir de renaissance, mais aussi de destruction, les vestiges collectés quittant définitivement le contexte de leur enfouissement, pour de profonds casiers. Elle demande à la fois : minutie, dans l'enregistrement de la nature et de la localisation des vestiges mis au jour ; énergie, dans le dégagement parfois laborieux des niveaux archéologiques ; et souvent résistance, aux conditions de survie quelques peu sommaires.

Face à ce lent effort de découverte, d'analyse et d'éducation, l'archéologie des pays du sud souffre d'une disparition rapide des vestiges. Les situations économiques et culturelles, l'aménagement et l'urbanisation de secteurs importants des territoires, mais aussi l'appel d'offre des collectionneurs internationaux d'antiquités, font peser une menace de destruction massive sur le passé archéologique de la planète. D'autres travers sont liés à l'exploitation touristique intensive de certains sites, qui a souvent limité leur analyse scientifique, ainsi qu'à une dérive médiatique, plus avide de sensationnel que d'analyses savantes.

Au retour des terrains, il faut également rappeler les difficultés que connaissent, depuis de longues années, les recherches en sciences humaines dans nos pays du nord. Malgré l'importance des questions scientifiques pouvant être traités dans la perspective du temps long (conditions du développement durable des territoires, impacts des changements climatiques, persistance des influences culturelles …), les recherches en archéologie tropicale restent difficiles à financer et souffrent d'un déficit chronique de recrutement de jeunes chercheurs.