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Nunzio Lanotte

Principales découvertes :

Ingénieur : technologies appliquées au sport

Dédicace

Aux lecteurs de Futura-Sciences, un site qui fait beaucoup pour susciter chez les jeunes un intérêt pour les matières scientifiques et technologiques.

Il est très important que chercheurs et ingénieurs ne restent pas enfermés dans leur tour d'ivoire, et que le public comprenne que derrière les exploits de la science et de la technique, il y a surtout la passion d'hommes et de femmes qui dédient leur vie à leur métier.

Une journée type

La journée type d’un ingénieur du sport

L’essentiel du travail d’un ingénieur du sport consiste naturellement à concevoir et construire des dispositifs technologiques : des machines, des instruments de mesure, des logiciels... C’est d’ailleurs la partie la plus intéressante du métier, puisqu’il s’agit de faire passer ses idées du stade d’un simple dessin à celui d’un objet réel. Je commence donc presque toujours ma journée devant mon ordinateur, le nez collé à un dessin mécanique 3D, à un schéma électrique ou à une interface graphique.

Le travail de conception est en général un travail d’équipe. La technologie moderne a atteint un tel degré de complexité qu’une seule personne peut difficilement réunir toutes les compétences et les capacités manuelles nécessaires à la construction d’un dispositif. Dès le matin, le téléphone, les mails, les vidéoconférences me permettent de rester en contact avec mes collègues. J’ai la chance de travailler avec la même équipe depuis plusieurs années : quelques mots nous suffisent désormais pour fixer le programme de la journée.

Les clients, les utilisateurs finaux de nos dispositifs, sont aussi constamment présents. J’ai affaire à des gens qui ont des exigences très précises, presque toujours uniques. Un ingénieur qui conçoit une tondeuse à gazon sait que des milliers de personnes utiliseront sa machine, plus ou moins de la même façon. Mais quand votre client est un entraîneur qui prépare son athlète aux Jeux Olympiques, le sur mesure s’impose. Il est impératif de connaître les besoins du sportif et de son coach, leurs méthodes d’entraînement, le type de données qu’ils souhaitent recueillir, les caractéristiques de leur discipline. Un système d’acquisition de données qui pèse deux kilos convient peut-être à un bateau à voile, mais il est hors de question de le suspendre à la ceinture d’un marathonien. Si mon client est un chercheur universitaire, la démarche est encore différente. La plupart du temps, pour produire des résultats scientifiques novateurs, il faut inventer de nouvelles expériences, de nouvelles mesures. Mes dispositifs technologiques doivent répondre à cette demande. Je suis comme un tailleur qui imagine un patron, coupe et bâtit pour chacun un habit à sa taille. Et les essayages sont nombreux !

Vers l’heure du déjeuner, au lieu de me diriger vers une pizzeria ou une tavola calda, j’enfourche ma moto et je vais m’entraîner. En tant qu’ex-pentathlète, j’alterne course, natation et escrime. La pratique sportive fait partie de mon métier. Un sportif de haut niveau ne parle pas, ne pense pas nécessairement comme un ingénieur. Le fait de partager la vie des athlètes, de suivre les résultats sportifs, les nouveautés de la théorie de l’entraînement, les changements de réglementation me permet d’établir une communication plus efficace avec les utilisateurs de mes dispositifs.

Sur le chemin du retour, je m’arrête souvent à l’atelier qui réalise nos composants mécaniques pour vérifier les commandes en cours. Lorsque toutes les pièces sont prêtes vient le moment du montage, qui peut durer plusieurs jours dans le cas d’une machine particulièrement complexe. Un jour, on met sous tension, on connecte le câble USB à l’ordinateur, on presse le bouton ON. Si tout va bien, les diodes s’allument, le moteur tourne, les données s’affichent sur l’écran et je pousse un soupir de soulagement. Autrement, il faut passer en revue une à une les éventuelles pierres d’achoppement. L’expert, selon Niels Bohr, est celui qui a commis toutes les erreurs.

Le soir, si ma famille m’en laisse l’occasion, j’essaye de communiquer les résultats de nos travaux, tant pour des raisons commerciales que scientifiques : j’écris des articles, je prépare des cours ou des séminaires, je mets à jour notre site web. Et parfois, les mauvais jours, je fais de la comptabilité.