La science ne se cantonne pas au travail de laboratoire ! Notre planète est un milieu dynamique, où tout évolue constamment. Les organismes vivants interagissent et rétroagissent avec le milieu physique. Tout évolue sans cesse…
En l’espace de quelques décennies, l’action de l’homme a modifié et même parfois rompu les équilibres qui régnaient sur notre planète depuis des siècles, voire davantage. Pour mieux les appréhender, les scientifiques doivent absolument quitter leur laboratoire pour aller sur le terrain afin d’y récolter les données qui leur permettront de mieux comprendre les processus qui régissent ces équilibres et qui les ont perturbés.
Observations, collectes de données et d’échantillons sur le terrain, mesures en laboratoire et in situ, interprétation, modélisation, publication, … Tels sont les maîtres-mots qui régissent le quotidien du chercheur en sciences de l’environnement. Ces dernières années, certains mots-clef sont venus s’y ajouter (rédaction de projets, comptabilité, communication,…) La polyvalence et l’interdisciplinarité sont de mise pour relever les défis environnementaux immenses auxquels la société sera confrontée au cours du XXIème siècle ! Il est également primordial que les résultats des recherches menées soient diffusés tant auprès de la communauté scientifique que des citoyens : ils ne doivent pas dormir dans les tiroirs ou les disques durs des chercheurs !
Pour que les connaissances nouvellement acquises puissent être diffusées de manière claire et efficace auprès de l’ensemble de la société civile, il est indispensable de créer des ponts entre la communauté scientifique et les citoyens. C’est ce que fait Futura-Sciences au travers de son site internet. Cette initiative est à encourager, car elle permet d’améliorer ce transfert de connaissances et, pourquoi pas, de susciter de nouvelles vocations, tant chez les jeunes que chez les moins jeunes ! Merci à Futura-Sciences pour cet engagement qui contribuera, d’une façon ou d’une autre, à la préservation de l’environnement de la planète Terre, qui en a bien besoin au début d’un XXIème siècle qui sera émaillé de nombreux défis pour ses habitants!
Mes travaux de recherche portent sur la quantification et la compréhension des transferts de sédiments et de polluants dans les bassins versants et les rivières. En effet, les activités humaines génèrent toute une série de substances (polluants organiques, chimiques ou encore radioactifs) qui sont déversées dans les eaux, sur les sols ou qui sont émises dans l’atmosphère. Parmi celles-ci, on en trouve beaucoup qui présentent une forte affinité pour les particules de sol ou de sédiments. Bien souvent, dès que ces polluants ont trouvé une particule, ils ne la lâchent plus et la suivent lors de son transfert, depuis les zones amont d’un bassin versant (les montagnes, les champs, les sols forestiers,…) jusqu’aux rivières et, in fine, à l’océan.

En utilisant la signature chimique des particules (qui dépend par exemple de la géologie de la zone dont elles proviennent) et des marqueurs radioactifs naturels ou artificiels, mon travail consiste à quantifier les sources de particules (et, le cas échéant, les sources de polluants) et à chronométrer leur temps de transfert depuis les zones amont jusqu’aux rivières, puis la durée de leur parcours au sein du réseau hydrographique.

Ce métier passionnant se réalise à travers une succession d’étapes, depuis l’échantillonnage des sources et des sédiments (contaminés ou non) sur le terrain, jusqu’à l’interprétation et à la modélisation des résultats, en passant par les mesures en laboratoire (de géochimie et de radioactivité environnementale, notamment).
Voici quelques exemples de projets en cours actuellement :
* compréhension des transferts des contaminants organiques dans le bassin de la Seine, à l’amont de Paris ;


* étude de la dispersion des sédiments radioactifs par les rivières drainant le panache de contamination de la Préfecture de Fukushima, au Japon.