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Yann Arthus-Bertrand

(1946 - ...)

Principales découvertes :

Photographe

Dédicace

"Les découvertes de la science sont à la fois source de connaissances, de compréhension du monde et d'émerveillement fabuleux et elles permettent de guider nos choix."

Merci à toute l'équipe de Futura-Sciences de nous faire partager cela. De nous alerter, de nous faire rêver, de nous permettre de transmettre ou simplement de piquer notre curiosité.

Yann Arthus-Bertrand
Novembre 2004

Une journée type

La photographie aérienne est l'une des plus compliquée à réaliser car bien des facteurs doivent être réunis pour obtenir la bonne image…

La préparation du reportage et le choix du lieu

1. Le choix des pays repose sur plusieurs critères, même si l'ambition de l'équipe est d'aller partout.
- Il y a les sites indispensables : Tchernobyl pour illustrer un désastre nucléaire ou l'Antarctique pour évoquer les réserves mondiales d'eau potable… Les endroits essentiels à photographier pour les messages qu'ils véhiculent.
- Les pays où l'on est invité et dont le survol est facilité de ce fait.
- Quand le pays est sélectionné, l'équipe prend contact avec les scientifiques sur place, achète des guides touristiques, des cartes aériennes, recense les relations sur place et décide des lieux intéressants à photographier.

2. Il faut ensuite obtenir une autorisation de vol. Or, toujours réglementée, la photo aérienne est, dans bien des pays, interdite et assimilée à de l'espionnage.
Après de nombreuses négociations avec les services administratifs concernés (l'armée le plus souvent), un dossier est monté. Cela prend plusieurs mois pour survoler Paris par exemple, pour la Chine, voilà 4 ans que l'équipe essaie d'avoir l'accord des autorités…
Il est souvent convenu d'embarquer en vol un militaire, et les films seront longuement visés avant d'être restitués.

3. Il faut également trouver un appareil pour voler. Pour l'Europe, l'équipe dispose aujourd'hui de son propre hélicoptère. Mais dans certains pays, il n'y a pas du tout d'hélicoptère ou d'avion à ailes hautes. Il faut en faire amener un sur place ou, à l'occasion, opter pour l'ULM ou le parachute ascensionnel, ce que l'on trouve en somme, faute de matériel plus adéquat.

Par ailleurs, les reportages aériens sont souvent couplés avec un travail de portrait, ou plus récemment de reportage vidéo. Cette approche permet, d'une part, d'utiliser au mieux le temps, l'argent et l'énergie investis par l'équipe et, d'autre part d'aller à la rencontre des gens, ce que la photo aérienne par nature, ne permet que dans une faible mesure.

4. De bonnes conditions météorologiques sont en outre déterminantes. Plus on photographie de loin, plus le temps doit être clair. On peut ainsi attendre plusieurs jours l'éclaircie qui permettra de réaliser les prises de vue.

5. Enfin, il faut réunir les fonds qui permettent de réaliser ces photos aériennes. Une heure d'hélicoptère coûte cher et la recherche de partenaires institutionnels ou privés, qui se passionnent pour le travail de l'équipe et financent le projet, demeure nécessaire. Les droits d'auteur touchés par Y.A.B. offrent néanmoins aujourd'hui plus de libertés à l'équipe.

Le travail en vol

Les photos de « La Terre vue du ciel » sont prises entre 2000 m et 20 m, une proximité que permet l'hélicoptère et qui tranche avec les photos aériennes réalisées par le passé depuis un avion. De plus, l'hélicoptère permet une finesse d'approche sans équivalent.

Pouvoir s'appuyer sur un bon pilote, familier de la localité en question si possible, est indispensable. C'est lui qui vous emmène au bon endroit, vous fait découvrir parfois un point de vue remarquable. Lui aussi qui vous positione précisément au-dessus de votre objectif. Son rôle de médiateur entre le photographe et son sujet est essentiel.

À bord de l'hélicoptère, l'assistant a également un rôle clé. C'est à lui qu'appartient de tenir le carnet de vol où figurent toutes les coordonnées GPS des lieux photographiés (ses coordonnées géographiques précises) afin qu'en revenant dans quelques années, un scientifique ou un autre photographe puisse en constater l'évolution. Il doit aussi s'occuper des 8 boîtiers équipés de différents objectifs et les tendre à bon escient à Y.A.B., installé à la porte de l'hélicoptère.

C'est aussi lui qui se retrouvera quelquefois déposé au milieu de nulle part, vêtu d'un anorak rouge, pour donner l'échelle humaine à des clichés parfois à la limite de l'abstraction, tant la photo aérienne ressemble parfois à la photo au microscope.

Le traitement des photos

De retour sur la terre ferme, il reste encore beaucoup à faire avant que les photos rejoignent le fond documentaire. Après la mise sous planches, Il faut refaire tout le plan de vol pour que chaque photo soit clairement indentifiée par ses coordonnées GPS… mais aussi par un descriptif plus parlant du lieu, noté sur le carnet de vol, et repéré très précisément sur les cartes. Puis il faut les classer, les sélectionner, les numériser, et enfin, les archiver. Aujourd'hui, cette banque d'image compte quelques 300 000 vues issues de plus d'une centaine de pays.

La rédaction des légendes

Photos et légendes sont indissociables. Qu'il s'agisse d'une exposition, d'un cahier d'écolier ou même d'un puzzle, l'équipe veille à ce qu'aucune utilisation des photos de La Terre vue du ciel ne soit faite sans la légende qui lui donne son sens.

Actuellement, toutes les légendes sont rédigées et régulièrement actualisées par Isabelle DELANNOY, ingénieur agronome spécialisée dans les problématiques de développement durable. Elle est parfois secondée, en période de travail accru (sortie de livre, exposition…) par une équipe de journalistes spécialisés externes.

D'autre part, de plus en plus souvent dans les livres de Y.A.B., des textes sur le développement durable viennent compléter les légendes. Rédigés par des spécialistes de stature internationale, ces textes permettent de sensibiliser plus en profondeur le grand public à des enjeux qui n'ont pas toujours la visibilité qu'ils méritent.