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Alain Gioda

(1955 - ...)

Principales découvertes :

Historien du climat

Dédicace

« Comme s'il restait ici des livres en dehors des miens !» mis dans la bouche de José de Francia, président-dictateur du Paraguay, par Augusto Roa Bastos, une phrase à méditer alors que le travail historique à partir de l'écriture montre, à l'inverse, qu' « il y a des morts plus vivants que les vivants » (d'après le poète portugais Pessoa).

A Futura-Sciences, un portail de qualité que j'avais déjà remarqué à la fin de 2004… bien avant que ses animateurs ne notent mes travaux qu'au début 2006 ! Futura-Sciences : son originale et belle histoire typiquement « bottom up » c'est-à-dire née d'une idée d'un étudiant et pourtant, dès ses débuts, un site à l'aspect et au contenu professionnels.

Une journée type

Mon métier, chemin faisant vers l'histoire du climat

C'est une spécialisation que j'ai acquise en autodidacte avec la complicité de nombreux Collègues. En fait, plus précisément, c'est un domaine qui correspond à un triangle dont un premier côté serait les sciences de l'eau, le second, l'histoire et le dernier, l'écologie. Il fait donc la part belle aux techniques traditionnelles respectueuses du développement durable et j'ai essayé aussi de valoriser en coopération le travail de mes partenaires du Tiers Monde qui reste encore sous-évalué.

Vous avez vu dans ma biographie que j'ai souvent changé de maisons et de continents et que j'essaie toujours de nouvelles directions, d'aller ailleurs jusqu'aux bouts du monde et donc d'avoir l'esprit ouvert même si, au fil du temps, je me suis quelque peu spécialisé en résolution d'énigmes scientifiques et, en montant des équipes à géométrie variable, autour de problèmes bien identifiés.

Toujours, je crois que j'ai aimé l'aventure scientifique dès tout petit car je l'ai vite côtoyée par mes nombreuses visites avec ma mère au Musée Océanographique et au Jardin Exotique de Monaco (comme les courses du Grand Prix et le casino !) et au bien plus modeste Musée Barla de Nice avec ses fossiles, oiseaux naturalisés et bocaux où baignaient dans le formol des animaux fabuleux.

Les voyages ont aussi toujours scandé ma vie avec un père toujours sur les trains, ma mère à droite et à gauche y compris à l'étranger avec ses équipes de basket de Nice et Monaco, un oncle en Indochine puis en Algérie, les lectures des écrivains cosmopolites tel Somerset Maugham et la rencontre quotidienne d'étrangers sur la Côte d'Azur.

Puis, à peine adolescent, je chassais les papillons autour de notre maison de famille dans les Alpes du Mont Viso, du côté du Piémont, avant de rejoindre l'Association des Naturalistes des Alpes-Maritimes qui m'initia la découverte de localités éloignées à la recherche d'espèces rares. C'était le temps de l'insouciance car presque tous ces insectes sont aujourd'hui en voie de disparition et les collectionneurs en ont rayé bien de la carte. Dans mon cas, j'ai surtout marché sous des soleils de plomb. Ensuite, entre 17 et 21 ans, ce fut le temps de la moto verte avec une petite machine de trial, toujours par monts et par vaux dans les causses (les « baous ») des Préalpes et là aussi un plaisir obsolète car plus du tout à la mode chez les écologistes.

Tant est si bien que je pris la direction d'études en géographie achevées entre 1976 et 1980 à Turin avec l'histoire des crues en Italie du Nord depuis 1801, en espérant décrocher un travail de terrain au contact de la Nature et d'aller au loin et outre-mer. Trente ans plus tard, ma tâche peut se résumer à reconstruire un casse-tête à savoir rebâtir une part de l'histoire du climat sud-américain à partir des documents primaires c'est-à-dire ceux écrits sur place par les personnes ayant vécu des aléas climatiques qu'il décrivent tout en demeurant ou ayant demeuré longuement aux Amériques.

Dans l'UMR Hydrosciences dans laquelle j'évolue à Montpellier j'étudie l'histoire du climat sud-américaine, étant l'animateur, avec une Collegue argentine, de ce pôle dans le projet de l'IBGP (International Geosphere-Biosphere Programme) appelé LOTRED-PAGES (PAst Global ChangES). Aussi vais-je depuis 1995 au bout du monde recherchant les archives des plus hautes cités et des paroisses andines et celles des déserts bolivien et péruvien.

www.hydrosciences.fr
http://www.igbp.kva.se/
http://www.pages-igbp.org/workinggroups/lotred-sa/people-projects

Toutefois, entre 1976 et 1986 avant d'en arriver là, j'ai fait du terrain, beaucoup de terrain : mesures hydrologiques lors des crues alpines et lors d'un cyclone en Nouvelle-Calédonie, études préliminaires des ressources en eau pour des barrages hydro-électriques, hydrologie urbaine dans les égouts à ciel ouvert d'Abidjan, campagne de simulations de pluie en savane et au Sahel, traçage au colorant des cours d'eau de la forêt équatoriale dans le cadre de la lutte contre l'onchocercose (une maladie tropicale)… jusqu'à tomber malade au Sénégal en 1986. Ce temps de repos obligatoire a fait que j'ai pu réfléchir à ce que je voulais faire à la reprise du travail. J'ai certes achevé les études entreprises mais, pour l'orientation des nouvelles, j'ai été réceptif aux demandes de collaboration des scientifiques du Sud qui sont, à l'IRD, nos partenaires. Et leur histoire et donc la réappropriation de leur passé technologique, sa restauration et la valorisation de leur savoir-faire sont des choses essentielles à leurs yeux face au rouleau de la modernisation et de l'uniformité.