Dans ce dossier j'essaie d'expliquer à quoi sert une philosophie de la technologie - en abordant quelques-unes des questions où cette approche renouvelle la manière de réfléchir (le besoin de repères et de valeurs, la relation avec la science, l'appropriation personnelle des artefacts, la bioéthique, la technologie comme environnement...).
La philosophie hérite d’une longue tradition, et elle prétend que cela la rend capable de s’appliquer aux problèmes présents avec plus de recul, c’est-à-dire de largeur de vue… Si elle voit les choses de trop loin ou de trop haut, c’est vrai, elle ne voit pas bien. Mais on peut faire autrement.
J’essaie de défendre l’idée d’une philosophie de la technologie qui concilie la largeur de vue (l’ouverture du champ), la résolution optique (analyser des objets et situations bien définis) et la « mise au point » sur une juste distance critique : ni technophile, ni technophobe.

Le résultat de cette approche, à mon avis, c’est de faire apparaître de vrais problèmes qui ne sont pas technologiques, qui sont humains, et qui ne rentrent pas dans les cadres existants de nos théories de la science de l’éthique, de la politique. Nous avons la chance de vivre une époque où il y a de la philosophie à créer !
Ce dossier est réalisé à partir d'extraits légèrement adaptés du livre de Michel Puech, "Homo sapiens technologicus". Philosophie de la technologie contemporaine, philosophie de la sagesse contemporaine, Paris, Le Pommier, 2008
En 1978, l’un des pionniers de la philosophie de la technologie contemporaine en précisait les questions : « Ceux qui reconnaissent la légitimité de ce mouvement acceptent les idées suivantes :
1) il existe des problèmes urgents, liés à la technologie et à notre culture technologique, qui demandent une clarification philosophique ;
2) une grande partie de ce qui a été écrit jusqu’ici sur ces questions est inadéquat – ce qui rend d’autant plus importante l’implication de philosophes sérieux. » (Paul T. Durbin, « Introduction to the Series », Research in Philosophy and Technology, tome 1, 1978, p. 3).
Il faut bien comprendre où se situe le besoin : la technologie n’a aucun besoin de la philosophie pour vivre, mais il se pourrait que nous ayons besoin d’une philosophie de la technologie pour vivre dans le monde de la technologie.
Le manque de repères est évident : nous manquons de définitions, d’études de cas, d’analyse des notions de base. Le manque de normes ne l’est pas moins : en l’absence de consensus moral, dans notre société libérale technologique, aucune base commune de valeurs n’est disponible pour statuer sur la technologie et nous sommes toujours à la recherche de ce que serait une société technologique démocratique et pas seulement libérale.

Pourtant, de nombreux engagements occupent le devant de la scène, des engagements technophobes souvent médiatiques, des engagements technophiles plus discrets et implicites, mais qui représentent les choix les plus structurants de nos sociétés. Dans les questions d’éthique médicale, par exemple, le manque d’une philosophie de la technologie se fait sentir. On aggrave alors ce manque philosophique en faisant appel aux « experts » et à leurs « comités » : faute de « sages », Homo sapiens technologicus a ses « experts ». Nous serions trop chanceux s’il existait des « experts » dans un domaine où nous ne savons à peu près rien. L’absurdité, pourtant, a ses raisons : n’osant pas parler de sagesse ni reconnaître la radicalité de la remise en cause qu’elle nous imposerait, nous considérons l’évaluation de la technologie comme une question… elle-même technologique.
La radicalité de la question sur la technologie en fait une question de philosophie première. Cette question est subversive parce qu’elle remet en cause notre mode d’être et de penser. En fin de chaîne, dans l’évaluation des technologies, nous oscillons d’un extrême à l’autre (l’Internet en sauveur de l’humanité, les OGM en destructeurs de l’humanité… ou le contraire), parce que, en début de chaîne, dans l’appréhension de la réalité technologique, nous ne connaissons pas ou ne voulons pas remettre en question notre mode d’être et de penser. Ou, pire encore, nous ne savons pas l’analyser, nous ne savons pas voir le contemporain.
Le contemporain est radicalement nouveau, d’une manière inattendue : il n’est pas nouveau comme nous nous y attendions, et c’est pour cela qu’il est radicalement nouveau. Apprenons à voir cet inattendu pour comprendre la vraie nouveauté. Elle se concentre autour de ce point : dans le monde du confort et de la démocratie, les petites choses de la quotidienneté sont devenues une grande question. Ce qui signifie en particulier ceci : nous ne vivons plus dans le monde où ont été pensées nos références philosophiques fondamentales. « Connaissance », « liberté », « valeur », « décision », « projet » ont aujourd’hui changé de signification.
La question sur la technologie relève de la réflexion philosophique, parce qu’elle remet en cause nos modèles de pensée, elle est recherche d’une sagesse qui ne saurait être une synthèse des faits ni un mode d’emploi conseillé des technologies.
Il faut partir de l’idée que la caractéristique de notre temps n’est pas la science, mais la technologie.
La science était la caractéristique de la civilisation moderne, qui mettait les efforts de représentation mathématisée du monde au service d’une valeur bien identifiée, le progrès, entendu d’abord comme progrès de la connaissance.
La technologie, elle, caractérise aujourd’hui une civilisation postmoderne ou postindustrielle, dont les efforts et les valeurs sont dispersés, peut-être divergents, même s’il s’en dégage une logique – celle du confort – dont il n’est même pas sûr que nous voulions faire une valeur.
Il faut mettre au point la relation entre la science et la technique/ technologie, ainsi que l’éventuelle différence de signification entre les termes « technique » et « technologie ».
Question : entre technique et technologie, existe-t- il une différence philosophiquement pertinente ? L’essentiel de la philosophie de la technologie s’écrivant maintenant en anglais, l’usage du mot « technologie » (technology) tend à se répandre. L’anglais n’utilise presque pas le terme « technique », qui existe pourtant, avec un sens assez étroit, mais intéressant : « technique » d’un artiste (peintre, pianiste…), ou savoir-faire directement corporel en général (danseur, gymnaste…).

D’où l’hypothèse, simple mais puissante : « technique » désignerait des actions directement corporelles, de l’ordre du geste, et « technologie » désignerait directement ou non des objets et donc, par extension, tout ce qui est lié à leur usage, leur production, leur présence dans le monde. C’est le geste qui est technique, c’est l’objet qui est technologique. Technique et technologie ne s’opposent donc en rien, elles se fondent l’une en l’autre, exactement comme le geste et les artefacts humains.
À la barre d’un voilier de haute technologie, malgré tous les systèmes embarqués d’analyse et d’aide à la décision, le barreur reste détenteur d’une technique, c’est-à-dire d’un savoir-faire corporel directement lié à un objet matériel solide et simple. Entre le corps humain et l’artefact le plus complexe existent des liens fonctionnels, à des degrés très différents de sophistication technique. C’est l’unité de cet ensemble qu’il faut comprendre, peu importe où l’on décide de faire passer la ligne de démarcation entre technique et technologie. D’autant plus que la ligne de démarcation entre corps et technique n’est elle-même pas nette : le bras du barreur peut être porteur d’une broche, d’une prothèse en plastique sur une articulation, il peut « voir » l’avant du bateau ou les voiles à travers des écrans vidéo, « sentir » la gîte en gardant les yeux sur un horizon artificiel électronique…
Nous avons à comprendre des ensembles intégrés corps/technique/ technologie.
L’ordinateur personnel s’est adapté à l’homme, alors que la technologie informatique demandait auparavant à l’homme de s’adapter à elle. La puissance de calcul est désormais mise aussi au service de la facilité d’utilisation. La facilité technologique, l’apprentissage naturel et transparent sont devenus indispensables.
Il n’y a pas si longtemps, on livrait de gros manuels avec les logiciels, et mieux valait les lire et les garder sous la main. Aujourd’hui, le logiciel contient lui-même des fonctions de didacticiel, pour les cas, assez rares, où l’utilisateur ressent le besoin d’apprendre ; et, surtout, le logiciel est conçu pour pouvoir être utilisé intuitivement, en s’appuyant sur des symboles graphiques, sur un suivi en temps réel des opérations de l’utilisateur pour lui proposer ce dont il peut avoir besoin dans l’opération en cours, notamment grâce à une symbolique gestuelle (la flèche de la souris est une main qui attrape, fait glisser et dépose dans un dossier, un crayon qui souligne, un doigt qui pointe dans un menu…). Le tout dans une logique souple, où la même chose peut être faite de nombreuses façons différentes (par un menu déroulant cliqué, une action au clavier, un menu contextuel apparaissant tout seul, une macro-commande personnelle…).
Ces savoir-faire spécifiques et leurs symboliques constituent une culture qui s’intègre à l’interface d’Homo sapiens technologicus avec le monde, au même titre que les techniques ancestrales du feu, de la cuisine, de la culture du sol, de la chasse ou de la guerre. Les spécialistes appellent ces paramètres l’« usabilité ».

Dans les entreprises, lorsqu’il était imposé par la direction, l’ordinateur soulevait des résistances. Aujourd’hui, ce sont les employés qui réclament un micro-ordinateur décent et des logiciels de dernière génération pour pouvoir travailler : parce que, entre-temps, sont apparus les usages bureautiques de l’ordinateur, ses usages récréatifs aussi. — Hiver 2001-2002 : policiers et gendarmes en lutte pour de meilleures conditions de travail évoquent comme problèmes prioritaires les gilets pare-balles et les ordinateurs de bureau. On apprend qu’ils achètent sur leurs propres deniers des ordinateurs pour pouvoir travailler (comme… les professeurs). Le temps où les travailleurs faisaient grève contre l’informatisation est terminé : ils font grève pour l’informatisation, et paient de leur poche en attendant. Prophétiser la révolte contre l’horreur du travail informatisé était une erreur, diamétralement contraire au réel.
Le plus important est l’usage des artefacts. Il repose sur une appropriation des technologies qui, comme toutes les choses réellement humaines, ne se décide ni dans les bureaux d’étude, ni dans les séminaires de marketing, ni dans les bureaux des ministères – et ne s’enseigne pas à l’école.
Il ne faut pas croire que le développement technologique émane de hautes sphères scientifiques dont nous « profiterions » lorsqu’un industriel aurait la bonne idée de nous y inviter. Tout au contraire, c’est l’usage que nous faisons effectivement et quotidiennement de nos voitures, de nos ordinateurs, de nos lunettes de soleil qui décide de leur être. Cet usage est traqué par les professionnels du marketing, qui n’en décident jamais rien – ou plutôt qui n’en décideraient jamais rien si nous n’étions toujours déjà consentants, inattentifs, plongés dans le somnambulisme de la consommation. Mais cet état de déréliction des consommateurs n’est qu’une suspension de leur pouvoir de décision, qui s’exerce d’autant plus durement qu’il s’exerce rarement.
Lorsqu’elle cherche à créer des usages ou à faire croire qu’ils existent déjà, la publicité fonctionne de moins en moins bien dans un monde de la technologie parvenant à maturité, un monde dans lequel le dernier gadget « vu à la télé » ne fait plus vraiment recette. La publicité pertinente, de nos jours, s’appuie sur ce qui est déjà notre usage pour nous proposer un artefact qui s’y insère et le facilite : approprié, toujours plus approprié.
On ne peut pas partir de l’idée que la technologie doit « s’insérer » dans « l’environnement », ce serait revenir à l’opposition primaire de la (gentille) nature et des (vilaines) usines. La technologie est notre environnement. La question porte sur la coévolution de la nature, de la technologie et de l’humain. Pour être possible, l’écologie du technologique doit aujourd’hui faire accepter l’idée que la nature, elle aussi, peut changer. Les lignes de côtes, le climat, les espèces vivantes, tout cela n’a jamais cessé de changer, ce changement incessant est le processus même de la vie, l’évolution. Vouloir arrêter l’évolution en fixant la nature telle qu’elle est en un instant donné est un projet parfaitement absurde. Maintenant que nous avons construit nos villes en bord de mer, nous voudrions empêcher la mer d’évoluer, comme elle l’a toujours fait ? Pourquoi pas, à la limite ? Mais ayons au moins la décence d’assumer qu’en voulant figer la nature pour notre propre intérêt, nous défendons nos intérêts. Ne nous drapons pas dans un très hypocrite « droit » de la nature à rester… comme cela nous arrange.

La technologie n’est pas un « Autre absolu » dont il faudrait neutraliser les effets, car elle n’aurait rien à faire dans ce monde dévolu à la nature et à l’humain. Au contraire, la technologie est l’un des termes de l’habitation humaine du monde, au même titre que la nature. Nous devons composer à trois. Le développement durable ne peut pas signifier un « gel des avantages acquis » de l’humanité en se réclamant très hypocritement du « droit » de la nature à rester la même (celle qui nous convient). Ce qui doit « durer », c’est le mixte aujourd’hui fusionnel de l’humain, de la nature et de la technologie.
Le mixte intégrant nature et technologie est un environnement, au sens précis du terme, pour Homo sapiens technologicus. L’être vivant ne vit que dans un échange incessant avec son milieu biologique. Ce dernier, qui demeure indispensable à notre vie biologique, s’est aujourd’hui composé avec un milieu technologique indispensable à notre vie humaine, et qui a pris le relais du milieu technique par lequel Homo sapiens s’insère depuis toujours dans son milieu naturel. Les artefacts technologiques évoluent selon la logique des dynamiques de populations propre à l’écologie et à la théorie de l’évolution.
La justification technoscientifique du médical mérite analyse. L’utopie génétique de la biomédecine actuelle permet de mesurer le degré de futurologie dans nos représentations de la médecine. Souvenons-nous que l’image de la science n’est pas la même chose que la science elle-même et que tout se joue sur la confusion entre le discours de la science (le contenu de la science) et le discours sur la science (le statut de la science). Après la « bulle Internet », idéologique, c’est-à-dire publicitaire et financière, ne serions-nous pas en train de gonfler une « bulle génétique », idéologique, c’est-à-dire publicitaire et financière ? Dans les sciences du vivant, un affrontement de modèles scientifiques, de paradigmes est en cours, entre le modèle généticien et un modèle écologique-darwinien. Le modèle généticien, plus étroitement lié à la science institutionnelle et à l’industrie, mobilise intensément les ressources des flux publicitaires et des moyens bureaucratiques.
La représentation courante de l’intervention biomédicale, la fausse image d’une science génétique totalisante et d’une technique génétique toute-puissante ne constituent en fait que l’une des composantes d’un système de représentations plus vaste qui inclut la totalité des représentations que l’homme se fait de ses moyens d’action sur lui-même. Le devenir prométhéen du biomédical va au-delà de la maladie, au-delà même de la santé, il est devenu un projet qui n’est pas seulement réparateur, mais constructeur – quelles que soient les précautions pour éviter le mot « eugénisme ». Nous sommes passés d’une médecine de pathologies (rétablir la nature) à une médecine de physiologie : améliorer et entretenir la machine, mais aussi améliorer ses performances. Il n’y a pas de savants fous dans des laboratoires secrets, mais des réalités concrètes, proches et quotidiennes : le dopage dans le sport, les psychotropes en médecine et la drogue dans la vie courante.

Ces questions sont malheureusement traitées par la production d’un discours éthique dont l’inconsistance est au cœur de ce qui fait réellement problème, à mon humble avis. Homo sapiens technologicus n’est pas mis en difficulté par ses technologies, mais par l’inconsistance de sa réflexion sur les technologies. Dans les protocoles de recherche sur le sida, ce sont les malades et leurs associations qui ont imposé de nouvelles pratiques cliniques, en bousculant les protocoles bureaucratiques de la recherche officielle et en produisant ce que Andrew Feenberg appelle une « révolte contre les régulations éthiques ». Dans les questions d’euthanasie, ce sont les malades et leurs proches qui imposent des décisions. En génétique, qui peut décider ? Une fois que nous avons fait la connaissance, par exemple, du gène p53 qui bloque la reproduction cellulaire lorsque l’ADN est endommagé et évite la cancérisation, devons-nous essayer de l’implanter chez les humains qui ne l’ont pas ? En rendant obligatoire cette modification génétique, comme le sont certains vaccins ? Devons-nous résister à cet « eugénisme » génétique ?
L’hypocrisie étouffe l’éthique médicale. En matière d’euthanasie, les pratiques effectives sont humaines et soulagent les fins de vie, mais elles le font avec mauvaise conscience. Pourquoi n’assumons-nous pas notre capacité à donner la mort sans souffrance, lorsque ce choix est lui-même assumé par un humain en difficulté et par ceux qui l’aiment ? Atmosphère tout aussi délétère dans le domaine des interruptions volontaires de grossesse et de la recherche sur l’embryon, où l’on attend des « experts » qu’ils distinguent sémantiquement embryon, fœtus, enfant à naître… Semblables aux médecins de Molière, les « éthiciens » font semblant de ne pas voir qu’un gland n’est pas exactement un chêne. Quant aux embryons congelés, sans « projet parental » selon l’expression en usage, je cherche en vain la logique de la position actuelle : on ne peut pas les utiliser pour en extraire des cellules qui seraient utiles pour la thérapeutique ou pour la recherche, mais on peut… les détruire. Pourquoi ce que l’on peut mettre à la poubelle ne peut-il pas être utilisé pour soigner des gens ? Réponse : parce que nous sommes hypocrites et inconsistants. Les idéologies religieuses ne sont pas les seules responsables de cette débâcle éthique. Les philosophes, hélas, contribuent à ce régime de micro-discours, où l’on dit tout et son contraire en croyant éviter les ennuis – et en produisant de la souffrance.
En réalité, cette négativité de la bioéthique vient d’ailleurs, par le mécanisme de la technophobie hypocrite : les problèmes humains trop embarrassants sont transposés en pseudo-problèmes technologiques. La hache est rendue responsable de la décapitation, l’Internet est rendu responsable de la pédophilie. Nous avons des difficultés, et c’est normal, avec la mort, la maladie, la souffrance, les perversions, etc., mais ce n’est pas à cause des technologies qui nous permettent d’agir dans ces domaines que nous avons ces problèmes. Tout au contraire, c’est parce que nous ne savons pas, ne pouvons pas ou ne voulons pas aborder ces problèmes que nous faisons jouer ce rôle de diversion et de bouc émissaire aux technologies médicales.
Réfléchir en philosophe sur la technologie, c’est le plus souvent commencer par repérer ce type de déplacements de problème.
Homo sapiens technologicus : Michel Puech entend clarifier les bases philosophiques de notre manière d’habiter technologiquement le monde. Plus que d’évoluer dans une culture et un environnement technique, nous coévoluons avec les objets techniques. Il aboutit à une critique incisive : nous sommes englués dans des institutions et des idéologies qui nous empêchent de libérer les potentiels de la technologie.

Mais l’essentiel est dans une démarche constructive. Car, souvent, la technologie sert de bouc émissaire pour ne pas poser les vraies questions, que nous ne voulons pas traiter, et qui ne sont pas technologiques.
Le livre aboutit à une théorie des micro-actions de réappropriation de soi dans le monde de l’abondance : la philosophie de la technologie est finalement une sagesse. Ainsi l’homo sapiens technologicus est-il une nouvelle espèce, désormais elle-même en charge de sa destinée.
Philosophe de formation classique, Michel Puech s’est intéressé à la philosophie des sciences et des techniques sous l’angle d’une analyse critique de la modernité. Quelques années en entreprise et un engagement dans la diffusion culturelle (Les Goûters philo) l’ont convaincu que faciliter l’accès de tous à des outils philosophiques de qualité était une tâche prioritaire.
Il enseigne aujourd’hui à l’université de Paris-Sorbonne et à Sciences Po (IEP Paris)
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