Tout savoir sur le cancer : éclairage sur les cancers "féminins" ou "masculins", dont on commence à mesurer les effets bénéfiques des dépistages, mais aussi sur la chimiothérapie et ses effets secondaires. Pour les nouvelles pistes de traitement, les recherches en matière de typage d'expressions moléculaires des cancers, offrent également des perspectives nouvelles sur le plan des diagnostics, des traitements et les avancées de la biologie cellulaire.
Les progrès de la médecine face au cancer peuvent être présentés suivant le vieil adage de “la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide”. Après des décennies de recherche, les efforts entrepris à tous les niveaux – prévention, détection, thérapies – permettent aujourd'hui d'affirmer que, globalement, près d'un cancéreux sur deux est en vie cinq ans après le premier diagnostic qui le concernait.
Force est cependant de reconnaître, en même temps, que les cancérologues font face à un ennemi tenace, responsable de dégâts considérables. Derrière le mécanisme général de la maladie (la multiplication incontrôlée d'un groupe de cellules) se dissimulent de très importantes différences. Il existe plus de 200 types de cancers. Tous possèdent leurs particularités métaboliques, parfois très mal comprises. Certains connaissent des taux de guérison dépassant 90 % (testicules) alors que d'autres s'avèrent encore très meurtriers (poumon, pancréas, ovaires…).

La lutte contre ce mal est nécessairement diversifiée. Les scientifiques s'intéressent donc à tous les aspects de cette famille de pathologies : ses mécanismes fondamentaux, les molécules capables d'influer sur ses différentes étapes, l'accroissement de l'efficacité des gestes chirurgicaux, les conséquences des rayonnements, les traitements hormonaux, etc.
Lorsque l'utérus ou le sein, la prostate ou les testicules, sont atteints, les spécialistes parlent de "cancers liés au genre". Si les mécanismes biologiques entrant en jeu sont semblables à ceux de tous les cancers, ceux-ci partagent cependant, tant chez l'homme que chez la femme, plusieurs spécificités. Notamment leur fréquence – qui en fait un réel problème de santé publique – et l'aspect psychologique de maladies qui blessent au plus intime.

Dépistage du cancer du sein - Image obtenue en tomovélographie (scanner à ultrasons).
© M. Depardieu/Inserm
Reproduction et utilisation interdites
Appelons-les Clara, Brigitte et Lise. Elles ont 32, 48 et 59 ans. Clara s'est étonnée, alors qu'elle allaitait son premier enfant, de l'apparition d'une boule dure dans son sein gauche – elle a songé à sa mère, à l'une de ses tantes, et a très vite compris. Brigitte a découvert cette présence à l'occasion d'une visite de routine chez son gynécologue. Quant à Lise, elle n'en a été qu'à peine surprise, tant elle redoutait l'apparition de ce symptôme à chacune des mammographies de contrôle imposées depuis sa maladie. Clara, Brigitte et Lise, comme quelque 275 000 Européennes chaque année, ont développé un cancer du sein. Leur vie en a été changée. Même déterminée à lutter contre la maladie, comment ne pas être hantée par cette froide et terrible statistique? Avec 88 400 décès annuels, cette sorte de tumeur est la première cause de mortalité des femmes entre 35 et 55 ans en Europe.
Les spécialistes connaissent plus d'une centaine de type de cancers. Ces maladies, d'inégale gravité, suivent un cours très variable, mais ont en commun un même mécanisme: pour des raisons encore mal comprises, une cellule cesse un jour d'obéir aux signaux internes à l'organisme et commence à se diviser de manière incontrôlée. Une tumeur se forme. Des cellules cancéreuses s'en échappent et partent coloniser d'autres régions du corps où elles forment des métastases. Presque tous les organes peuvent être touchés par cette transformation maligne. Lorsque l'utérus, l'ovaire, le sein, la prostate et les testicules sont atteints, on parle de "cancers liés au genre". Si ceux-ci ne sont pas fondamentalement différents des autres cancers, sur le plan des mécanismes biologiques mis en jeu, ils ont en commun trois spécificités.
La première est de poser, par leur fréquence et leur gravité, de véritables problèmes de santé publique. Derrière les cancers des voies respiratoires, ceux du sein et de la prostate sont les troisième et quatrième les plus fréquents en Europe (respectivement 13% et 8,2%) et les quatrième et cinquième les plus graves en terme de mortalité. Plus rares, les tumeurs de l'utérus et des testicules sont aussi moins préoccupantes car elles se soignent plus facilement. Le second lien entre ces types de cancer est qu'ils touchent, de par la nature des organes atteints, à une partie essentielle et intime de notre identité, ce qui fait souvent ressentir la maladie de manière particulièrement douloureuse. Enfin, les mécanismes hormonaux y jouent un rôle important.

Métastase dans l'ovaire, tumeur du sein, cancer invasif du col utérin, gonadoblastome d'un testicule… Autant de maladies liées au genre, qui partagent certains points communs.
© Inserm
Reproduction et utilisation interdites
Pourquoi moi ? Pourquoi est-ce que cela m'arrive à moi, se sont demandées Clara, Brigitte et Lise, comme toutes celles et ceux qui ont un jour été confrontés à la maladie? Alors que le cancer est décrit depuis la plus lointaine Antiquité (on trouve des descriptions de tumeur du sein chez Hippocrate), la question est longtemps restée sans réponse. Pour François Dagognet, philosophe de la médecine, le cancer est en partie une maladie du "dedans", c'est-à-dire liée à notre constitution génétique, et en partie une maladie du "dehors", à savoir en relation avec notre environnement.
En 1977, deux épidémiologistes britanniques travaillant au Centre International de Recherche sur le Cancer de Lyon, John Higginson et Calum Muir, furent les premiers à apporter des éléments de réponse quantitatifs à cette question. Dans une étude restée fameuse, ils montraient que 80% des cancers étaient attribuables à des causes liées à notre environnement au sens large, incluant l'alimentation, les habitudes de vie (tabagisme, consommation d'alcool, sédentarité) ou l'exposition passive à divers polluants. Le chiffre est aujourd'hui admis, même s'il doit être nuancé selon le type de tumeurs, et il fonde une des principales stratégies de lutte contre la maladie. Comme l'explique Olaf Kelm, qui suit les études sur le cancer du sixième programme-cadre au sein de la Direction Générale Recherche (Commission européenne), "si 80% des cancers sont dus à l'environnement, cela veut dire qu'une large proportion d'entre eux est évitable, ce qui fait de la prévention la stratégie la plus efficace pour diminuer le nombre de personnes atteintes par la maladie."
Cette stratégie de la prévention a montré toute sa pertinence avec le cancer du poumon. On peine aujourd'hui à s'en souvenir, mais l'idée que le tabagisme en était une cause très importante a mis longtemps à faire son chemin. Il a fallu toute l'obstination du médecin britannique Sir Richard Doll, décédé l'an passé, qui consacra sa vie à suivre durant un demi-siècle l'état de santé d'une cohorte de plus de 30 000 personnes, pour que l'on en prenne conscience. De 1954 à 2004, ses études, publiées tous les dix ans, ont montré avec la plus grande rigueur l'accroissement considérable du risque de cancer du poumon (entre autres), directement proportionnel à la consommation de tabac.

Exemplaires sur le plan scientifique, les travaux de Richard Doll ont aussi eu un profond impact sur la santé publique. Ils ont permis de comprendre les causes de l'accroissement rapide, qui semblait aussi incompréhensible qu'impossible à enrayer, de la fréquence des cancers du poumon au cours du XXe siècle. Ils ont surtout permis d'engager, dans les années 1970, les premières campagnes publiques de mise en garde contre les dangers du tabac. Autant d'avertissements qui portent aujourd'hui leurs fruits: un début de diminution de la fréquence de la maladie.
Généraliser, notamment aux tumeurs liées au genre, l'approche qui a montré son efficacité avec le cancer du poumon: telle est en substance l'idée maîtresse du programme européen Eurocadet. A l'origine de ce réseau d'excellence, un constat: une évaluation de l'impact des efforts nationaux et européens en faveur de la prévention du cancer fait toujours défaut. Alors qu'elles sont une des principales stratégies de lutte contre la maladie, tout se passe comme si l'on ignorait l'efficacité globale de ces campagnes – "en particulier dans les classes populaires", précisent les coordinateurs, En croisant les données de 14 équipes d'épidémiologistes, Eurocadet devrait dresser un tableau, à l'horizon 2040, des cancers en Europe selon différents scénarios de prévention.

Prévenir signifie aussi diagnostiquer la maladie le plus tôt possible. Plus une tumeur est détectée précocement, plus ses chances de guérison sont élevées. En ce qui concerne les femmes, la pratique la mieux entrée dans les mœurs est celle du frottis utérin lors des examens gynécologiques. Dans les pays qui l'ont mise en œuvre, cette pratique régulière a permis de diminuer de près de 80% la mortalité due au cancer de l'utérus. La mammographie, tous les ans ou tous les deux ans à partir de la cinquantaine, engrange aussi des résultats prometteurs. Et les hommes ne sont pas en reste. Lancée en 2000, l'European Randomised Study of Screening for Prostate Cancer évalue aujourd'hui, à l'échelle européenne, la pertinence d'un dépistage systématique du cancer de la prostate à dater d'un certain âge. Ses premiers résultats sont attendus à partir de 2007.
Chaque cancer est unique. Pour le patient, confronté à l'expérience douloureuse de la maladie, ce sentiment va de soi. Mais, avec les progrès de la génomique, l'idée a aussi trouvé une illustration concrète, à la source d'un des progrès les plus marquants de cette dernière décennie en matière de cancérologie. Plusieurs recherches européennes travaillent ainsi sur le typage de diverses expressions moléculaires des cancers. Cette approche innovante, particulièrement appliquée dans les tumeurs liées au genre, offre de nouvelles perspectives tant sur le plan du diagnostic que du traitement.

Etude de marqueurs tumoraux dans le pronostic du cancer du sein. Marquage immunohistochimique de la Cathepsine D hyperexprimée dans des cellules de lignée humaine de carcinomes mammaires MCF 7 (Métastase cellulaire facteur 7). La Cathepsine D est une enzyme lysosomiale acide qui favoriserait le potentiel métastatique des cellules tumorales.
© H. Rochefort/Inserm
Reproduction et utilisation interdites
A l'origine de ce progrès, un outil: la puce à ADN. De quoi s'agit-il ? Schématiquement, d'une méthode de laboratoire permettant de reconnaître rapidement les gènes exprimés dans un tissu vivant – et donc d'établir le profil génétique d'une personne, que ce soit au niveau de son patrimoine (on étudie alors l'ADN de ses chromosomes) ou de la manière dont il s'exprime dans une cellule donnée, notamment tumorale (on étudie alors les ARN produits par les seuls gènes qui sont exprimés). Le grand intérêt de cette technologie est de pouvoir analyser simultanément des milliers de gènes en quelques heures, là où l'étude d'une poignée d'entre eux nécessitait, il y a encore quinze ans, des années de travail. Une des toutes premières puces à ADN a ainsi été appliquée au typage moléculaire de tumeurs du sein. L'innovation avait, en son temps, eu les honneurs de la couverture de Nature. Décrire, sur le plan moléculaire, ce qui fait l'unicité de chaque cancer est, en effet, porteur d'immenses espoirs aussi bien au niveau des diagnostics que des traitements.
Le diagnostic tout d'abord. Lorsque le cancer est détecté, il est souvent trop tard car des métastases se sont formées. Le danger est particulièrement prégnant avec le cancer de l'ovaire, ce "tueur silencieux" comme l'appelle Robert Zeillinger, de l'université de médecine de Vienne, coordinateur du projet OVCAD. La tumeur de l'ovaire croît longtemps sans déclencher de symptômes, à tel point que trois quarts des décès sont attribuables à une découverte trop tardive.
De même, dans le cancer de la prostate, les traitements qui parviennent à venir à bout de la tumeur initiale laissent souvent subsister des résidus indétectables, susceptibles de former de redoutables métastases osseuses. Chris Bangma, de l'université médicale Erasme (Rotterdam – NL), explique l'enjeu médical: "Pour diagnostiquer la maladie, on utilise actuellement le dosage d'un marqueur appelé PSA (Prostate Specific Antigen), dont la concentration augmente en cas de cancer. Mais le problème est que ce dosage n'est pas assez spécifique. Il peut donner des faux positifs pour les personnes en bonne santé ou ayant des tumeurs non malignes. A l'inverse, il peut être négatif en cas de très petites tumeurs." Chris Bangma coordonne le projet P-Mark qui vise à explorer l'utilisation d'autres marqueurs du cancer de la prostate comme tests diagnostiques.
L'espoir des chercheurs d'OVCAD et de P-Mark, ainsi que les équipes de Promet travaillant également sur la prostate, est donc de trouver des signatures moléculaires de la transformation cancéreuse, détectables dès que celle-ci survient. Ces signatures peuvent être des protéines exprimées à la surface des cellules tumorales, des niveaux d'hormones, des messages intra- ou intercellulaires, ou encore une altération de l'expression génétique. Explorant une voie nouvelle, le projet Epitron cherche pour sa part du côté des mécanismes épigénétiques (1), c'est-à-dire portant non sur la séquence d'ADN mais sur l'organisation de la double hélice d'ADN en chromatine des noyaux cellulaires, en particulier dans les cancers du sein.
Le traitement, ensuite. Tous les cancérologues sont, en effet, confrontés à un dilemme: lorsqu'un cancer a été pris en charge précocement et semble guéri, faut-il poursuivre un traitement pour prévenir le risque de récidive ? A l'interrompre trop tôt, on risque de laisser subsister des cellules cancéreuses indétectables, qui n'ont pas encore formé de tumeurs, comme c'est souvent le cas dans le cancer de la prostate. A trop le prolonger, on risque d'épuiser l'organisme du patient par des traitements souvent lourds et parfois douloureux, en particulier dans le cancer de l'ovaire où, comme le reconnaît Robert Zeillinger, "des chimiothérapies sont souvent prescrites, après résection chirurgicale de la tumeur, sans aucune certitude quant à leur utilité". Ce problème existe aussi dans le cas de cancer du sein. Selon les coordonnateurs du réseau Transbig (sorte de réseau des réseaux qui unifie à l'échelle européenne les centres de recherche sur la maladie), entre 10 et 20% des femmes ayant souffert de ce type de tumeur sont "sur-traitées", avec toutes les conséquences néfastes que cela implique tant sur le plan médical (effets secondaires, dégradation de la qualité de vie) que pour l'équilibre financier des systèmes de santé publique.

Image couleur d'un cancer du sein
© perso.wanadoo.fr/association.afrha/icono.htm.
Grâce aux techniques de génomique, il devient possible de définir de véritables cartes d'identités moléculaires de chaque tumeur, qui permettront d'en prédire les propriétés et l'évolution, de personnaliser les traitements appliqués. Tel est le but du projet Transfog, qui commence à explorer tous les gènes impliqués, à un titre ou à un autre, dans le cancer du sein, mais aussi du poumon et du colon. A terme, il s'agit d'aboutir à une véritable prise en charge individualisée de chaque cancer. La médecine aura alors rejoint le "ressenti" du patient.
(1) Ce terme désigne le grand nombre de modifications de l'expression des gènes dont l'origine peut être, en particulier, des causes environnementales.
Différentes formes de traitement peuvent détruire les cellules cancéreuses.
Habituellement, leur but est d’obtenir une rémission de la maladie, c’est-à-dire une régression de la tumeur cancéreuse et, si possible, sa disparition clinique. Dans certains cas, il en résulte une guérison du cancer.
Traitements locaux
La chirurgie sert à enlever la tumeur primaire. La résection chirurgicale demeure le traitement privilégié si une petite masse tumorale est localisée dans une certaine partie d’un organe et qu’il n’y a pas de métastases distantes.
La radiothérapie fait appel à des rayons X, des rayons gamma, des électrons et d’autres formes de radiation de haute énergie pour détruire localement une masse tumorale. Elle a un rôle important dans des cas de tumeurs malignes localisées, mais inopérables, comme certaines tumeurs du poumon, de l’oesophage et du col utérin. On y a parfois recours avant la chirurgie, pour réduire le volume de la tumeur, ou après, pour empêcher les cellules cancéreuses de se développer à nouveau au même endroit.
Traitements systémiques
L’expérience a démontré que le traitement local du cancer par chirurgie ou par radiothérapie ne réussit pas toujours à supprimer complètement les cellules tumorales. En effet, de petits amas microscopiques de cellules malignes, appelés micrométastases, peuvent subsister même après ce traitement local. La chimiothérapie (traitement avec des substances chimiques) devient alors le traitement approprié.
Contrairement à la chirurgie et à la radiothérapie, la chimiothérapie constitue un traitement systémique, c’est-à-dire qu’elle peut atteindre toutes les parties du corps et détruire les cellules cancéreuses, même microscopiques, partout où elles se trouvent. De plus, elle peut exercer une action à long terme pour contenir ou enrayer la croissance d’une tumeur. Le traitement par chimiothérapie peut être administré seul ou en combinaison avec la chirurgie et la radiothérapie.
Il existe deux autres formes de traitement systémique du cancer : l’hormonothérapie, utilisée dans le traitement des cancers hormono dépendants, et l’immunothérapie, dont le rôle est de stimuler les défenses immunitaires (le système naturel de protection de l’organisme) contre le cancer.
La chimiothérapie fait appel à des médicaments qui visent à empêcher les cellules cancéreuses de se multiplier ou qui détruisent celles déjà présentes dans l’organisme. Elle tente ainsi d’inhiber la croissance de la maladie et d’obtenir une régression de la tumeur cancéreuse qui peut se traduire par une rémission partielle de quelques mois à plusieurs années.
Plus du tiers des personnes atteintes de cancer peuvent maintenant bénéficier d’une rémission complète et d’une guérison éventuelle de leur maladie.
Plusieurs cancers, comme la maladie de Hodgkin, la leucémie, les lymphomes, le choriocarcinome, les tumeurs testiculaires et certains sarcomes, peuvent être guéris grâce à la chimiothérapie. D’autres cancers que l’on croyait incurables, tel le cancer du sein, répondent très bien au traitement par chimiothérapie, surtout s’il est administré tôt dans le processus de la maladie.
Dans le traitement du cancer, la chimiothérapie peut correspondre à différents objectifs :
Durée de la chimiothérapie
Puisque chaque cancer est un cas particulier, la durée d’une chimiothérapie ne peut être évaluée avec précision avant le début du traitement. Certaines thérapies dureront quelques mois, d’autres se poursuivront pendant plusieurs années. Même après l’arrêt de la chimiothérapie, le patient devra se soumettre à des examens périodiques dont le but est de dépister toute récidive du cancer.
Globules rouges : anémie et fatigue
L’anémie se caractérise par une baisse du nombre des globules rouges (érythrocytes) dans le sang. Cette baisse signifie une diminution de l’hémoglobine, un constituant essentiel des globules rouges, responsable du transport de l’oxygène vers les tissus du corps. Cette diminution de l’hémoglobine dans le sang a donc pour résultat de réduire la quantité d’oxygène distribué aux tissus.
Globules blancs : infections
Une diminution des globules blancs surviendra 1 à 2 semaines après le traitement de chimiothérapie. Une baisse du nombre de globules blancs (leucocytes) dans le sang rend l’organisme plus vulnérable aux infections c’est-à-dire à l’invasion de microbes (bactéries, virus, etc.) qui ont une aptitude à se multiplier s’ils rencontrent un milieu favorable.
Plaquettes : hémorragies et saignements
Une baisse du nombre des plaquettes dans le sang peut causer des saignements prolongés ou des hémorragies. Les plaquettes jouent un rôle essentiel dans la coagulation du sang, car elles assurent l’intégrité vasculaire, amorcent le processus de coagulation par la formation du clou plaquettaire et, par la suite, garantissent la formation du caillot qui arrête définitivement l’hémorragie.
Troubles de l’appétit
Dans la majorité des cas, les personnes atteintes de cancer recevant de la chimiothérapie témoignent de troubles de l’appétit : altération du goût, anorexie, nausées et vomissements. D’une part, ces problèmes sont les effets du cancer et de ses traitements et, d’autre part, ils découlent de facteurs émotifs et sociaux liés à la maladie.
Altération du goût
En matière de goût, l’odeur, la couleur, l’aspect et la texture des aliments et des boissons peuvent influencer nos perceptions. Le degré de fraîcheur et le mode de conservation de la nourriture, ainsi que les expériences passées associées à certains aliments, peuvent aussi avoir une influence.
Nausées et vomissements
La chimiothérapie peut provoquer des nausées et des vomissements. Ce problème est temporaire et n’affecte pas toutes les personnes qui reçoivent de la chimiothérapie. Les suggestions données pour régler les différents problèmes d’appétit peuvent s’avérer utiles, selon les cas.
Source : Fondation québécoise du cancer, cliquez-ici pour en savoir plus.
L'arsenal thérapeutique contre le cancer repose sur trois familles d'armes. La chirurgie vise à exciser la tumeur. La radiothérapie utilise des rayons pour la détruire "de l'extérieur". La "chimio" (ou chimiothérapie), comme l'appellent médecins et patients, s'efforce de tuer par voie médicamenteuse interne les cellules cancéreuses elles-mêmes. C'est de son côté, grâce à des approches visant à cibler celles-ci spécifiquement et le plus sélectivement possible, que les avancées les plus précieuses sont à attendre dans les prochaines années.

Pourquoi les progrès de la recherche pharmaceutique sur le cancer restent-ils si lents? C'est que l'on comprend mal ce qui distingue, au niveau "interne" du fonctionnement moléculaire, une cellule cancéreuse d'une cellule saine. De ce fait, les médicaments restent insuffisamment spécifiques. Ils tuent également les "bonnes" cellules, ce qui cause des effets secondaires parfois très graves. Comprendre la transformation cancéreuse d'une cellule, puis ensuite les mécanismes de formation des métastases, représente donc un enjeu décisif.
Les avancées de la biologie cellulaire ont permis de ce point de vue de définir de nouvelles cibles. Il s'agit, par exemple, de comprendre comment les cellules cancéreuses arrivent à se déplacer dans l'organisme, par mouvements locaux ou en empruntant ces "autoroutes" que sont les circulations sanguine et lymphatique. Les projets européens Brescom ou MetaBre s'intéressent ainsi à la réorganisation du cytosquelette, ce dense réseau de protéines filamenteuses qui structure la cellule et lui permet de se mouvoir. De son côté, le projet Cancerdegradome se concentre sur la matrice extracellulaire qui entoure les cellules. Différents arguments suggèrent, en effet, que cette matrice, qui interdit d'ordinaire les déplacements cellulaires, devient franchissable en cas de transformation cancéreuse.
La thérapie génique, sur laquelle les projecteurs se sont un peu prématurément braqués à la fin des années 1980, reste une piste intéressante. Comme l'explique Norman J. Maitland, de l'université de York et coordinateur du projet Giant, "les vecteurs de thérapie génique (NDLR: qui servent à apporter jusqu'aux cellules le fragment d'ADN 'médicament') aujourd'hui disponibles ne pourront passer le cap des essais cliniques que lorsque les problèmes de leur action toxique non spécifique et de la limitation de leur dose auront été résolus". Les chercheurs de Giant entendent précisément s'attaquer à cette difficulté, en développant des vecteurs qui sauront apporter, au cœur des seules cellules cancéreuses, les fragments d'ADN codant pour des substances toxiques. Une variante de cette approche est également explorée par les équipes du projet Theradpox, qui vise à tirer parti de la propriété unique de certains virus de n'infecter que les seules cellules tumorales. Si ceux-ci pouvaient être maîtrisés, il deviendrait possible de tuer sélectivement et sans effets secondaires les cellules cancéreuses.
Une autre voie prometteuse consiste à développer les défenses naturelles de l'organisme contre le cancer. Au début de la maladie, la cellule cancéreuse est, en effet, reconnue comme étrangère par le système immunitaire et des lymphocytes spécialisés sont capables d'identifier et de détruire ces éléments menaçants. Ce n'est que dans un second stade que le phénomène d'autodéfense s'interrompt, autorisant la prolifération.

Deux possibilités immunothérapiques se présentent. L'une consiste à identifier les marqueurs externes "reconnaissables", exprimés à la surface des cellules cancéreuses, pour ensuite les produire in vitro et "ré-apprendre" aux cellules de l'immunité à les identifier – comme se propose de le faire le projet Enact. L'autre serait de stimuler les cellules qui jouent naturellement ce rôle, comme l'envisagent les chercheurs du consortium Dendritophages. A terme, il s'agit de mener des essais cliniques portant sur ces véritables "vaccins contre le cancer". Ceux-ci sont des vaccins thérapeutiques, et non les classiques préventifs injectés contre les maladies infectieuses. L'agent contre lequel le système immunitaire doit apprendre à lutter fait partie intégrante du corps…