Michel Griffon préside le Comité scientifique du Fonds français pour l'environnement mondial. Son principal thème de recherche : trouver des solutions pour que les systèmes productifs et les sociétés puissent nourrir leurs populations tout en veillant à protéger l'environnement.
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Extrait du discours de Monsieur Jacques Chirac, Président de la République devant l'assemblée plénière du sommet mondial du développement durable – Johannesburg – Afrique du sud – Lundi 2 septembre 2002.
Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l'admettre. L'humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La terre et l'humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables.
Il est temps, je crois, d'ouvrir les yeux. Sur tous les continents, les signaux d'alerte s'allument. L'Europe est frappée par des catastrophes naturelles et des crises sanitaires. L'économie américaine, souvent boulimique en ressources naturelles, paraît atteinte d'une crise de confiance dans ses modes de régulation. L'Amérique latine est à nouveau secouée par la crise financière et donc sociale. En Asie, la multiplication des pollutions, dont témoigne le nuage brun, s'étend et menace d'empoisonnement un continent tout entier. L'Afrique est accablée par les conflits, le SIDA, la désertification, la famine. Certains pays insulaires sont menacés de disparition par le réchauffement climatique.

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Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ! Prenons garde que le XXIème siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d'un crime de l'humanité contre la vie.
Notre responsabilité collective est engagée. Responsabilité premièredes pays développés. Première par l'histoire, première par la puissance, première par le niveau de leur consommation. Si l'humanité entière se comportait comme les pays du Nord, il faudrait deux planètes supplémentaires pour faire face à nos besoins. Responsabilité des pays en développement aussi. Nier les contraintes à long terme au nom de l'urgence n'a pas de sens. Ces pays doivent admettre qu'il n'est d'autre solution pour eux que d'inventer un mode de croissance moins polluant.
Dix ans après Rio, nous n'avons pas de quoi être fiers. La mise en œuvre de l'agenda 21 (le sommet de la terre de Rio, en juin 1992, a adopté les 2.500 recommandations de l'agenda 21, un programme pour le 21ème siècle) est laborieuse. La conscience de notre défaillance doit nous conduire ici, à Johannesburg, à conclure l'alliance mondiale pour le développement durable.
Le Président de la République française montrait ainsi au monde entier qu'il se ralliait à la cause de ceux qui brandissent l'étendard du « développement durable » : n'est-ce pas le seul espoir qu'il nous reste pour nous sortir de ce drame écologique dans lequel nos sociétés se sont lamentablement laissées embourber ?
Cette idée ne date pas d'hier. Et il faut que vous sachiez aussi que la France y est pour beaucoup. En effet, en matière de développement, la France dispose d'une expérience unique en son genre. Il y a, pourrait-on dire une Ecole française de recherche sur le développement ! Le « développement durable » qu'on a d'abord appelé « écodéveloppement », est un concept imaginé dans les années quatre-vingt par Ignacy Sachs. ( Il est né en 1927. Il a fait des études au Brésil, en Inde et en France. Directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales depuis 1968, il a participé auprès de Maurice Strong à la préparation des conférences de Stockholm et Rio de Janeiro. Il a publié notamment « l'Ecodéveloppement » en 1997, mais aussi « Quelles villes pour quel développement ? » en 1996 et « La découverte du Tiers Monde » en 1971. Sa pensée a profondément inspiré les cercles dirigeants des Nations Unies.)
Le terme « développement durable » s'est imposé dans les conférences des Nations Unies. En France, il est l'héritage d'une vision, que l'on pourrait qualifier d'hétérodoxe voire « iconoclaste », issue d'une tradition de pensée française, souvent originale mais qui, depuis vingt ans, manifeste des réserves quant aux pratiques de la Banque mondiale et du FMI. Il apparaissait en effet que le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque mondiale avaient engagé des politiques dites de stabilisation et d'ajustement structurel qui empiraient la situation économique des pays en développement.

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Il y a une définition canonique qui date du sommet de Stockholm :Celle-ci dit en substance, que le développement durable doit satisfaire les besoins des générations présentes sans compromettre ceux des générations futures. C'est un concept qui met sur le devant de la scène les comportements économiques, écologiques, sociaux d'aujourd'hui en disant qu'il faut les juger à l'aune du bien-être des générations futures. Il propose l'équité entre les générations.
Dans la définition proposée par le rapport Bruntland, on dit aussi que dans le cadre du développement durable les besoins des sociétés actuelles et ceux des sociétés futures sont surtout ceux des populations pauvres. On se contente souvent de la définition canonique en oubliant de prendre en compte les problèmes des pays pauvres.
Notons, au passage, qu'elle est très proche, mais en même temps très différente d'un mot de Saint-Exupéry repris à l'occasion du sommet de Johannesburg par le Secrétariat d'Etat au développement durable :
"Nous n'héritons pas du monde de nos parents, nous empruntons le monde de nos enfants." Ici, l'auteur va plus loin que la simple équité entre les générations. Il renverse la flèche du temps : il ne s'agit pas seulement d'agir dans le but de garantir les besoins de nos enfants, il faut d'abord garantir leurs besoins, avant d'assurer les nôtres.
Autrement dit, si le rapport Bruntland nous dit : servons-nous mais laissons des choses à nos enfants, Saint-Exupéry dit : pensons d'abord à nos enfants et voyons ce que nous pouvons prendre aujourd'hui. La définition du développement durable, est avant tout une question d'éthique et de partage entre générations, et au sein d'une même génération.
Il faut que le développement soit viable écologiquement, c'est à dire sans effets négatifs sur l'environnement, viable économiquement et acceptable donc équitable pour la société. Le Président de la République a ajouté un quatrième pilier : la diversité culturelle.
Le développement durable est une notion qui ne cherche pas à optimiser le fonctionnement économique des sociétés. Il cherche d'abord à vérifier que nous sommes bien sur un chemin qui nous permettra d'éviter les embûches : en empêchant les atteintes irréversibles à l'environnement et les crises économiques et sociales.
Ecologiquement parlant, cela veut dire d'abord qu'il faut respecter les grands cycles naturels sur lesquels repose la vie de la nature. C'est assurer la reconstitution des ressources renouvelables.Il faut donc que nous apprenions à évaluer ce que nous arrachons à la terre et ce que nous lui restituions. Il faut le faire pour tous les grands cycles qui ont permis à la planète d'être « viable » pour les individus que nous sommes, comme par exemple :

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- Le grand cycle du carbone : si on envoie trop de carbone dans l'atmosphère on dérègle le climat.
- Le grand cycle de l'eau : les besoins en eau augmentent, il faut donc conserver le plus possible l'eau dans les écosystèmes pour garantir sa disponibilité permanent.
- Le cycle de la vie de certaines espèces animales ou végétales en voie de disparition comme par exemple certaines espèces de poissons trop pêchées.
Il faut apprendre à gérer tous ces grands cycles qui permettent à tous les organismes de cette planète de survivre, qu'ils s'agissent des hommes, des animaux, des plantes ou des bactéries. Durable écologiquement, c'est aussi arrêter les pollutions actuelles et réparer si nécessaire les effets des pollutions anciennes. Elles sont nombreuses et bien connues.
La biodiversité, c'est la diversité biologique. C'est la diversité du monde vivant que l'on observe dans la nature. Cette diversité existe à l'échelle des paysages et des écosystèmes, des plus luxuriants aux plus déserts. Elle existe aussi à l'échelle des espèces. Il y aurait plusieurs dizaines de millions d'espèces sur terre dont seulement 1,7 millions ont été décrites. Parmi celles-ci nous avons recensé 250 000 espèces de plantes dont dix à cinquante mille seraient comestibles par l'homme et dont nous ne consommons qu'environ deux cents espèces (selon R. Barbault). Cette diversité est le résultat de près de quatre milliards d'années de vie sur terre. Toutes ces espèces ont des gènes en commun (beaucoup pour celles qui sont voisines, peu pour celles qui sont très éloignées) qui nous permettent de retracer leur histoire : certaines ont disparu, d'autres sont apparues. Nous sommes un maillon de cette histoire.

L'urgence est là !
L'enjeu de la biodiversité est sa conservation. Il y a inévitablement des gènes qui peuvent être très utiles pour l'avenir des espèces, dont la nôtre. Les sociétés humaines, quant à elles ont fait disparaître des espèces en les chassant et les consommant au-delà de leur capacité de reproduction. Comme c'est le cas aujourd'hui pour certaines espèces de poissons « sur pêchées » !

Disparition de 80% des grandes forêts anciennes
En détruisant des espèces qu'elles soient animales, végétales ou microbiennes, nous perdons des maillons de l'histoire génétique de tous ces organismes qui se sont développés sur terre et dont nous faisons partie. Pour les protéger nous devons donc apprendre à ne pas détruire leurs habitats, à ne pas les empoisonner (polluer l'air, le sol, l'eau, les aliments) ou à ne pas les surconsommer...
Dans les écosystèmes, tout se tient ! Les systèmes vivants s'effondrent lorsque les cycles qui les alimentent deviennent trop ténus. Par exemple, s'il n'y a plus assez de carbone, c'est à dire de matière organique dans les sols, il y a un effondrement structural du sol empêchant l'eau d'y pénétrer. Sans eau, il n'y a plus de plantes et plus d'habitat pour les animaux. A contrario, s'il y a trop d'eau, il y a asphyxie des plantes. Autrement dit, la « viabilité » se situe entre le trop et le trop peu.
- Lorsqu'il y a une augmentation trop importante de la concentration de certains de ses constituants naturels comme par exemple le gaz carbonique ou l'ozone dans l'atmosphère entraînant un surcroît d'effet de serre.
- Lorsqu'on y trouve des composants qui ne devraient pas y être comme par exemple les hydrocarbures dans les océans menaçant les populations animales.
- Lorsqu'il y a une conjugaison des deux phénomènes.

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C'est une entité formée par des êtres vivants (animaux, végétaux, micro-organismes) et leur habitat c'est à dire le substrat sur lequel ils vivent (le sol, l'atmosphère, les éléments minéraux et organiques).
Cette entité est plus ou moins individualisable par ses limites. Elles peuvent être quelquefois nettes par exemple un lac, une forêt ou plus souvent délimitées, un paysage agricole.
Cet ensemble est vivant. Tous ses éléments sont liés entre eux par de nombreuses relations. Par exemple les animaux herbivores se nourrissent de végétaux et peuvent être eux-mêmes mangés par d'autres animaux.
L'ensemble des relations définit des cycles de matière appelés cybles bio-géophysiques.

Indice du développement humain
Pour qu'une entreprise soit viable, il faut qu'elle sache gérer son patrimoine, qu'elle connaisse bien son marché, qu'elle réagisse en temps voulu, qu'elle anticipe l'avenir etc. C'est la même chose pour les Etats et les collectivités publiques. Celles-ci contrôlent une partie de l'épargne et récupèrent l'impôt. Elles doivent ensuite alimenter la société en biens publics. Il ne faut pas qu'elles soient trop endettées. Les politiques restrictives du FMI et l'ajustement structurel de la Banque mondiale ont été instaurées parce que les Etats se sont endettés au-delà de leur capacité de viabilité financière. Le problème de la viabilité économique se résume donc par : solvabilité permanente et à long terme.
Il s'agit ici de lutter contre la pauvreté. Dans une société dans laquelle on déclare que les hommes naissent et demeurent inégaux en droits, la pauvreté est admissible, c'est le cas des sociétés fondées sur les castes par exemple. Dans une société où l'on dit que tous les hommes naissent libres et égaux en droits (déclaration des droits de l'homme), la pauvreté est une toxine à l'harmonie sociale et à l'éthique. Elle n'est pas acceptable et elle rend les sociétés instables, violentes et donc non durables!

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La pauvreté aboutit souvent à la révolte et les révoltes répétées aux révolutions. Si les révolutions sont des mécanismes qui permettent aux sociétés de se rénover, il existe cependant d'autres alternatives moins destructrices : les réformes. Mais hélas, les sociétés préfèrent généralement laisser pourrir des situations, plutôt que de générer le consensus nécessaire aux réformes.
Jusque là, ce sont l'Europe, et surtout la Chine et l'Inde qui ont indiscutablement battu tous les records de densité de populations. Les Européens les plus pauvres ont commencé à partir vers le Nouveau Monde à partir de ce basculement de l'histoire qu'a été 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. L'Inde et la Chine ont, bien sûr, connu des migrations au sein de l'Asie mais les populations sont principalement restées à l'intérieur de leurs frontières. Aussi, l'Asie est-elle le continent qui connaît les plus hautes densités de population, les plus hauts niveaux de pauvreté, et des niveaux élevés de pression sur les ressources naturelles. Tandis que les Européens se sont répandus vers d'autres espaces (Amériques, Australie, Afrique australe) au détriment parfois d'autres civilisations.

Migrants économiques dans les années 1990
Si l'ampleur des flux migratoires n'atteint pas les sommets des grandes migrations d'autrefois, les mouvements sont intenses et les itinéraires compliqués. Il y en a de l'Amérique Latine vers les Etats Unis, et d'une partie, de l'Afrique et du Moyen Orient vers l'Europe, de l'Asie du sud-est vers l'Australie, de la péninsule indienne vers les Etats-Unis via l'Europe... Mais au lieu d'encourager (ou de ne pas décourager) les migrations humaines, on peut songer à organiser « la migration de la prospérité » vers les populations en développement par des processus de redistribution. C'est un élément clé d'un développement durable planétaire futur.
La recherche doit faire face aux différents défis environnementaux (effet de serre, désertification, pollution des eaux etc. ), aux différents défis économiques et financiers, faire en sorte que la plupart des firmes des pays en développement aient un espace économique de croissance, enrayer la pauvreté, éviter la mise à l'écart de secteurs sociaux entiers …
L'inventivité concerne la mise en place de nouvelles techniques et de nouveaux modes d'organisation. La recherche lorsqu'elle est bien orientée peut toujours trouver des solutions mais encore lui faut-il du temps. Or, le développement durable est gouverné par une grande variable : l'évolution de la démographie mondiale c'est à dire le passage de 6 milliards d'individus aujourd'hui à 9 milliards dans un demi-siècle. Ces trois milliards d'hommes supplémentaires en 50 ans, naîtront essentiellement, dans les pays en développement. Autrement dit, on ne peut pas attendre 2050 pour se poser la question. Pour pouvoir résoudre les problèmes auxquels nous allons devoir faire face, il faudrait que tout soit en place en 2020 et donc qu'en 2010, nous ayons déjà les solutions. Il faut donc faire vite…
Pour respecter un calendrier très serré il faut une recherche d'un type nouveau combinant de nombreuses disciplines. Au CIRAD c'est déjà une obligation statutaire puisque notre mandat est de faire une recherche finalisée pour le développement. Nous déterminons nos objectifs de recherche à partir des problèmes que les sociétés rencontrent. Cette démarche nous oblige à une recherche pluridisciplinaire pour trouver des solutions à des problèmes complexes.
En 2050 nous devrions être au maximum de la population mondiale. Il y a actuellement environ 40 % de la population dans les villes. En 2050, il y en aura peut être 60 à 70 %. Les villes vont donc doubler ou tripler de volume. Conséquences : Les urbains auront besoin d'importer beaucoup plus de nourriture des campagnes. Il faudra donc accroître la production agricole de façon très conséquente (en Afrique, il faudra la quintupler à l'horizon 2050). Or, pour pouvoir y arriver en temps voulu il est de première nécessité que la gestion des politiques agricoles ne se fasse pas que sur la base de l'option libérale. Il y a en effet le risque, surtout en Afrique, que les paysans soient obligés de vendre leurs denrées à des prix beaucoup trop bas et ceci dans le seul but de les inciter à accroître leurs productions et leurs rendements. Autrement dit, si nous continuons sur les bases économiques actuelles, nous risquons de perdre beaucoup de temps avant d'arriver à constituer des marchés nationaux et régionaux efficaces et durables.
C'est en tout cas une question de dangers qui mettent à l'épreuve les sociétés et la morale publique. Cette idée est pour moi un des moteurs importants du changement.

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Nous savons par exemple que si la pauvreté continue à se développer sans que nous fassions quoique ce soit pour l'arrêter nous ouvrons la porte à toutes les violences. Les villes européennes et Nord américaines ne peuvent pas être des îlots entourés de murs plantés de tessons de bouteilles et de fils électriques pour se protéger de la pauvreté (comme c'est le cas pour des quartiers riches de certaines mégapoles d'Afrique). Il est certain que la morale peut persuader un certain nombre de gens qu'il faut encourager et même s'engager dans la réalisation de politiques de lutte contre la pauvreté et plus largement d'un développement durable. Mais dans le cas d'un monde hérissé de barbelés la morale céderait facilement la place à la peur, à l'origine de tous les régimes tyranniques.

L'urgence est là !
J'espère donc, que beaucoup se rallieront au développement durable sur les bases de l'éthique et de la morale et non sur les bases de la peur. Car inventer un monde sur l'idée que la pauvreté, l'iniquité, le gaspillage, l'épuisement des ressources et les pollutions sont simplement moralement insoutenables, n'est pas la même chose que d'inventer un monde sur l'idée qu'il faut se défendre et tuer pour se protéger.
Je pense qu'aujourd'hui, il y a peu de gens pour prétendre que l'on peut vivre dans des sociétés où règnent de profondes inégalités. Il y a peu de sociétés dans lesquelles on accepte qu'il y ait une hiérarchie et que chacun ne jouisse pas des même droits. Il y en a encore en Asie, et il est vrai qu'elles concernent des millions de personnes. Mais elles peuvent changer !
Mais l'action que l'on mène, les articles que l'on écrit, les conseils que l'on donne – en espérant ne pas se tromper - les cours et les conférences que l'on fait, donnent souvent l'impression de vanité. Il y a tant à faire. Ce que l'on fait est si peu !