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L'Argent, un métal précieux - 03/02/2008

Carte blanche à : Claire König
Enseignante Sciences Naturelles

L’argent est un métal qui peut être natif, mais ce n’est pas dans cette acception-là qu’on entend ce mot, en général, bien plus souvent comme monnaie, comme somme d’argent, et ceci vient du fameux denier d’argent dont nous parlerons. Et nous continuons à dire « tu as de l’argent ? » alors qu’il y a déjà longtemps que nos pièces n’en contiennent plus du tout !


Argent natif © webmineral

Et l’argent que l’on peut voir tous les jours, l’argenterie, n’est qu’une toute petite partie de l’utilisation de l’argent qui, en France au moins, et pour moitié, était un des constituants des émulsions photo, ce qui change très vite avec les appareils numériques et c’est si récent que je n’aurai pas de chiffres statistiques à vous donner concernant cette diminution brutale d’utilisation de ce métal ! Mais c’est aussi des mines et de la souffrance, et encore des affaires de bourse et de politique….


2FF Ceres 1849 France

 

Le nom scientifique "argent" vient du latin "argentum" qui dérive du mot grec "argyros" qui signifie "blanc étincelant" ou "blanc clair". Le mot néerlandais "zilver" dérive de l'ancien saxon "silubar" qui est devenu "silbar" en allemand ancien et "silber" en allemand moderne. Les alchimistes du Moyen-Age ont consacré l'argent, à cause de son magnifique éclat, à la déesse de la lune (Luna). Le tout premier symbole pour ce métal était par conséquent une demi-lune.


Silver natif © webmineral

L'argent natif était déjà connu environ 3.500 ans avant JC, en Egypte et dans la région du fleuve Euphrate. Par la suite, une grande quantité d'argent a été exploitée dans les mines d'argent en Espagne, en Asie Mineure et en Grèce. Au début du Moyen Age, l'exploitation de l'argent a commencé en Europe Centrale (Allemagne, Autriche, Hongrie). Après 1500, on a importé une grande quantité d'argent d'Amérique Centrale et d'Amérique du Sud. Mais si l’argent est connu depuis très longtemps il n’en va pas de même de ses sels restés ignorés longtemps. Le nitrate fondu et coulé par Glaser pour la première fois a été nommé pierre infernale en 1663 pour son pouvoir cautérisant.


Hessite © webmineral

L'argent est par importance le 68ème élément constituant de l'écorce terrestre; celle-ci en contient 7,5.10-6 % jusqu'à une profondeur de 16 km. On rencontre l'argent aussi bien à l'état natif (sous forme de métal) que dans des composés.


Pyrargyrite © webmineral

Les minéraux les plus importants sont :

  • l'argentite  : Ag2S
  • la bromargyrite ou la bromite  : AgBr
  • la chlorargyrite ou l'argent corné  : AgCl
  • la dyscrasite : Ag3Sb
  • la fischessérite : Ag3AuSe2
  • la hessite : Ag2Te
  • l’iodargyrite : AgI
  • la miargyrite : AgSbS2
  • la naumannite : Ag2Se
  • la petzite : Ag3AuTe3
  • la proustite : Ag3AsS3
  • la pyrargyrite ou l'antimonite d'argent : Ag3SbS3
  • la stéphanite : Ag5SbS4
  • la stromeyérite : AgCuS

L'argent apparaît également (la plupart du temps dans de petites quantités) dans les minerais dont on extrait l'or, le plomb, le cuivre et le zinc.


Naumannite © webmineral

A - Provenance du métal :

A l'état natif, on trouve de l'argent en Allemagne, aux Etats-Unis d'Amérique, en Italie et en Bolivie. On le trouve sous forme d’Ag probablement que les sulfures ont été réduits par l’oxygène, on le trouve aussi sous forme d’électrum alliage or-argent (Lire à ce sujet : "L'or la magie des alchimistes"), ou sous forme d’amalgame argent-mercure avec jusqu’à 75% de mercure  ou encore, et pour finir sous forme de dysérasite un alliage d’argent (70-85%) et d’antimoine.

Les régions d'exploitation les plus importantes pour les minerais d'argent se situent :

- au Mexique, au Pérou : argentite ou argyrose avec 87% d’Ag ou cérargyrite avec 75% d’Ag
- en Russie (partie asiatique), aux Etats-Unis, au Canada (Ontario), en Australie, au Chili, au Japon, en Chine, aux Philippines et en Afrique du Sud.
- également en Europe, on produit de l'argent en de nombreux endroits, entre autres en Saxe à partir de l’acanthite qui contient 87% d’Ag ou de la naumannite avec 73% d’Ag.
Il y a bien d’autres minerais possibles : proustite, polybasite, sylvanite et j’en passe…..

B - Les propriétés physiques de l’argent :

- il cristallise dans le système cubique CFC
- il a une densité de 10,4923 à 20°C et de 9,51 à 960°C (liq). Cette densité bien plus faible que celle du palladium qui le précède dans le tableau est due à l’augmentation du rayon atomique à cause de « l’ouverture » d’une nouvelle orbitale s pour l’électron de valence.
- PF 960,5°C, cette température est difficile à déterminer avec exactitude l’argent s’oxyde facilement et sa liaison avec l’oxygène fait baisser le PF.
- hormis les propriétés métalliques traditionnelles mentionnons que l’argent est le meilleur conducteur thermique et électrique.


Heinrich Groff, les lingots d'argent

- son pouvoir réflecteur est très élevé mais manifeste une chute brutale à 316 nm et ceci entraîne une préférence pour l’aluminium dans les miroirs de télescopes.
- les films très minces – 0,1 à 0,2 micromètres - d’argent ont des propriétés particulières en optique et en électricité, entre autres et ils sont peu altérables.
- les sols d’argent, hydrosols et organosols sont très appréciés comme catalyseur, pour les films et en médecine.
- les isotopes nombreux sont radioactifs sauf deux, le 107 ( qui a un isomère radioactif) et le 109 présents dans la nature dans un rapport voisin de 1.
- l’ion le plus commun Ag + a un rayon de 1,55Å en sels minéraux et 1,62Å en sels organiques.
- les potentiels d’ionisation sont les suivants : 7,542 V pour Ag + diamagnétique, 21,4 V pour Ag 2+ paramangétique et 35,9 V pour Ag 3+

C - Les alliages :

Binaires : l’argent se mélange facilement avec les autres métaux y compris les éléments des 2 premières colonnes du tableau, aussi nous ne prendrons que quelques exemples parmi les plus utilisés.

- Ag 92,5% et Cu 7,5%  orfèvrerie et monnaie anglaise
- Ag 90% et Cu 10%  monnaie américaine
- Ag 71,9% et Cu 28,1%  (eutectique) brasure
- Ag et Pt    orfèvrerie et contacts électriques
- Ag et Pb    métal antifriction pour des charges élevées
- Ag, Zn et Ag, Cd   brasure soudure résistant à la corrosion
Les alliages avec l’or, or pâle ou or vert etc…

Ternaires :

- Ag 20 à 30%, Cu 35 à 50% et Ni 25 à 30% (ruoltz) orfèvrerie bon marché
- Ag, Cu, Zn pour la brasure
- Ag, Pb, Cu pour les alliages dentaires
L’amalgame dentaire a une  composition proche de :
Ag 33% - Hg 52% - Sn 12% - Cu 2% - Zn 1%

D - Préparations de l’argent

1°) Traitement du minerai broyé par cyanuration.

Un procédé un peu ancien consiste à dissoudre de l'argent, à partir de minerai d'argent réduit en poudre, à l'aide de cyanure. On procède à une oxydation,

2 Ag2S + 10 NaCN + O2 + 2 H2O  →  4 Na[Ag(CN)2] + 2 NaSCN + 4 NaOH

La solution d’argentocyanure est maintenue à un pH et traitée par Zn et Al finement divisés. L’argent précipite et la solution de cyanure est recyclée. L’argent recueilli est fondu, coulé en barres affinées par électrolyse.
Soit la réaction :

Al + 3 Na[Ag(CN)2] + 3 NaOH- 3 Ag (ppte) + 6 NaCN(recyclé) + Al(OH)3

2°) Dans le procédé faisant appel à un amalgame, on dissout l'argent du minerai dans le mercure, comme indiqué ci-après:

2 Ag3AsS3 + 3 CuCl2  →  6 AgCl + 3 CuS + As2S3

AgCl + Cu + Hg  →  CuCl + Ag(Hg)

Le mercure est éliminé par distillation. L'argent obtenu peut ensuite être soumis à une purification ultérieure. Ce procédé était auparavant toujours utilisé pour la production d'argent à partir de hornblende d'argent (AgCl).

3°) Le grillage chlorurant était une méthode très pratiquée au XIXème et pratiquement abandonnée aujourd’hui. Le sulfure d’argent était chauffé à 600°C en atmosphère oxydante en présence de sel puis, après le grillage on ajoute une solution saturée de sel. Il y avait différents procédés : Patera, Kiss, Ziervogel p. ex.

4°) A l'heure actuelle, une grande partie de l'argent produit provient du recyclage. Pour la récupération, il existe divers procédés, entre autres l'électrolyse, la précipitation avec des métaux non nobles tels que le fer ou le zinc et l'échange d'ions.

On obtient principalement l'argent nouvellement produit sous la forme d'un sous-produit lors de la préparation d'autres métaux tels que l'or, le cuivre, le plomb, le nickel et le zinc. La boue anodique, que l'on obtient lorsqu'on prépare des métaux, est dissoute dans de l'acide sulfurique chaud. Le résidu, qui contient de l'argent, est porté en fusion et les autres métaux éventuellement présents sont éliminés.

5°) L'argent brut, que l'on obtient, peut être purifié par électrolyse. On place l'argent brut pour faire office d'anode (dans un sac de polypropylène) dans une solution de nitrate d'argent acidifiée. Lors de l'électrolyse, l'anode se dissout et de l'argent très pur (> 99,99 %) précipite sur la cathode. L'argent formé est raclé et éliminé en continu. On désigne ce procédé par l'appellation "procédé de Möbius".

E - Traitement du plomb argentifère :

Le procédé ancien est la coupellation : chauffé en atmosphère oxydante, le plomb s’oxyde et pas l’argent.


Coupellation

Le pattinsonage enrichit le minerai avant la coupellation : on met à profit l’eutectique en chauffant plusieurs fois. Le plomb se sépare lors du refroidissement et on rajoute du minerai avant de re-chauffer. C’est un procédé lent et coûteux.


Diagramme binaire argent plomb

Le procédé moderne est le zingage :

L’argent est plus soluble dans le zinc que dans le plomb, le zinc et le plomb fondus se séparent en 2 couches dont les compositions varient avec les températures. Aux environ de 800°C les 2 métaux sont complètement miscibles et, troisième élément sur lequel se base cette technique, au dessous de leur température de fusion les alliages argent-zinc sont plus ou moins insolubles dans le plomb saturé de zinc. L’opération de déroule en 3 étapes :
- Alliage ternaire Ag-Pb-Zn vers 450 degrés
- Elimination du zinc par distillation
- Coupellation de l’alliage Pb-Ag restant (4% Ag)

Cette dernière se fait dans des sortes de fours à réverbère portant des rigoles pour l’écoulement de la litharge qui est éliminée. Quand on atteint 1000°C environ on voit apparaître l’argent métal (phénomène de l’éclair) sous la litharge.


Galène © webmineral

F - Traitement du cuivre argentifère :

La récupération des métaux précieux dans les boues du raffinage électrolytique du cuivre est facile et rentable. (A titre d’exemple dans une mine de cuivre que j’ai visitée en Australie la totalité des frais salariaux était payée par la récupération annexe d’or….)

La composition des boues peut être la suivante :
- Cu 10 à 40%
- Ag 10 à 50%
- Au 1%
- Pb 2 à 10%
- Se 3 à 20 %
- Te jusqu’à 7%
- S jusqu’à 10%
- Sb jusqu’à 8%

On élimine le cuivre le selenium et le tellurium par grillage oxydant vers 500°C puis on dissous le cuivre dans l’acide sulfurique. Par coupellation à 1200°C on élimine le pb le bismuth et l’antimoine dans un premier temps puis As, Sb et Se partent sous forme d’oxydes volatils et pour finir Te et Se sont éliminés par addition de nitrate et carbonate de sodium. L’opération prend environ 3 jours et le métal doré obtenu contient environ 98% d’argent et 2% d’or et de platine, il est ensuite purifié par électrolyse (Möbius).

G - Obtention d’argent chimiquement pur.

L’obtention d’argent chimiquement pur est très compliquée et dérive de la méthode de Stas. On dissous d’abord le métal dans l’acide nitrique. On évapore à sec. Puis fusion et décomposition des autres sels métalliques. Redisssolution dans l’eau. Cristallisation fractionnée. Reprise par l’ammoniaque. Réduction par le sulfite d’ammoniaque à 70°C. Fusion de AgO sur de la chaux vive dans un courant d’hydrogène puis sous vide. On obtient enfin de l’argent pur avec moins de 4.10-5% de Ca.

La teneur de l'écorce terrestre est d’environ 0,1 ppm, partie par million soit 1 gramme par tonne d’écorce terrestre ce qui paraît énorme ! Environ 50 % de la production mondiale  provient des mines de plomb, 25 % de mines de cuivre et 15 % de mines d'or. Seulement 17 % vient de mines exclusivement d'argent.

La production totale mondiale voisine les 15500 tonnes dont 550 pour l’Europe. Le Mexique est le principal producteur avec 2500 t (Peñoles 1 000 t et IMMSA  350 t ),  suivi de près par le Pérou avec 2000 t et puis avec 1500 t on a les USA (la moitié dans le Nevada), l’ex URSS, et le Canada. Les réserves minières mondiales sont estimées à 250 000 t d’argent.
La production secondaire mondiale est estimée à 4 700 t dont 1 300 t aux États-Unis, 850 t au Japon, 450 t en Allemagne. Cette production vient essentiellement des stocks ( l’Inde par exemple aurait un stock d’argent allant jusqu’à 160 000 t…mais les investisseurs stockent tous les métaux  bien cotés en bourse) et du recyclage, en particulier de la photographie, ce qui, avec l’apparition du numérique tend à diminuer fortement.

La production minière française était de 2,8 t d’argent, des mines d'or de Salsigne, minerai contenant 20 g Ag/t, et la mine du Bourneix a produit  118 kg d'argent, en 1996. A lire sur notre site : "L'or la magie des alchimites". Production française à partir de minerais de Pb et Zn importés : 202 t. Le recyclage de vieux déchets d'argent usagé : 140 t.

- Consommation : 781 t.
- Importations de métal brut (1992) : 802 t.
- Exportations de métal brut (1992) : 293 t.
Données de la Société Française de Chimie.

La mise en exploitation du Cerro Rico (actuellement Bolivie) par les Espagnols en 1545 va entraîner un énorme bouleversement dans l'économie européenne moderne en conduisant à la faillite la plupart des mines d'argent du vieux continent.

L'exploitation des ressources du sous-sol implique une série d'opérations et de multiples difficultés. Pour mener à bien leur exploitation, les mineurs firent  appel à des solutions techniques qui évoluent au cours des âges.


Gravure : exploitation minière

Après la découverte d'un gisement  par observation et prospection des affleurements, les recherches se poursuivent par des travaux souterrains : galeries et puits qui suivent le filon. Les chantiers prennent alors la forme du gisement et forment des salles ou des grandes fissures inclinées. Le minerai, en tous les cas dans l’histoire, fait l'objet d'un premier tri sur place. Le stérile et est abandonné en remblais ce qui limite l’effondrement et diminue le transport.

Les mineurs utilisent le pic, le burin et le marteau, ils recourent à la taille au feu en roche très dure. Au XVIIe siècle, apparaît la poudre noire, explosif à base de charbon, salpêtre et soufre, puis, à partir de 1860 la perforation mécanique. Le transport se fait à dos d’homme, à la brouette puis par roulage ou treuillage.

L'aérage se fait par des puits et on utilise les courants d'air qui se créent entre l'intérieur et la surface. Les eaux d'infiltration sont canalisées, pompées mais demeurent un problème.

Le minerai doit subir un traitement préalable appelé minéralurgie : trier et enrichir le minerai, voire séparer les différents minerais. Tri à la main, concassage sur des enclumes en pierre, lavage sur des plans inclinés en bois furent le lot des travailleurs jusqu’aux machines du XIXe.  Au XXe de nouveaux modes d'enrichissement par voie chimique : la flottation, la cyanuration, etc. apparaissent.

A une teneur satisfaisante, le minerai peut enfin subir les opérations pour obtenir le métal pur : c'est la métallurgie.
Plusieurs mines françaises ont rouvert, non pas pour l’exploitation mais pour la recherche tant en histoire qu’en archéologie.

La mine mythique de Potosi, un peu d’histoire politique et minière. Voici quelques dates clés de l’histoire d’un pays qui a perdu les 2/3 de son territoire et une grande partie de ses richesses minières, il ne reste que la misère…

- 900 à 1200 Civilisations de Tiahuanaco (Tiwanaku).
- 1544 Découverte des mines d'argent de Potosi.
- 1555 Potosi, décrétée ville impériale par Charles Quint.
- Env. de 1750…Déclin de l'exploitation des mines d'argent de Potosi.
- 1781 Immense révolte indienne.
- 1810 - 1820 Guérilla rurale contre les troupes espagnoles.
- 1824 Victoire décisive du maréchal Sucre à Ayacucho.


Carte de la Bolivie en 1825

- 1825  Création de la république de Bolivar (ex- Haut pérou).
- 1879 - 1883  Guerre du Pacifique.
- La Bolivie perd définitivement son accès à la mer.
- 1901 Guerre de l'Accre avec le Brésil.
- La Bolivie perd une grande partie de son territoire.
- Début 20è siècle :  L'exploitation de l'étain remplace celle de l'argent.
- 1932 - 1935  Guerre du Chaco avec le Paraguay.
- La Bolivie perd 200.000 km².

Et une petite histoire très brève  de la ville et de la mine : Les mines du Cerro Rico, la «riche colline» qui surplombe la ville de Potosi, en Bolivie, sont encore en activité. C’est l’histoire d’une ville, mais aussi d’un colonialisme sauvage qui sont aujourd’hui indissociables de la tragédie de Potosi. Encore plus de 12 000 mineurs dont 2000 enfants âgés descendent chaque jour travailler dans des conditions épouvantables.


Potosi, Bolivie, © Google earth

Potosi, cette ville, située à 4090 m, a donc été créée en 1545. Le précieux métal, pendant 300 ans de contrôle colonial, a servi à financer l’Espagne, et ses extravagances au prix des pires atrocités. Dès le début, les mines ont nécessité le recrutement de milliers d’esclaves indigènes et africains. Les conditions de travail de ces « mitayos » : travailler par rotation de douze heures, et demeurer soit manger, travailler et dormir sous terre quatre mois d’affilée. Ils devaient se couvrir les yeux à la sortie et mouraient après quelques années en raison de la silicose et des accidents de travail. Entre 1545 à 1825, plus de 8 millions sont morts… l’argent était, quant à lui, acheminé en Espagne par bateau. En 1672, Potosi comptait plus de 80 églises et 200 000 habitants, une des plus grandes villes du monde, au 19è, cette population a chuté à 10 000 habitants et les luttes pour l’indépendance entraînèrent le pillage de ses richesses vers l’Europe, en même temps, la production du Cerro Rico commençait à chuter.


Mines d'argent (Potosi, Bolivie)

Potosí : mine d’argent, souffrance de plomb. RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine.
Source : Il Manifesto / Le Courrier, CH, avril 2005. Traduction et adaptation : Luca Benetti. Extraits (légèrement modifiés) d’un reportage parmi les mineros de Potosí, en Bolivie, esclaves d’une exploitation minière d’argent qui n’en rapporte d’ailleurs plus beaucoup, par Irène Caselli

Alberto a 29 ans et se lamente…Nous sommes à 100 mètres sous terre, dans une galerie qui ne dépasse pas un mètre cinquante de hauteur, creusant des trous dans la roche avec un petit scalpel. Il travaille depuis l’âge de 16 ans dans une mine d’argent de Potosí, en Bolivie. La plupart de ses collègues ne résistent pas plus de dix ans avant de succomber à la silicose. Potosí est un nom que les passionnés d’Amérique latine connaissent bien. L’histoire de l’Occident est étroitement liée à cette petite ville bolivienne, qui fut la plus riche de tout le continent. Le contraste entre la population, indigène et pauvre, et l’architecture, coloniale et raffinée, est saisissant. Cette montagne regorgeait d’argent pur, alors qu’elle n’est aujourd’hui plus qu’un trou béant chargé de sueur et de sang.

Les Espagnols recrutaient chaque année 12.000 indigènes pour travailler dans les mines d’argent. En 1573, la ville comptait 120.000 habitants. Autant que Londres, davantage que Madrid, Paris ou Rome. Les fêtes y duraient des mois entiers, des dizaines d’églises et de palais étaient décorés de matériaux précieux.

Pendant l’administration espagnole, 80 esclaves par jour perdaient la vie dans les mines. Ceux qui ne mouraient pas d’un accident décédaient de pneumonie à cause de l’écart thermique entre l’intérieur de la montagne et l’extérieur. A plus de 4000 mètres d’altitude, il fait froid toute l’année.

Les conditions de travail sont meilleures aujourd’hui et il y a moins d’accidents. Mais les mineurs qui travaillent dans les zones les plus pénibles finissent par mourir mais…   90% des 8.000 mineurs font ce travail car ils n’ont pas d’alternative, on y gagne entre 45 et 47 euros par mois. Si la famille a besoin d’argent, il est possible de travailler 20 heures par jour ! Les plus jeunes, à la mine, n’ont que 8 ans.(voir bibliographie sur le travail des enfants à la mine).

Le guide, après nous avoir équipés d’un casque et d’une lanterne, nous amène au marché: dynamite, mèches, cigarettes, feuilles de coca et boissons. Les mineurs, pour pallier le manque d’énergie, mâchent des feuilles de coca toute la journée. Cela permet d’éliminer la fatigue et de couper l’appétit.
 
Aujourd’hui, on extrait surtout de l’étain, du zinc et de la poudre d’argent. Mais seul 60% du raffinage est effectué sur place. Le reste se fait en Europe car la Bolivie manque de fonds et de main-d’oeuvre spécialisée pour valoriser ses propres ressources. Sur un mur de la ville, on peut lire une phrase du cubain José Marti : « L’éducation est le seul moyen pour s’affranchir de l’esclavage. » Beaucoup de Boliviens pensent que leur pays est esclave des multinationales étrangères en particulier. Un récent article de fond du journal El Potosí affirme que les élus politiques devraient écouter davantage le peuple, surtout les indigènes, autrement la situation risque d’exploser, comme en 2003…


Quelques mines françaises, il serait beaucoup trop long de faire le tour de la planète !

1 -  la mine d’argent de Castel-Minier (Ariège, Aulus-les-Bains)

Il semble qu’il s’agisse d’une grande exploitation avec  ses ateliers de traitement de la galène argentifère et un château datant du XIVe. Il s’agit d’un gisement de plomb argentifère et de zinc dans des dolomies et des schistes paléozoïques. La minéralisation concerne 3 filons.

Castel-Minier fut, d’après les textes, une des plus importantes mines d’argent du royaume de France. Se trouvent réunis ici, les zones d’extraction, les ateliers de préparation et une fonderie de plomb et d’argent, à savoir l’ensemble de la chaîne opératoire. Le Castel-Minier permettrait une étude approfondie du réseau souterrain, étendu et bien conservé, des ateliers de surface et du mode de vie des mineurs au XIVe siècle.

La prospection géophysique a été conduite par le laboratoire de géophysique appliquée de l’université de Paris 6 sous la direction de Nicolas Florsch, professeur de géophysique. Cette phase a mis en évidence une activité de transformation et de production de fer, en plus de l’activité minière et métallurgique propre au non ferreux.

2 -  les mines du Fournel dans les Alpes (massif des Ecrins) font la même démarche. Cette mine a été redécouverte vers 1990 en piteux état et ont donné lieu à un chantier archéologique de grande ampleur qui se poursuit aujourd'hui.
Le secteur minier est situé sur le territoire de la commune de l'Argentière-la-Bessée dans la partie aval du Vallon du Fournel juste avant la vallée de la Durance.

Le filon principal est encaissé dans des quartzites, découpé en panneaux orientés NE-SO, inclinés vers le sud-est de 15 à 40°, et disposés en marches d'escalier, entre 1050 et 1700 m d'altitude. Il se poursuit sous le niveau du torrent. Sa minéralisation est concentrée dans une bande de 0,50 à 1,50 m d'épaisseur.

Le minerai est presque exclusivement de la galène argentifère titrant 2‰ au maximum - mélangé à. On trouve également du quartz et de la barytine de la pyrite, de l'azurite, de la malachite, des traces d'arsenic, de blende, de géochronite, tétraédrite, boulangérite…

3 -  Le district minier de Sainte-Marie-aux-Mines (massif Vosgien) est un des plus importants districts argentifères de France.  On y dénombre actuellement plus de 1000 entrées de galeries et orifices de puits. Les gneiss de Sainte-Marie-aux-Mines, dont certains sont d’âge précambrien, sont classés en deux groupes, les gneiss à biotite et sillimanite et les gneiss variés qui chevauchent les premiers.


Sainte-Marie-aux-Mines, bourse aux minéraux.

Les filons se sont constitués à partir de fractures provoquées par des mouvements de l'écorce terrestre dans les gneiss variés qui contiennent les filons les plus intéressants. Des solutions hydrothermales ont circulé dans les fractures en dissolvant les éléments métalliques contenus dans les anciens gneiss. En se rapprochant de la surface et en se refroidissant, les substances dissoutes ont précipité se concentrant dans les fractures qui sont devenues des filons. six formations constituent ces dépôts :

1: calcite à hématite et quartz calcédonieux.
2: surtout cuprifère : cuivre gris, chalcopyrite, cubanite et bismuth;
3: arsenic natif, arséniures.
4: galène, blende, cuivre gris
5: fluorine et barytine, dans le haut des filons
6: carbonates d'argent, à l'origine de la célébrité de Sainte-Marie-aux-Mines.

Le dépôt de ces minéralisations serait d'âge tertiaire, contemporain de l'effondrement du fossé rhénan. La production totale d'argent a été estimée à plusieurs centaines de tonnes, la mine la plus riche ayant été Saint-Guillaume au bois de Saint-Pierremont.

Le Muséum d'histoire naturelle de Paris conserve d'anciens échantillons et la collection systématique du Musée de Minéralogie de l’Ecole des Mines de Paris une cinquantaine d’espèces minérales provenant de Sainte-Marie ainsi que les minéraux nouveaux décrits à Sainte-Marie-aux-Mines.
Les minéraux d'argent sont représentés par l'argent natif en touffes, filaments, ou encore dendrites formées d'empilements d'octaèdres parfois allongés. D'autres minéraux d'argent sont les argents rouges : proustite, pyrargyrite, l'argent corné ou cérargyrite, l'argent vitreux ou argentite. D'autres minéraux argentifères, plus rares, sont représentés par la xanthoconite, la myargyrite. l'argentopyrite, la dyscrasite, la polybasite, l'aramayoite, la pearcéite, la dervillite, la matildite, la pavonite. Par ailleurs, l'argent se trouve dans la galène, 0,06 % à 0,1 % d'argent, et le cuivre gris, principaux minerais d'argent au plan économique. Parmi les nouvelles espèces minérales décrite à Sainte-Marie-aux-Mines, citons le sulfosel appelé dervillite : Ag2 As S2 (Weil 1941)

4 - Les mines de Melle dans les Deux-Sèvres.

L'exploitation s'est déroulée entre 602 et 995. Le minerai est de la galène argentifère.


Melle, logo des mines

La numismatique montre un monnayage mellois en argent entre 768 et 1189. Une des particularités des mines de Melle est d'avoir été ouverte au feu en faisant exploser la roche avec des bûches dressées contre les parois. La mine prend alors des formes très arrondies qui sont typiques. Après l'abattage, le minerai est sorti pour être concassé, lavé et calibré.
Le minerai subit plusieurs fontes jusqu'à l'obtention de l'argent : une première fusion donne du plomb argentifère, puis la coupellation sépare le plomb de l'argent qui sera coulé en lingot et envoyé à l'atelier monétaire. Charles le Chauve, en 864, limite à dix le nombre d'ateliers battant monnaie dans tout l'empire dont Melle. Les monnaies frappées à Melle sont le denier et l'obole.

1 - Les piles électriques de Bagdad, mystère ou mystification ?

En 1938, un archéologue autrichien, le Dr W. König, s'est penché sur un "objet cultuel" reposant au fond des caves du musée de Bagdad : un petit vase en terre cuite de 15 cm de hauteur sur environ 7,5 cm de diamètre. Emergeant du bouchon bitumineux, une tige en fer, insérée dans un cylindre en cuivre est isolée de celui-ci à sa base par un tampon de bitume ; le cylindre de cuivre est soudé avec son capuchon par un alliage plomb/étain. Plusieurs de ces piles ont été trouvées à Khujut Rabu, près de Bagdad. Dix autres piles furent découvertes plus tard à Ctesiphon.


Pile de Bagdad démontée

Le cuivre porte une patine bleue caractéristique de la galvanoplastie à l'argent. On peut s’interroger sur l’usage que les Parthes pouvaient en faire d’une pile électrique : ils n’avaient pas de lampes ! Le plus vraisemblable est l’électrolyse, à des fins d’argenterie, par exemple.

Dans de nombreux cas, il a été établi que la finesse de la couche de métal précieux a été obtenue par martelage sur l’objet lui-même réalisé, par exemple, en cuivre ou en bronze. On chauffait ensuite l’objet, de manière à obtenir une parfaite adhérence du métal précieux. Mais il possible que dans certains cas, l’argenture ait été obtenue par électrolyse.


Pile de Bagdad

Il ne faut pas oublier, que, dès le IIIe millénaire avant notre ère, les artisans joailliers de très nombreuses civilisations antiques avaient un perfectionnement qui a beaucoup surpris historiens et archéologues : ainsi la soudure était pratiquée dès le IIIe millénaire et au Mexique, les joailliers utilisaient des bains chimiques pour débarrasser les alliages or-cuivre des teneurs en cuivre de surfaces.

2 - Les mystères des mines d'argent de Périclès et la richesse d’Athènes.

Denis Morin : Unité Toulousaine d'Archéologie et d'Histoire, Toulouse. En collaboration avec Institute of Geology and Mineral Explorationer et l'École française d'Athènes.

Les grecs développent un système monétaire qui va s'étendre à toute la Méditerranée, chaque cité frappe sa propre monnaie ce qui offre une diversité impressionnante d'effigies et de symboles. On y trouve évidemment les emblèmes des villes, des portraits de dieux et héros du panthéon grec, des symboles de victoire... Toutes ces monnaies sont d'une qualité époustouflante pour l'époque, particulièrement au Vè et IVè s. avant J.C.. Les grecs avaient compris l'importance de la monnaie et les symboles que l'on pouvaient faire voyager via ce support. Les Athéniens ont ainsi réussi à s'imposer dans la Méditerrannée toute entière grâce à la fameuse drachme d'Athéna à la chouette, symbole de la cité. Ces monnaies perdureront jusqu'au Ier siècle avant notre ère.


Tétradrachme d'Athena, Ag, Vème av JC

Les mines du Laurion furent l'un des fondements de la puissance d'Athènes sous Périclès. La production massive de pièces d'argent, les célèbres drachmes à chouette lauriotique, favorisèrent le financement de plusieurs campagnes militaires. Sur 150 km2, des centaines de puits, jamais visités, conduisaient vers les plus importants gisements de l'Antiquité.


Euro grec reprenant la chouette de laurion

Une équipe d'archéologues et de géologues tentent de le comprendre comment les Grecs extrayaient les minerais d'argent des profondeurs. Deux missions franco-grecques, 2002 et 2003, ont permis de descendre au fond de puits creusés dans le marbre, cinq siècles avant notre ère, à l'aide de pics. L'extraordinaire ingénierie technique des Grecs qui savaient forer des puits verticaux et réguliers leur permettait d'extraire le minerai au moyen de treuils… De section carrée de 1,90 m de côté, séparés par une cloison en rondins de bois en deux conduits : un tiers pour l'un, aménagé en escalier, deux tiers pour l'autre contenant les treuils de remontée.


Lavoirs des mines de Laurion

Certains des puits mesurent plus de cent mètres de profondeur et, l'oxygène rare, nécessitait un système d’aérage encore inconnu, même si on a  découvert des galeries de jonction (de circulation de l'air ?) situées à différents niveaux. Des foyers au fond des puits parallèles auraient pu faire des appels d'air (?) ou encore certains de ces puits communiquant par des galeries souterraines sur plusieurs niveaux auraient généré des courants d'air (?).  Comment les Grecs savaient-ils où creuser pour atteindre les filons ? Ils devaient avoir des notions de géologie, puisqu'ils ont  creusé des puits profonds alors que le minerai n’affleure pas à la surface. 


Denier d'Alexandre Severe, Ag, IIIè ap. JC


3 - Une pollution moyenâgeuse, 1000 ans après…
Environ. Sci. Technol., vol. 40 (17), pp. 5319-5326, 26 juillet 2006

Sandrine Baron et ses collègues du Centre de recherches pétrographiques et géochimiques (CRPG) de Nancy, associée à des archéologues, a montré que les sites miniers de plomb de l’époque médiévale, celui du massif du Mont Lozère en particulier, porte les traces de cette pollution de 800 ans, et ce sur 200 mètres autour des anciens ateliers où le plomb argentifère était traité. Les datations au carbone 14, réalisées sur des charbons de bois ont permis de les dater. Ainsi, dans les échantillons les plus riches en plomb (7 à 19 % masse), le plomb provient essentiellement de l’époque médiévale.
Or le plomb est toxique. Présent dans le sol, l’eau et la chaîne alimentaire. La teneur en plomb actuellement autorisée est de 0,025 ppm dans les eaux et entre 0,02 et 1 ppm dans les aliments, selon les directives européennes. Les analyses ont révélé que les concentrations sont supérieures à 20 000 ppm dans le sol des ateliers et comprises entre 20 et 100 ppm dans le bois des bouleaux poussant sur aux alentours (surface de 8 km carrés). Une du Moyen Âge, mais importante !


Denier d'Auxerre, Ag, IXè ap. JC

4 - La fabrication de la monnaie avant l’introduction de la frappe au balancier
F. Téreygeol, A. Arles - Laboratoire Pierre Süe UMR 9956 CEA-CNRS

Les fouilles (1994-1995) de l’Hôtel de la monnaie de La Rochelle ont mis au jour des déchets métalliques expliquant les étapes de fabrication d’une monnaie de cuivre et d’argent : lingot, carré et flan monétaire. Ce cas est unique en Europe, on n’avait jamais fouillé un atelier monétaire royal du XVIe -XVIIe. Il n’a pas connu les machines que sont le balancier et le laminoir. La production se rattache à un mode opératoire médiéval. Il a été possible de reconstituer expérimentalement, à Melle, cette chaîne opératoire pour avoir des artefacts comparables au matériel trouvé. La comparaison peut intéresser les paléométallurgistes, les numismates et les historiens de l’économie et permet de proposer un schéma de production de la monnaie à bas titre (5 à 10 % d’argent) pour les périodes antérieures à l’introduction de la frappe au balancier. 


Fonte des métaux, Histoire de gentulus septentrionalibus, Magnus 1555

5 - Minéralurgie sur les mines de Jabali , au Yémen, mission 2004.
UMR 9956 CEA-CNRS, LAMOP, Université Paris I,  BRGM, Orléans

Le texte du géographe yémenite al-Hamdânî (Xe ), un traité sur l’or et l’argent, dit que la mine de al-Radrâd (actuel site de Jabali, Yémen) fournissait annuellement 1 000 000 de dirhams et que, toutes les semaines, 20 000 dirhams quittaient la mine à dos de chameau. Le gisement de Jabali, plomb (galène argentifère à 0,1%), zinc (blende) de fer (pyrite) sur près de 10 hectares comporte un nombre considérable de sites anciens. La zone d’oxydation - partie supérieure du gisement -  était exploitée à ciel ouvert, mais aussi par chambres à piliers et dépilages souterrains. Trente galeries d’accès ou d’exploitation, de 10 à 150 m sont accessibles et des puits de 25 m sont encore ouverts. Des résidus et d’anciennes canalisations d’eau prouvent l’existence d’ateliers. Les fonderies se trouvaient à 5 km au nord-ouest de la mine (scories).
Longtemps l’histoire disait que l’Occident chrétien fournissait aux arabes le métal en échange d’or et de produits de luxe. Mais ce schéma est dépassé, la production d’argent en Iran, au Maroc à l’époque médiévale a été prouvée mais on n’avait pas d’information sur le Proche Orient arabe. L’étude du site de Jabali permet de reprendre cette histoire à travers l’approvisionnement en argent de ses propres ateliers monétaires. Jabali semble avoir atteint son apogée en même temps que Melle (Deux Sèvres, France).

6 - Centre de Développement en Art et Culture Médiévale    
D’après l’article : La Frappe de Monnaie, de Laurent Vallier et Fabian Müllers

La monnaie remonte à l’Antiquité, c’est une pièce de métal frappée d'une empreinte par une autorité souveraine. En France, la plus ancienne pièce fut frappée à Massalia par les Grecs vers -500 av. J.C. Chez les Grecs de petites pièces avec des motifs stylisés et un nom, modèle qui  se retrouve chez les Gaulois. Les Romains frappaient des pièces d'une grande finesse, avec un personnage sur une face, et un symbole sur l'autre. Les pièces médiévales sont plus grossières. Il n'y existe pas de modèle précis et la diversité des ateliers n'arrange pas les choses. Il faut attendre le XIIIème : François Ier  mettra son visage sur son "gros blanc", un denier d'argent.

La monnaie du Moyen-Age comporte une unité de valeur : le marc d'or ou d'argent, soit 8 onces (245 g dans ateliers royaux de Troyes).

- La taille est le nombre de pièces que l'on peut tirer d’un marc.
- Le titre (ou aloi) est la proportion de métal précieux, pour l'or en carat, pour l'argent en denier d'aloi.
- La combinaison du titre et de la taille donne la valeur de la monnaie. Les ateliers avaient une tolérance pour la taille et le titre. Ils rognaient au maximum sur le métal précieux pour augmenter leurs bénéfices !
- Les coins sont des matrices gravées, entre lesquelles on place le flan : un coup de masse et la pièce est marquée.
- La pile est le coin fixé sur un billot de bois, ou coin dormant, avec l'avers.
- Le trousseau, avec le revers, est le coin libre qu’on frappe avec une masse d’où le terme de « frapper monnaie ».

Les ateliers de frappe étaient donnés en charge directement par le roi à des privés. Le maître d'atelier s'engageait à battre une quantité de métal fixée. Les coins étaient fabriqués par des orfèvres assermentés. Un atelier se compose d'un maître, d'ouvriers tailleurs et de monnayeurs et les places se transmettaient par héritage avec quelques privilèges : pas d'ost, ni de droits de péage, ni d'impôts. La complexité du commerce, la livre qui n'a pas le même poids partout et encore certains ateliers qui rognent sur la quantité de métal provoquent l’apparition de monnaies qui ne contiennent pas le même poids de métal précieux, et donc n'ont pas la même valeur : le denier parisi (Paris) n'a pas la même valeur que le denier tournois (Tours).

7 - Terminons par un tout petit lexique :

Livre : étalon de poids qui  permet de quantifier le poids d'argent placé dans un denier. Elle est aujourd'hui une monnaie réelle utilisée dans certains pays : Angleterre, Egypte, Turquie, Pérou.
Sou : monnaie mérovingienne utilisée tout au long du Moyen-Age = 12 deniers.
Denier : défini très précisément par Louis le Pieux en 825. Il faut une livre, 460 g, d'argent pour tailler 240 deniers.


Denier de Louis le Pieux, revers,  BNF, 20mm, 1,77g

Maille : petite monnaie de cuivre vaut 1/2 denier.
Méreau : petite monnaie souvent coulée en plomb.

1 - L’argent en bourse  fin 2006

Après l'or, qui tutoie en ce moment des cours qu'on n'avait pas vu depuis 1980, c'est au cours de l'argent d'inscrire son propre record : l'once 'troy' (31,10 g) de métal blanc dépasse les 10 dollars, du jamais vu depuis 1984, selon les statistiques du marché de New York. Soit il y a 22 ans ! Souvent considéré comme "suiveur" de l'or, l'argent est cependant un métal "adulte" doué d'une autonomie: entre le 31.12.2004 et le 31.12.2005, à Londres, l'once d'or gagnait 17%, celle d'argent 29,5% .

Les ¾ de l’argent exploité dans le monde sont utilisés au FMI. La cause la plus immédiate : les mineurs du Mexique, premier producteur mondial de d'argent, sont mécontents : une explosion dans une mine de charbon a provoqué la mort de 65 mineurs. Cette mine est exploitée par Grupo Mexico, un des principaux producteurs mondiaux d'argent. Les mineurs se sont mis en grève, notamment à la mine d'argent de La Fresnillo et Grupo Mexico a réagi en repoussant toute responsabilité.


Grupo Mexico

Puis des intrigues internes ont pris le relais et cette ambiance de confusion, le travail qui n' a pas repris comme prévu dans les autres mines, les assemblées générales toujours en cours, sans rien de concret et des travailleurs d'autres entreprises et de raffineries de métaux qui se sont mis en grève à leur tour… Craignant pour l'approvisionnement des marchés et jouant la spéculation, les courtiers américains ont procédé à des achats de précaution et fait grimper le cours de l'argent au-delà des 10 dollars.

2 - L’argent aujourd’hui dans le monde et en France entre parenthèses.
(données de la Société française de chimie)

- Bijouterie, argenterie  : 33 % ( 6 %)  Des pièces de monnaie en argent sont fabriquées à partir d'alliages contenant de 40 à 90 % d'argent. La plupart du temps, à cause de la dureté requise de la matière, on ajoute du cuivre. L'argent est facile à travailler. Des bijoux et des objets de joaillerie sont réalisés à partir d'alliages en argent ou à partir de métaux moins nobles qui sont argentés par la suite. Des bijoux plus coûteux sont réalisés en argent et sont munis d'une mince couche de rhodium (rhodiés). La teneur des pièces de monnaie et des bijoux en argent (et d'autres objets en argent) est indiquée en proportions pour 1000. Une teneur de 925 - fréquemment utilisée pour des bijoux - signifie que l'alliage contient de l'argent à concurrence de 92,5 %.


Argenterie

- Photographie et radiographie  : 28 % (47 %) diminue très rapidement à cause du numérique. Mais, en 1996, dans le monde, près de 3 milliards de films photographiques ont été vendus dont 900 millions aux Etats-Unis, 650 millions dans l'Union européenne, 390 millions au Japon. Une once d'argent (31,1035 g) permet de réaliser 5 000 photographies couleur d'un format standard.

- Électricité, électronique  : 14 % (23 %)  Contacts électriques : l'argent utilisé dans ce domaine est le plus souvent mélangé à de l'oxyde de cadmium CdO ou, de plus en plus, de l'oxyde d'étain SnO2 afin d'absorber l'énergie de l'arc électrique et diminuer les forces de soudure des contacts. (Ag, le cas échéant est allié avec Au, Cu ou Pd) Mais aussi fusible électrique et électrodes.

Soudure, brasures  : 5 % ( 5 %) 
Pièces et médailles  : 3 % ( 1 %)
Tout le monde connaît les médaillés des Jeux Olympiques mais il y a des médailles d’or et d’argent dans tous les domaines.


Revers d'une pièce  Hercule 50 FF frappée à 4,3 mio d’exemplaires en 1974 sous Giscard,  d’un poids total de 30 g dont 27 g Ag,

3 - Autres usages industriels  : 18 % (17 %) 

Catalyseur pour la production de formaldéhyde.

Bactéricide et algicide, l'argent est employé dans la purification de l'eau.

Batteries à l'oxyde d'argent. Les piles boutons en argent fournissent une tension via un couple Zn-Ag2O. La réaction que l'on obtient en présence de courant est décrite ci-après:

pôle négatif:      Zn + 2 OH-             →   ZnO + H2O + 2 e-
pôle positif:        Ag2O + H2O + 2 e-  →  2 Ag + 2 OH-
total:                 Zn + Ag2O             →   ZnO + 2 Ag          (en solution alcaline)

Il existe également des piles boutons avec le couple AgO/Cd et AgO/Zn et avec d'autres oxydes d'argent (Ag2Ox avec 1 £ x £ 3). Ces piles peuvent distribuer une plus grande quantité de courant avec une seule et même quantité d'argent.

Elaboration de miroirs. L'argent est un des meilleurs réflecteurs pour la lumière et il est en même temps résistant à la corrosion. Pour la fabrication de miroirs de bonne qualité, on applique une mince couche d'argent pur sur une plaque en verre. Cette application peut avoir lieu par précipitation d'argent à partir d'une solution de sel d'argent (complexe), par addition d'un agent de réduction ou par chauffage et par évaporation sous vide.

Lunettes photosensibles : Dans le verre photosensible pour lunettes, on utilisait du chlorure d'argent et/ou du bromure d'argent et de l'oxyde de cuivre. Lorsque la lumière frappe le verre: AgCl  →  Ag +  Cl 
Les atomes d'argent forment des particules extrêmement petites de métal d'argent qui absorbent ou réfléchissent la lumière incidente. Le pourcentage de lumière, qui traverse le verre, peut ainsi être limité à environ 22 % (du verre ordinaire laisse passer une quantité de lumière d'environ 92 %).
Les atomes de chlore sont entraînés par les ions Cu+
Cu+  +   Cl  →  Cu2+   +   Cl- 
Lorsque la lumière solaire disparaît, on assiste au processus inverse :
Cu2+ + Ag  →  Cu+ + Ag
Les ions argent et les ions chlorure forment à nouveau de petits cristaux de AgCl. La lumière n'est plus absorbée/réfléchie et le verre redevient plus clair. Ce procédé peut se répéter de manière pratiquement illimitée.

En Inde, l'argent est considéré comme étant aphrodisiaque et bon pour la santé. Il est souvent incorporé sous forme de fines feuilles d'argent dans des sandwichs et bonbons ou le tabac. En moyenne, la consommation est de 30 mg d'Ag/indien/an.

4 - Photographie

Ce paragraphe sera très court parce qu’il devient obsolète de parler de photographie argentique même en imagerie médicale.
L'argent métallique, lorsqu'il est très finement divisé, est de couleur noire. Des sels d'argent, tels que le chlorure d'argent, le bromure d'argent et l'iodure d'argent, sont sensibles à la lumière et se décomposent sous l'influence de la lumière. A des fins d'utilisation dans la photographie, on applique une mince couche d'un sel d'argent (avec un liant) sur du papier ou sur un film. Lors de l'exposition à la lumière de ce matériau, on obtient la réaction ci-après :
sous l'influence de la lumière : 2 AgBr         →        2 Ag + Br2

Lors du développement, le bromure d'argent, qui n'a pas réagi, est éliminé avec du thiosulfate de sodium. L'argent métallique est responsable du noircissement du film ou du cliché. Bien que la consommation d'argent ait diminué fortement dans la photographie (selon les estimations), on utilisait à l'heure actuelle encore 30 % de la production totale d'argent à des fins photographiques. Une grande partie de l'argent utilisé est recyclée.

Les films et papiers vierges contiennent de 0,5 à 3,5 % d’Ag, et après exposition et développement  de 2 à 15 g/kg de film. Un fixateur usé contient de 4 à 7 g d'Ag/l. Lors du développement, l'argent se réparti, pour de la photographie noir et blanc, moitié-moitié entre le film et le fixateur. Dans le cas de couleur, l'argent passe à 99 % dans le fixateur.

Récupération de l'argent  en photographie :
- films et papiers : par brûlage ou par lavage des supports à l'aide d'une solution bouillante de soude dans éthanol. 95 % de l'argent contenu est ainsi récupéré.
- fixateur : par électrolyse, en continu, Ag se dépose à la cathode. En radiographie, la récupération est de de 2,5 g par m2 d'émulsion fixée soit pour 100 clichés/jour, 7 kg d'Ag par an. Parallèlement à la récupération de Ag, 50 à 80 % du fixateur est régénéré. En France, utilisation de plus de 3 000 électrolyseurs et, en 1991, récupération de 141 t d'argent dans les bains photographiques, soit un taux de récupération de plus de 80 % !

5 - Recyclage des métaux précieux
d’après un article de BLAZY Pierre et JEHANNE Yves dans Techniques de l'ingénieur. Matériaux métalliques, 2002, vol.3. (Je n’ai pris en compte que ce qui concerne l’argent.)

On peut estimer que la récupération des métaux précieux (Pt, Pd, Rh, Au et Ag) constitue économiquement un apport dans l'optique d'un développement durable. Pour les métaux précieux le recyclage est de l'ordre de quelques dizaines de pour-cent. Cette situation est explicable : en effet, les métaux précieux ne sont systématiquement recyclés que s'ils interviennent dans un processus industriel (réfractaire ou catalyseur au Pt). Lorsqu'ils entrent dans la composition de produits, les quantités sont infimes, les « gisements » pauvres et dispersés. De plus, leur inaltérabilité naturelle fait que le secteur bijouterie-joaillerie n'apporte qu'une contribution faible.


Argenterie-brocante-Paris

Les déchets électroniques ou scraps sont considérés comme un des principaux matériau à recycler car il contient des métaux précieux (Pt, Pd, Rh, Au, Ag) et des métaux lourds. Le développement de l'informatique, de l'automatisme etc. font prévoir une abondance de ce type de déchets mais les quantités décroissantes de métaux précieux utilisés, la miniaturisation, la décroissance dans le secteur de l'armement jouent en sens contraire. Pour le recyclage de l'argent, la situation est très complexe. La valeur moyenne du recyclage de l'argent dans les secteurs de l'industrie, de la photographie et de la bijouterie n'est que de l'ordre de 20 %. Comme il est d'usage courant dans la profession, les pourcentages indiqués sont des pourcentages massiques.

6 - Archéologie :

Mise en place d’une plate-forme expérimentale à Melle (Poitou-Charentes) 
F. Téreygeol CNRS CEA, article paru (2005) sur le site du DRECAM, Département de Recherche sur l'État Condensé, les Atomes et les Molécules.

La réussite des collaborations entreprises par le site de Melle avec l’Université de Poitiers et l’Université de Paris I incite à mettre en place une nouvelle collaboration avec le CNRS et le CEA d’expérimentation paléométallurgique. Actuellement la quasi totalité de la chaîne opératoire de production de l’argent peut être expérimentée sur le site. Il ne manque qu’une étape : la coupellation en grand : de quelques grammes pour l’essai, il faut traiter plusieurs dizaines de kilogrammes de plomb argentifère lors d’une coupellation. La mise en place d’une plate-forme expérimentale fixe permettra d’expérimenter pour la première fois ce procédé nécessitant de lourdes infrastructures. La collaboration autour de la construction de ce four fait également intervenir un forgeron et un potier professionnels. C’est le croisement des données archéologiques, archéométriques et historiques et du savoir-faire d’artisans actuels qui donne toutes les chances de réussite à cette entreprise.

7 - Une parenthèse : les principaux poinçons d'orfèvrerie française 
(Lire au sujet des poinçons : "L'or la magie des alchimistes")

Ils permettent de situer l'époque de fabrication de l'argenterie produite à partir du XIIIème siècle en France.
Le poinçon de garantie. Il garantit le paiement de l'impôt sur les métaux précieux, perpétuant ainsi les anciens poinçons de charge et de décharge de l'Ancien Régime. A Paris, les poinçons diffèrent pour l'or et l'argent, et selon que la pièce est de grosse, moyenne ou petite garantie. Afin d'éviter les fraudes, les poinçons de garantie furent renouvelés en 1809 et en 1819.
Les poinçons de titre et de garantie adoptés en 1838 sont encore en usage de nos jours.

Les poinçons de titre sont destinés à garantir l'exactitude du titre exigé par le règlement (teneur en argent du métal). Ce dernier prévoit 2 titres pour l'argent : chiffre 1 ou 2 dans le poinçon. Afin de remédier aux fraudes de faux poinçons, l'Administration des monnaies a été amenée à instaurer de nouveaux poinçons de titre en 1819 et en 1838.
1er titre argent : 950 millièmes de métal fin.
2ème titre argent : 800 millièmes de métal fin.


1er Coq - poinçons

Poinçons de charge : lettre A pour Paris. Ce poinçon est insculpé par le bureau des fermiers des droits du Roi (officiers d'Etat) sur la pièce d'orfèvrerie en cours de fabrication. L'orfèvre s'engage à rapporter l'objet une fois fini pour s'acquitter de l'impôt d'Etat sur les métaux précieux.


Poinçons de charge

Poinçons de décharge : il prouve que l'orfèvre s'est acquitté de l'impôt sur les métaux précieux.
La lettre date ou de jurande : permet de retrouver la date exacte de fabrication de l'ouvrage. Chaque année correspond à une lettre de l'alphabet. Ce poinçon, qui garantit le titre du métal, est apposé par le bureau des orfèvres de la ville, appelé Maison Commun.

Pour la province :
Le poinçon de reconnaissance : lettre ou symbole permettant d'identifier la ville où a été fabriquée la pièce.
Poinçon de jurande ou maison commune : il change à chaque élection de garde de la communauté. Il contient une lettre ou un symbole de la ville d'origine.
Lettre date : si dans le poinçon de Maître Orfèvre apparaît le symbole de la ville, le poinçon de jurande sera généralement représenté par une lettre de l'alphabet identifiant le nom du garde de la communauté en exercice et donc l'année de fabrication de la pièce.


FOUACHE plaque de poinçon de la marque 1775-1781

8 - Cas particulier : traitement cuivre et argent contre la légionellose.
IRH Environnement, Jean-Louis Roubaty, 2001

Les métaux lourds comme les ions cuivre et argent sont connus comme agents bactéricides.  Les ions cuivre (Cu 2+) et argent (Ag + ) forment une liaison électrostatique avec les sites négatifs des cellules, liaisons suffisamment fortes pour déformer l'enveloppe cellulaire et sa perméabilité, ce qui conduit à la destruction de la cellule.
Les ions tuent L. pneumophila, in vitro et in vivo, mais la présence de cuivre peut favoriser une corrosion galvanique ou accélérer la corrosion des aciers galvanisés.

Les ions, générés par électrolyse, sont introduits directement dans le circuit d'eau chaude. La dose d'ions recommandée est de 0.2 ~ 0.4 ppm en ions cuivre et de et 0.02 ~ 0.04 ppm en ions argent, concentrations largement inférieures aux normes autorisées.

La colonisation par la Legionella constatée sur différents points d’un site d’évaluation a été réduite de 75% à 0%. Dans cette étude, lorsque l'ionisation est désactivée, la recolonisation est retardée et le système reste stérile pendant 2 mois supplémentaires. Théoriquement on pourrait s'attendre à un phénomène d'accoutumance de la Legionella sur le long terme mais, à ce jour, ceci n'a pas été constaté.


Tour aéroréfrigérante

- Avantages : coût peu élevé, facilité d'installation et peu de maintenance.
L'efficacité n'est pas affectée par la température, contrairement aux traitements chlorés et aux UV. Legionella est détruite plutôt que confinée
- Désavantages : encrassement des électrodes, celles ci doivent être nettoyées régulièrement pour une optimisation des performances. De plus, la concentration de cuivre et argent peut fluctuer. Un contrôle de la teneur en ions doit être régulier. Le système devra disposer d'une électronique capable de maîtriser l'électrolyse de l'électrode.

9 - Autres utilisations de l’argent :

Applications sous forme d'une substance indécomposable (élément) ou sous forme d'alliage:
-- appareillage pour la chimie car bonne résistance à la corrosion (bases caustiques en particulier)
-- condensateur
-- traitement de l'eau potable dans les réservoirs équipant des bateaux et des camping-cars (jusqu'à concurrence de 0.08 mg/l)
-- feuille (jusqu'à 2,7 mm)
-- matière antifriction (fréquemment utilisée dans les locomotives diesel aux USA)
-- pigment dans des sucreries et des cosmétiques (E174)
-- cuve de réacteur
-- barre de contrôle dans des réacteurs nucléaires (Ag, In, Cd)
-- plombage (60 - 70 % de Ag, 20 - 30 % de Pd, environ 10 % de Cu et une petite quantité de Zn, de Co, de Ni ou d'un amalgame de Ag/Sn/Hg)
-- bouteille Thermos

Applications sous forme d'une substance décomposable (composé) :

Antiseptique, pommade contre les brûlures, cosmétique, coloration des sourcils et des cils : AgNO3 (jusqu'à 4 %). Désinfection de la gorge.  Elimination des verrues et des tissus cicatriciels. Gouttes ophtalmiques - contre la cécité du nouveau-né. Prévention (et traitement) d'inflammations dans le cas de brûlures et d'escarres. Etc.                                                     
 Mais aussi :
-- détection dans des compteurs de particules                                                  
-- agent pour garder la fraîcheur des fleurs
-- encre indélébile ou pigment                                                                                       
-- fenêtres optiques
-- déclenchement de la pluie (pour éviter la grêle) : les très petits cristaux forment des germes sur lesquels la vapeur d'eau se condense. Lorsque les gouttes formées sont suffisamment grosses, elles tombent…  
                                                                                                                                                                                                                

1 - Livres

- Annales des mines, février 1990.
- Cormier Jean-Philippe Monnaies Médiévales, ,Rempart,1998
- Favier Jean De l’Or et des Epices, Fayard,1997
- Konig Claire, cours de chimie sur les métaux, notes personnelles


Argent natif

- Lecomte-Collin V, Collin B , Emmanuel Le Roy Ladurie (Préface) Histoire de la Monnaie
- Metaleurop Annuaire statistique.
- Pascal, P., sous la dir. de-. Nouveau traité de chimie minérale, Masson 1964

Beaucoup de livres d’art magnifiques existent sur l’orfèvrerie et la bijouterie actuelles et historiques.

Voir aussi la bibliographie sur l’or, beaucoup de références parlent des 2 métaux très souvent associés.


Livre sur l'argent

2 - Internet :

http://www.unesco.org/courier/2000_03/fr/dici/txt1.htm
un article sur Potosi, classé à l’Unesco
http://www.nomadesonline.com/report_view.php?id=19
un article sur le travail des enfants à Potosi, dramatique et scandaleux….
http://www.fedichem.be/fr/PUB/pubfr.cfm
http://webmineral.com/
http://cdacm.free.fr/index.html
site sur la vie au Moyen Age

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