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Patrick Tort
 

L'Institut Charles Darwin International s'installe à Puycelsi - 02/05/2007

Avec le soutien du Fonds social européen, l'Institut Charles Darwin International s'installe à Puycelsi.

Érigée sur un tertre pyramidal de roc calcaire jaillissant des franges de la forêt de la Grésigne, la « Forteresse des Bois », fondée par les moines Bénédictins en l'an 964 et fortifiée au début du XIIIe siècle, a précédé dans le temps les plus célèbres bastides du Tarn.

Patrie des chasseurs de la Vère, elle a traversé les temps historiques et leurs drames politico-religieux en conservant de son passé des vestiges qui remontent au paléolithique moyen, constituant aujourd'hui un site protégé au cœur de l'un des plus éblouissants paysages de l'Europe.



Le village de Puycelsi © Photo Dominique Felga

Ample réserve de Cervidés, de Rapaces, d'Insectes et de fleurs, la forêt de la Grésigne est parsemée de grottes préhistoriques et de vestiges gallo-romains - sentiers, routes et murailles qui évoquent et jalonnent les parcours anciens de la chasse, de l'agriculture, du commerce et de la guerre.

L'existence, à sa lisière, sur les pentes des collines qui entourent les remparts de l'est, des trois mille arbres d'un Verger Conservatoire produisant des centaines de variétés anciennes de fruits et pérennisant leur culture achève de caractériser un lieu dans lequel l'archive patrimoniale redevient vivante pour éclairer, peut-être mieux qu'ailleurs, les évolutions à venir.



Le département du Tarn

C'est ce lieu qui accueille aujourd'hui l'ambition de penser ce dont à lui seul, déjà, il témoigne : l'évolution humaine face à la nature, et en elle.

Inauguration Officielle le 25 juin 2005

L'Institut Charles Darwin International vient d'achever la première phase de son installation à Puycelsi. En attente de ses équipements définitifs, il est néanmoins en mesure de poursuivre sur place les travaux en cours depuis sa création - en particulier la publication de l'édition française de l'œuvre complète de Darwin (35 volumes) -, et de s'ouvrir aux chercheurs ainsi qu'au public en quête d'information.

Il dispose d'une bibliothèque de 7000 ouvrages, d'un atelier d'informatique éditoriale équipé d'un réseau sans fil, et d'une structure de réception. Les quelques images qui suivent pourront donner une idée succincte de ses capacités.



Le salon-bibliothèque © Photo Dominique Felga

1. Une bibliothèque généraliste (philosophie, sciences de la nature, sciences humaines) d'environ 4000 titres. Ce fonds constitue une ressource permanente pour des utilisateurs provenant de tous les horizons disciplinaires, et un instrument de culture générale mis à la disposition des chercheurs en résidence et du public régional.



Bibliothèque © Photo Dominique Felga

2. Une bibliothèque spécialisée (darwinisme, histoire naturelle, théories biologiques de l'évolution, histoire de ces théories) comprenant l'œuvre complète du naturaliste anglais et sa correspondance, ainsi que des ouvrages rares de biologie datant de la seconde moitié du XIXe siècle européen (environ 2000 titres). Ce fonds, qui intégrera régulièrement des acquisitions nouvelles, est destiné à devenir le noyau d'un ensemble d'ouvrages dont la réunion en un seul lieu permettra de faciliter certaines recherches d'érudition (notamment la préparation de thèses de doctorat, la présence de Patrick Tort garantissant le suivi théorique et rédactionnel de tels travaux dans une dizaine de disciplines incluant des problématiques évolutives).



Le fonds ancien © Photo Dominique Felga

3. De grands usuels encyclopédiques du XIXe siècle et du XXe siècle (Biographies universelles, Biographies nationales, Grande Encyclopédie de Berthelot, Grand Larousse, Larousse Mensuel, Revue Encyclopédique, encyclopédies d'histoire naturelle, grands dictionnaires des Presses Universitaires de France, manuels et ouvrages de référence). L'usage des ces ouvrages, étant donné leur nature, sera commun aux chercheurs et au public non spécialisé.


Bibliothèque anglaise © Photo Dominique Felga

4. Une exposition permanente des ouvrages publiés sous l'égide de l'Institut Charles Darwin International. Il s'agit notamment des productions francophones, telles que la traduction française intégrale, en cours, de l'œuvre complète de Darwin en 35 volumes dirigée par Patrick Tort, du Dictionnaire du darwinisme et de l'évolution publié par ce dernier aux Presses Universitaires de France, des grands Congrès internationaux, des travaux de recherche et des livres de vulgarisation concernant le darwinisme et les théories biologiques, des livres et articles issus de la collaboration engagée entre les chercheurs de l'Europe latine (France, Espagne, Italie).



L'atelier d'informatique éditoriale © Photo Dominique Felga

5. Des moyens d'accès informatiques et multimédia. Le nombre total des volumes disponibles est environ aujourd'hui, sous réserve d'inventaire précis à venir, de 7000. Un catalogage informatique et un nouveau logiciel de navigation interne permettront de connaître largement les ressources documentaires que l'Institut est en mesure de mettre à tout moment à la disposition de différentes catégories d'utilisateurs dans le cadre d'un accès réglementé à la bibliothèque.



Un endroit idéal de lecture © Photo Dominique Felga

6. La possibilité de constituer un espace Préhistoire centré notamment sur l'archéologie préhistorique régionale, et présentant d'une manière explicative certains résultats de fouilles. L'Institut pourra s'inscrire dans tout projet dont l'objectif sera la promotion de ce patrimoine archéologique régional. C'est aussi de cette manière, et en servant de cadre à des travaux de recherche appropriés, que l'Institut participera à une démarche culturelle œuvrant à relier la dynamique locale avec celles existant dans d'autres espaces territoriaux (Communauté de Communes, Département, Région, Europe).

7. La possibilité d'aménager un fonds d'écologie scientifique, autorisée par le fait que les principes de cet immense domaine, par nature interdisciplinaire, plongent leurs racines dans le texte darwinien.



Vue de la salle d'auberge © Photo Dominique Felga

8. Un lieu d'accueil et de séjour pour les chercheurs. L'équipement de ce lieu permettra des conditions de travail identiques et des connexions internet dans chaque unité d'habitation.



Une des chambres © Photo Dominique Felga

9. Un atelier éditorial et reprographique informatisé en réseau. L'Institut Charles Darwin International s'est caractérisé jusqu'ici par ses produits éditoriaux exceptionnels, comme l'édition intégrale, en cours, de l'œuvre de Darwin en langue française. Une seule entreprise analogue peut lui être comparée dans le monde : celle de l'édition intégrale de la Correspondance de Darwin par Cambridge University Press. Mais l'activité éditoriale de l'ICDI inclut également l'élaboration d'ouvrages sur l'évolution et sur l'histoire des sciences biologiques et humaines. Le rééquipement de cet atelier est donc d'une importance primordiale et devrait assurer l'autonomie de la fabrication des livres jusqu'au stade du « prêt à flasher ».

10. Un espace de réception destiné aux conférences et aux réunions.

11. Une « Exposition Darwin » itinérante en 46 panneaux, produite par l'ICDI en collaboration technique et logistique avec l'ASTS, et qui a déjà connu de grands succès. Elle est aujourd'hui un instrument unique de diffusion large des connaissances concernant Darwin, son époque, sa vie, son œuvre et les différents aspects de sa théorie.

12. Une structure moderne d'échanges à distance. Les communications de l'Institut et ses transmissions / réceptions de documents comportant parfois de lourdes charges de textes et d'images requièrent un accès internet permanent disposant du haut débit.

Créé par Patrick Tort au mois de mars 1998, dans l'esprit du Dictionnaire du darwinisme et de l'évolution (1996) ainsi que des Congrès internationaux «Darwinisme et société» (Paris, 1991) et «Pour Darwin» (Romainville, 1997), l'Institut Charles Darwin International s'est assigné les tâches suivantes :



Vue depuis le château de Lacoste - Au milieu d'un cirque, sur un promontoire, se dresse la « Forteresse des bois ». Les collines environnantes la protègent des vents, l'à-pic de quatre-vingt-seize mètres rend inutile toute tentative d'accès de ce côté.
© Photo Michel Robert

 Faire connaître et développer les recherches originales en matière de biologie de l'évolution.

 Développer la coopération européenne autour des sciences de l'évolution, en l'ouvrant aux pays en voie de développement.

 Poursuivre le travail encyclopédique du Dictionnaire du darwinisme et de l'évolution (1996) par l'édition française intégrale de l'œuvre de Darwin.

 Rectifier les erreurs historiques d'interprétation de la théorie de l'évolution, et lutter contre les usages illégitimes du darwinisme à des fins de justification du racisme ou de toute autre démarche de disqualification individuelle ou sociale.

 S'opposer par une information exacte du public aux infiltrations des thèses créationnistes ou néo-providentialistes dans des présentations inexactes ou tendancieuses de la biologie évolutive et de ses textes fondateurs, et défendre le principe de la laïcité essentielle de la science dans son exercice et dans son enseignement.

 Ouvrir de nouvelles voies pratiques au partage étendu des connaissances scientifiques.

 Promouvoir un dialogue prioritaire entre sciences de la nature, de l'homme et de la société.

 Enrichir la réflexion éthique par une démarche rationnelle de confrontation entre les sciences.

 Former les personnels des entreprises et des administrations, les enseignants, les journalistes, et plus généralement tout public demandeur, à la connaissance rigoureuse des sciences biologiques et humaines, lors de stages et de séminaires animés par des spécialistes de haut niveau conscients de leur responsabilité pédagogique dans la diffusion des savoirs relevant de leur discipline.

 Utiliser les nouvelles techniques de la communication aux fins d'assurer la pérennité et la diffusion élargie des corpus textuels qui constituent les fondements principaux des sciences biologiques et humaines entretenant un lien avec les problématiques évolutives.

 Former de jeunes chercheurs aux techniques du travail encyclopédique, ainsi qu'à la méthodologie et à la pratique de la traduction des textes scientifiques.

 Approfondir la méthodologie de l'Analyse des Complexes Discursifs (ACD) dans ses applications critiques à l'histoire et à l'épistémologie des sciences naturelles et humaines.

 Poursuivre l'élaboration de la théorie des unités de niveau d'intégration en biologie générale et évolutive, dans la perspective d'une réponse au réductionnisme comme à ses critiques ordinaires.

 D'une manière générale, œuvrer au développement de l'intelligence théorique des réalités évolutives dans la perspective liée d'une meilleure compréhension du devenir biologico-historique des êtres vivants et d'un contrôle critique permanent des interventions humaines au sein de ce devenir.



Porte d'arrivée (porte basse). Elle fut jusqu'au début du XXe siècle le seul accès courant au village. Par la porte haute (porte de l'Irissou) passaient les voyageurs à dos de mulet ou les charrettes.
© Photo Michel Robert

Les Celtes l'appelaient Celto Dun, « la forteresse des bois » ; mais ce sont les Romains qui lui ont donné son nom, Podium celsum, qui signifie « plate-forme élevée ».
Dans le village, il ne reste aucune trace de ces hommes, mais une voie romaine est encore visible sur le Sentier du patrimoine, et quelques oppida existent encore dans la forêt de la Grésigne toute proche, dont Puycelsi assura longtemps la surveillance.



Remparts de défense - Leurs créneaux ont aujourd'hui disparu. © Photo Michel Robert

L'histoire connue de Puycelsi remonte aux environs de l'an 1000, à l'époque où les abbés d'Aurillac vendirent cette seigneurie au comte de Toulouse Raymond V, attentif à son importance stratégique. Nous sommes aux confins du Languedoc et de la Guyenne, et les plateaux Cadurciens sont tout proches. Les comtes de Toulouse construisirent des fortifications au début du XIIIe siècle et le château, disparu depuis, fut leur résidence préférée. Fidèle au comte de Toulouse, Puycelsi résista aux Montfort lors de la croisade des Albigeois. Par deux fois, Simon de Monfort en 1211, puis son frère Guy en 1213 échouèrent à s'emparer de la citadelle. Le traité de Meaux, en 1229, stipulait que 25 villes ayant résisté aux vainqueurs devaient être détruites. Puycelsi était du nombre.



Porte haute (porte de l'Irissou) - Placée après la porte d'arrivée, cette porte protégée par une herse et flanquée de deux tours était la dernière protection.
© Photo Michel Robert

Commença alors un long démantèlement du village et de ses fortifications. Malgré cela, le village résista à d'autres envahisseurs : les routiers du vicomte de Montclar en 1363, le sieur de Duras et 450 Anglais lors de la guerre de cent ans, et même le sieur de Payrol y connurent la défaite lors des guerres de religion.



Chemin de ronde et tour de la prison - Neuf tours identiques protégeaient le village. En contrebas, on aperçoit l'octroi qui, jusqu'au début du XXe siècle, contrôlait la circulation des marchandises. À gauche, on aperçoit le dôme de Montoulieu, qui domine la forêt de Grésigne.
© Photo Michel Robert

Il faut dire que le village étant perché sur son piton rocheux et protégé par ses remparts, il était difficile de déloger les Puycelsiens, dont la fidélité à la couronne de France ne s'était jamais démentie au fil des siècles. La place-forte militaire est encore présente par ses portes à l'architecture rare dans la région, par son chemin de ronde, par plus de 800 mètres de remparts, et par ses tours de guet.



La chapelle Saint-Roch - Elle a été édifiée en 1703 par les habitants de Puycelsi pour remercier le ciel de les avoir tenus à l'abri de la peste. L'enclavement du village et sa difficulté d'accès sont peut-être les raisons qui permirent aux habitants d'échapper à la terrible maladie.
© Photo Michel Robert

Quatre épidémies de peste vinrent frapper le village entre 1586 et 1652. Pour endiguer ce fléau, les habitants édifièrent la chapelle Saint-Roch, qui abrite aujourd'hui la Maison du Tourisme. Une croyance populaire fit de Saint-Roch le protecteur du village, mais c'est surtout l'isolement de ce dernier qui, évitant les échanges avec l'extérieur, empêcha la propagation de l'épidémie. Pour accéder au village, il n'y avait que des chemins muletiers qui conduisaient en haut de la cité. Vers 1850, la mairie acheta les terrains et les vestiges du château appartenant à Monsieur de Puisségur pour créer la route d'accès que l'on emprunte aujourd'hui.



Maisons villageoises - La pierre calcaire et le bois sont les matériaux de base qui ont servi à construire les maisons du village, dont les plus anciennes datent du XIIe siècle. © Photo Michel Robert

Puycelsi traversa la Révolution sans trop de problèmes, et l'administration, assurée auparavant par quatre consuls, fut confiée à des hommes chargés veiller sur un canton de 2700 personnes, dont les communes de Larroque, Penne et Vaour. Le village comptait alors plus de 700 personnes exerçant de petits métiers, comme ces tourneurs de fuseaux pour la laine et la broderie dont les femmes partaient à pied vendre la production sur les marchés de Gaillac ou de Caussade. Le village continua à se développer jusqu'au milieu du XIXe siècle, qui fut marqué par un lent déclin lié à l'exode rural. Les mines de Carmaux, ouvertes en 1850, sonnèrent le glas des charbonniers et des verriers de Grésigne. La première Guerre mondiale emporta 55 jeunes hommes, et Puycelsi s'endormit.



Ruelle - Des ruelles conduisaient rapidement au chemin de ronde pour favoriser la défense du village.
© Photo Michel Robert

Le village s'appauvrit et les ruines apparurent jusqu'au début des années 60, époque où les résidents secondaires commencèrent à remettre en état des demeures chargées d'un lourd passé. On préserva ainsi d'admirables maisons, dont certaines de style Renaissance, qui attestent l'ancienne opulence du village.
Les dimensions de l'église gothique Sainte-Corneille (nef de 46 mètres de long, 12 mètres de haut) et la qualité de ses décorations témoignent de l'importance de Puycelsi.

Aujourd'hui, les habitations sont restaurées et Puycelsi est un village fleuri et accueillant, qui a su garder son naturel et son authenticité. Dix-sept nationalités coexistent sur le territoire de la commune, dont une majorité d'anglophones, comme dans de nombreux villages de la région.



Mairie - Cette bâtisse est la mairie depuis 1792. Auparavant, elle abritait les quatre consuls qui dirigeaient la contrée.
© Photo Michel Robert

Classé parmi les plus beaux villages de France, Puycelsi entend conserver intact son magnifique patrimoine naturel et historique. Le développement du village ne passera pas par un commerce touristique exagéré. Un hôtel restaurant de qualité, des cafés, des commerces sont là pour accueillir les visiteurs. Des métiers d'art voient le jour. L'Institut Charles Darwin International y a installé le centre de ses activités.

On ne saurait parler de Puycelsi sans évoquer la forêt de la Grésigne. Près de 4000 hectares de bois en font le massif forestier le plus vaste de la région Midi-Pyrénées. Composée de châtaigniers, de chênes rouvres et de quelques résineux, elle abrite une faune importante de Cervidés et de Sangliers, mais aussi des Insectes protégés comme le Lucane cerf-volant. De Puycelsi à la forêt de la Grésigne, il n'y a qu'un pas ou plutôt un sentier, le « Sentier du patrimoine » : réalisé, entretenu et balisé par le Conseil général du Tarn, il est composé de plusieurs boucles de 2 à 14 kilomètres qui partent et reviennent à Puycelsi. Entièrement praticable, il serpente le long d'un ruisseau pour arriver au sommet du massif de Montoulieu, qui domine toute la forêt.

Parler de Puycelsi, c'est évoquer enfin le Verger conservatoire régional qui abrite plus de 700 espèces d'arbres fruitiers et une centaine de variétés de plants de vigne. Les visites ont lieu sur rendez-vous, et les particuliers pourront à la saison propice apprendre la taille ou acheter des végétaux.

La forêt de Grésigne est la plus vaste forêt de chênes de la région Midi-Pyrénées. Couvrant environ 3600 hectares et jouxtant d'autres massifs forestiers, elle se compose essentiellement de chênes rouvres (80%), de hêtres, de charmes et de résineux. Grésigne a donné du bois de chauffage et un peu de charpente, du bois pour les merrains servant à la tonnellerie destinée au vin de Gaillac, du charbon de bois jusqu'aux années cinquante, et du bois alimentant les fours des verriers de Grésigne, dont le dernier s'est éteint en 1850. La forêt, rationnellement exploitée et entretenue, est aujourd'hui un lieu de chasse au gros gibier.



Puycelsi, entouré par la forêt de la Grésigne

  • A - Géologie

Le point culminant (Montoulieu, 480 m) est de l'ère primaire. Formé de grès, il a donné son nom à la forêt de Grésigne. Les plateaux environnants sont de la période jurassique (ère secondaire) et sont composés de calcaire.

  • B - Arbres



Vue de la forêt de la Grésigne

Le chêne est dominant, avec 80% de chêne sessile ou chêne rouvre ; on trouve des zones peuplées de chênes pédonculés au fond des vallées, et de chênes pubescents dans les secteurs arides. Dans les années soixante, une tentative de plantation de pin Laricio a été faite, mais avec peu de succès. Des châtaigniers, des hêtres, des merisiers et diverses autres essences constituent le reste de la forêt.

La forêt de Grésigne abrite plus de 2500 Insectes, notamment des Coléoptères. C'est à cet égard, en Europe, la forêt la plus importante après celles de Fontainebleau et une forêt d'Europe centrale. C'est également la forêt d'Europe qui présente la plus grande biodiversité à l'hectare. Le Taupin violacé (Coléoptère Élatéridé) est ici présent, tout comme le joli Crustacé d'eau douce qu'est l'Écrevisse à pattes blanches : leur présence atteste la qualité de l'environnement. Les plans « Natura 2000 » et les actions mises en place par l'ONF permettent de penser que cette réserve naturelle continuera à se développer.

Les Cerfs (600 environ) et les Chevreuils (400 environ) peuplent la forêt, où l'on trouve également quelques Renards, Sangliers et Genettes. Le Cerf a été introduit dans la forêt en 1958 par Fernand Verdeille, maire de Penne et sénateur du Tarn. La surpopulation actuelle oblige l'ONF à augmenter les plans de chasse (170 en 2004/2005). Cette régulation est indispensable pour éviter un appauvrissement de la forêt dû au fait que ces animaux se nourrissent des pousses des jeunes arbres et des branches basses, empêchant ainsi un développement végétal régulier.

  • E - Histoire



Une lisière en Grésigne

Les Romains ont occupé la Grésigne. De leur passage il reste des oppida, tumulus de terre servant de défense, des vestiges de camps et une voie romaine sur le territoire de Puycelsi. En 1281, Amiel de Penne cède ses droits sur la forêt au roi de France. Les habitants des villages environnants continuent à utiliser les privilèges de bois mort, de charpente et de barrières, mais aussi de pacages pour les troupeaux. Les verriers, d'origine noble, peuvent utiliser à volonté le bois de la forêt et sont dispensés d'impôt. Cette exploitation exagérée et sans contrôle met la Grésigne en danger de disparition. En 1660, Colbert dépêche Monsieur de Froidour pour réglementer l'exploitation de la forêt et en accroître les bénéfices. Après en avoir délimité le pourtour par un mur (mur dit de Louis XIV) ou un fossé, il supprime les privilèges et nomme des gardes forestiers.



Au pied d'une falaise, noyée dans les feuillages, s'ouvre la grotte préhistorique du Rouzet © Photo Dominique Felga

En 1750, Louis XV inféode la Grésigne à Monsieur de Maillebois : celui-ci projette de transporter le bois en canalisant la rivière Vère. Le projet sera poursuivi durant une vingtaine d'années, et fera naufrage – un peu aidé dans cet échec par les vignerons et tonneliers gaillacois peu intéressés à voir partir la matière première vers Bordeaux, via Bruniquel. Monsieur de Maillebois a eu le temps toutefois de commencer le tracé des routes de débardage avant de faire faillite.



La grotte du Rouzet, datant du Paléolithique moyen, a été fortifiée au cours du Moyen-Âge pour servir d'abri aux paysans surpris par les incursions ennemies. © Photo Dominique Felga

  • F - Richesses

La forêt de Grésigne était la ressource de toute la contrée avec :

- le bois de charpente,
- les merrains pour la tonnellerie,
- le verre jusqu'en 1850,
- le charbon de bois, qui périclita avec l'ouverture des mines de Carmaux,
- les fagots servant à alimenter les fours à chaux (il en fallait 5000 par cuisson) ;
- il y eut même des mines de fer à ciel ouvert autour de la Janade (commune de Puycelsi).

L'évolution de l'arboriculture moderne, tournée vers la productivité, a exigé la mise au point de nouvelles variétés de fruits adaptées aux exigences d'un marché de consommation constamment élargi, rendant ainsi obsolètes les vieilles variétés fruitières, traditionnellement cultivées dans les campagnes pour l'autoconsommation familiale, ou bien pour les marchés locaux.

Aux variétés anciennes furent ainsi substituées des variétés dont les qualités recherchées étaient prioritairement l'aspect extérieur, la bonne présentation sur l'étalage des supermarchés ainsi que la résistance au transport. Par ailleurs, la concentration de la production fruitière et la disparition de l'agriculture familiale autarcique, jointes au remembrement et à la suppression des haies, sont autant de facteurs qui ont contribué à l'appauvrissement de la biodiversité en matière de pomologie.

C'est pour ces diverses raisons qu'en 1983 le Conseil général du Tarn décida la création d'un verger conservatoire sur le territoire de la Ferme départementale du Roc à Puycelsi. Ce projet a préalablement requis de réaliser une prospection dans le Tarn et les départements voisins pour rechercher, recenser et collecter sur le terrain le matériau végétal des anciennes espèces fruitières à noyau et à pépins. Cette démarche a permis de procéder, avec l'aide de nombreux amateurs de fruits et de professionnels, au sauvetage de nombreuses variétés anciennes en voie d'abandon et de disparition.

De 1985 à 1988, un important patrimoine génétique végétal a pu ainsi être récupéré par voie de greffage ou de semis pour entamer les travaux de plantation d'un verger relativement important, regroupant quelque 600 variétés de pommiers, 100 variétés de poiriers, 80 variétés de cerisiers et autant de pruniers, une cinquantaine de variétés de pêchers, un quinzaine de variétés d'abricotiers et une dizaine de variétés d'amandiers.

Cet ensemble variétal, implanté suivant un protocole national, a permis de sauvegarder de précieuses variétés fruitières anciennes, en même temps qu'il a donné lieu à une observation comparative et à une notation des qualités culturales propres à chaque variété, dont il a été reproduit trois arbres, chaque espèce fruitière étant soumise aux mêmes conditions pédo-climatiques, avec un porte-greffe commun et des opérations de taille et d'entretien identiques.

Non seulement l'intérêt du verger conservatoire de Puycelsi a été de susciter une participation importante de nombreux arboriculteurs amateurs ou professionnels animés d'un intérêt renouvelé pour la culture des fruits retrouvés, mais il contribue chaque jour à faire connaître à un large public de consommateurs un patrimoine fruitier riche en parfums et en saveurs. Pour ce faire, de nombreuses visites, ainsi qu'une exposition suivie de dégustation de fruits, ont lieu chaque année sur le site de la Ferme départementale du Roc à Puycelsi.

Autant d'actions qu'il convient de poursuivre et d'améliorer, en poursuivant la prospection sur le terrain et en assumant l'entretien d'un lieu devenu indispensable à la préservation de notre patrimoine vivant.

Claude Bouyssières

Ce conservatoire, propriété du Conseil Général du Tarn, a été créé à son initiative en 1986. Cette action s'inscrit dans le cadre de la politique environnementale menée par le Département.



Vue générale des vergers © Conseil Général du Tarn

L'objectif est de sauvegarder les espèces fruitières anciennes car elles constituent un patrimoine biologique (témoignage des savoir-faire traditionnels) et regroupe une diversité génétique dont nous sommes tous responsables vis-à-vis des générations futures. Ce programme vise également à répondre à une attente du consommateur.

En tant que membre du Conservatoire Régional du Patrimoine Génétique (CPBR) géré par la Région, le Conservatoire Régional d'Espèces Fruitières Anciennes et de Vignes reçoit un soutien financier du Conseil Régional de Midi-Pyrénées et bénéficie d'un appui scientifique de l'INRA.



Coeur de Pigeon © Conseil Général du Tarn

Synonyme : Bigarreau gros coeuret, Belle de Rocmont, Marceline.
Origine : ancienne.
Forme : cordiforme pointu, gros calibre.
Epiderme: assez épais, brillant, jaune passant au rouge clair, strié de rouge plus vif.
Chair : blanche jaunâtre, assez ferme, à jus incolore.
Récolte : fin juin.
Qualité gustative : bonne, sucrée, acidulée, rafraîchissante.

Un comité de pilotage regroupant les représentants des collectivités territoriales et des services de l'État, des instituts techniques, des centres de recherches, de la Chambre d'Agriculture du Tarn, des lycées agricoles …, définit les orientations du Conservatoire.

Les parcelles de collection (6 hectares actuellement), situées sur la commune de Puycelsi, hébergent des variétés de pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers, pêchers et vignes anciennes, locales et régionales, menacées de disparition. Aujourd'hui, plus de 800 introductions de fruitiers et 100 cépages pour un total de 4000 arbres et 500 ceps sont implantés. Le Conservatoire est en constante évolution. Par exemple, les premiers arbres ont été plantés en 1989 et les derniers en 2005.

Autres noms de variétés présentes dans nos collections

Pommes : Museaux de lièvre, Blanche d'Espagne, Reinette de Saintonge, Api Etoilé, Court pendu gris, Reinette dorée, Pay Bou, Belle Louronnaise, Réal d'Entraygue, Choureau, Grand-mère, Api …
Poires : Beurré superfin, Curé, Pérou, Epine du mas, Epargne, Poire coing, Beurré Clairgeau, poire de la St Jean …
Prunes : Sécrestau, Sainte Catherine, Prune d'ente, prune blanche, Royale de Montauban, Reine Claude de Moissac …
Cerises : Guin doux, Cerise Blanche, l'Alzonnaise, Montmorency, Verdé, Bigarreau de juin, guigne …
Raisins : Fer Servadou, Duras, Négrette, Mauzac, Lenc de l'Elh, Valdiguié, Cot, Ugni blanc, Oundenc, prunelard, tannat négrette…



Caninodel Clots © Conseil Général du Tarn

Origine : Tarn.
Synonyme : Reine de Viaur.
Floraison : moyenne.
Forme : aplatie, calibre moyen.
Pédoncule : mince et court.
Epiderme : jaune -vert, lavée de rose à l'insolation, ponctué de lenticelles brunes, tâché de liège autour du pédoncule.
Chair : blanchâtre, croquante.
Maturité : très tardive, longue conservation (mars).
Qualité gustative : bonne, juteuse, acidulée, sucrée et parfumée.

A : Méthodologie – en conformité avec le cahier des charges de l' l'Association Française de Conservation des Espèces Végétales (AFCEV) – :

- Prospection d'arbres fruitiers anciens et de ceps dans les campagnes du département du Tarn et les sept autres départements de la Région Midi-Pyrénées, et enquêtes ethnobotaniques pour recueillir la mémoire locale.



De Graine © Conseil Général du Tarn

Origine : Tarn, Tarn et Garonne.
Synonyme : Milharenca.
Floraison : tardive.
Forme : irrégulière, calibre moyen.
Pédoncule : très court (10 mm).
Epiderme : fond jaune lavé de rouge orangé, strié de rouge, liège près du pédoncule.
Chair : blanche jaunâtre, assez ferme.
Maturité : hiver, bonne conservation.
Qualité gustative : moyenne en frais, bon comportement à la cuisson, variété commercialisée autrefois.

- Collectes de greffons pour la régénération des variétés et cépages en voie de disparition.

- Constitution de collections de sauvegarde.

- Évaluation (détermination des caractéristiques variétales, des potentialités agronomiques, et des qualités organoleptiques), et identification des variétés et cépages.

B : Valorisation du patrimoine biologique cultivé régional



Poire coing © Conseil Général du Tarn

Origine
Origine : Sud Ouest ( Landes, Ariège).
Floraison : tardive.
Forme : losange, renflée au centre.
Pédoncule : très court, inséré obliquement.
Epiderme : vert pâle devenant jaune safran, traces de liège marron jaune surtout dans la zone oculaire.
Chair : très blanche, nacrée dans les loges, fine, fondante.
Maturité : tardive.
Qualité gustative : bonne, très juteuse, sucrée acidulée, parfumée

- Pédagogique (actions de sensibilisation, visites guidées pour le grand public et les scolaires, dégustation de fruits et de jus issus des collections du Conservatoire, Stages d'initiation à la taille, participation à des salons, intervention dans divers cycles de formation….

- Économique (recherche et étude des variétés aptes à une replantation ou ayant des caractères particuliers, collaboration avec des professionnels agricoles de la région).

- Scientifique (parcelles d'expérimentation).



Fer servadou © Conseil Général du Tarn

Origine
Synonyme : Fer, Fer noir, Braucol, Mansois, Here, Couahort, Pinenc, Camirouch, Mourach, Saoubadé, l'Estronc, chalamoncet.
Origine : Sud ouest.
Forme : Grappes moyennes coniques à baies ovoides, moyennes 10 mm, noir bleuté, peau épaisse, pulpe fondante, saveur particulière rappelant celle du cabernet.
Maturité et récolte : Septembre.
Cépage principal des vins de Marcillac et cépage d'appoint à Gaillac, dans les côtes de Saint Mont et Madiran

C : Autres actions

- Appui méthodologique et technique aux porteurs de projets de conservation d'espèces fruitières de Midi-Pyrénées.

- Participation aux différents réseaux nationaux de sauvegarde d'espèces fruitières cultivées coordonnés par le Bureau des Ressources Génétiques (BRG).

- Collaboration avec la communauté scientifique, l'AFCEV, les associations locales, les instituts techniques.

Le Conservatoire Régional d'Espèces Fruitières Anciennes et de Vignes constitue un lieu de référence méthodologique et scientifique sur le matériel génétique stocké.
Il est équipé d'une salle d'exposition, d'une salle de conditionnement avec chambres froides et fruitier, un laboratoire d'analyse …



Reine claude dorée © Conseil Général du Tarn

Origine
Synonyme : Reine Claude de Moissac, Reine Claude verte, Abricot vert, Prune d'Abricot .
Origine : ancienne.
Forme : arrondi aplati, légèrement dissymétrique, calibre moyen.
Epiderme : jaune verdâtre très légèrement orangé.
Chair : jaune verdâtre.
Récolte : mi d'août.
Qualité gustative : très bonne, richement sucrée, parfum agréable, très juteuse.

C : Les visites

- Pour les particuliers :
• Du 15/06 au 15/09 : mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 15 h 30.
• Du 15/09 au 15/11 et du 15/04 au 15/06 : mercredi et samedi à 14 h 00.
- Pour les groupes, du mardi au samedi sur réservation.

D : Comment nous contacer

- Conservatoire Régional d'Espèces Fruitières Anciennes et de Vignes

Maison du Verger, 81140 Puycelsi.
Tél. / Fax : 05.63.33.19.41

- Conseil général du Tarn
Direction de l'Eau et de l'Environnement - Service

Biodiversité Végétale
81013 Albi cedex 09
Tél. : 05.63.48.68.51 / Fax : 05.63.48.68.39

Tous nos remerciements à Isabelle Calvière : Chef du Service Biodiversité Végétale à la Direction de l'Eau et de l'Environnement au Conseil Général du Tarn.

- Institut Charles Darwin International

Darwinisme

- Site de Patrick Tort

Patrick Tort

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