Les membres de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) estiment que les démonstrations récentes d'armes antisatellites par la Chine, ainsi que les projets chinois, mais aussi indiens d'exploration de la Lune, indiquent clairement qu'une deuxième course à l'espace vient de débuter, à laquelle l'Europe devrait adhérer.
Dans un rapport émis le 7 février dernier, et que nous avions déjà commenté, l'Opecst émettait une série de cinquante recommandations à l'adresse des responsables politiques ayant parmi leurs attributions une quelconque parcelle d'autorité touchant l'accès à l'espace. Ces propositions visent essentiellement à revigorer la politique civile et militaire de l'Europe spatiale.
Le groupe parlementaire pointe du doigt les budgets croissants du domaine spatial aux États-Unis, en Chine, en Inde et en Russie en particulier, et y voient un indice de réutilisation des compétences acquises dans le cadre de la guerre froide ou de concurrences stratégiques sous la forme d'applications commerciales ou militaires multiples.
L'Europe, affirment-ils, risque de devenir progressivement une région sous-développée si les dirigeants ne se ressaisissent pas et ne redoublent pas la participation financière de leurs pays respectifs. Ils estiment aussi que les membres européens de l'OTAN devraient se fixer pour objectif de rendre tous leurs systèmes satellitaires de télécommunications interopérants dans un délai de deux ans, alors qu'actuellement, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne utilisent des systèmes indépendants et inutilement concurrentiels.
À l'heure actuelle, l'Europe investit 1,5€ par habitant et par an dans le spatial, soit seize fois moins qu'aux États-Unis. Par comparaison, la dépense des Européens dans les jeux de hasard s'élève à 140€ par habitant et par an. L'Europe n'aurait aucune excuse de ne pas relever le gant de la concurrence des nouvelles puissances spatiales.
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