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Le 26 mars 2010 à 17h23

Bientôt des bio-pneus à base d'isoprène biologique ?

Par Grégoire Macqueron, Futura-Sciences

D’ici cinq ans, les conducteurs pourront peut-être arpenter les routes avec des pneus plus verts. En partenariat avec une société de biotechnologie, Goodyear vient en effet d’annoncer un nouveau procédé pour produire de l’isoprène, un des constituants des pneus, à partir de biomasse renouvelable et non plus de pétrole.

Les pneus ne roulent pas vraiment pour l’environnement. Ces pneumatiques, plus vulgairement appelés pneus, essentiels à une grande majorité des véhicules ont en effet un impact environnemental non négligeable. Produits à près de 300 milliards d’unités par an, ils consomment de grandes quantités de pétrole pour leur fabrication, sont responsables d’une partie de la consommation de carburant des véhicules et sont difficilement recyclés.

Les grands manufacturiers du secteur pneumatique travaillent donc depuis quelques années à la production de pneus plus écologiques. Plusieurs approches sont explorées :

  • Diminuer les pertes d’énergie par frottement et donc la consommation des véhicules ;
  • Utiliser des matières premières recyclées ;
  • Utiliser plus de matières premières recyclables ;
  • Utiliser des matières premières renouvelables.

C’est cette dernière voie qu’ont empruntée conjointement le troisième producteur mondial de pneumatiques, Goodyear, et la société Genencor. Ensemble, ils ont mis au point un nouveau procédé pour produire du caoutchouc à base d’isoprène d’origine naturelle.

L’isoprène permet par polymérisation de produire du caoutchouc qui entre pour 25% dans la composition d’un pneu tourisme. Au total, il faut près de 27 litres de pétrole brut pour produire un pneu. Or le pétrole est une matière première non renouvelable dont le prix est appelé à croître au fur et à mesure de sa raréfaction.

Les pneus se préparent à l’après-pétrole

« Une recherche intensive était en cours depuis des années pour obtenir une source alternative d’isoprène, en particulier à partir de ressources renouvelables comme la biomasse, explique Joseph McAuliffe, scientifique de Genencor. Un des défis techniques fut de développer un processus efficace de conversion du sucre en isoprène. L’un des moyens qui nous a permis de relever ce défi fut d'utiliser un procédé de fermentation basé sur une souche de bactéries modifiées pour convertir les réactifs glucidiques en BioIsoprene [un nom commercial, NDLR]. »

Lors de la dernière réunion de l’American Chemical Society, Joseph McAuliffe a présenté ce nouveau procédé de production de bioisoprène à partir de biomasse avec sa chaîne de fermentation par bactéries modifiées, récupération et purification de l’isoprène. Selon lui, « le BioIsoprene servira d’alternative renouvelable et compétitive à l’isoprène. C’est un matériau qui pourrait ouvrir de nouveaux marchés ».

L’isoprène est en effet utilisé non seulement par l’industrie du pneumatique, mais aussi pour la production d’autres produits comme les élastomères, les adhésifs ou les gants chirurgicaux. La production actuelle d’isoprène pur dérivée du pétrole est de 780 millions de tonnes. Un mode de production durable de ce composé chimique, dans un monde où les ressources en pétrole sont limitées, a donc clairement sa place. « C’est un marché énorme » déclare Joseph McAuliffe. Genencor compte commercialiser la technologie de production du BioIsoprene d’ici cinq ans.

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Les prochains pneus verts à base d’isoprène biologique pourraient être commercialisés en 2015. © IStock
Les prochains pneus verts à base d’isoprène biologique pourraient être commercialisés en 2015. © IStock