Aimée Rose et ses collègues du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont présenté dans la revue Nature un nouveau système de détection des matériaux explosifs, fondé sur un polymère de semiconducteur organique (SOP).
Ce type de composé émet un rayonnement sous forme d'excitons lorsqu'il est excité par une lumière laser ultraviolette. Or les dérivés polynitrés des cycles aromatiques, comme le TNT ou le DNT, sont déficients en électrons ; ils sont donc attirés vers le SOP riche en électrons avec qui ils interagissent, provoquant un arrêt de l'émission d'énergie mesurable par des capteurs.
En déterminant les variations d'émission d'énergie du polymère, les chercheurs sont ainsi parvenus à détecter des concentrations de DNT et de TNT jusqu'à respectivement 100 et 5 parties par milliard. La technique, totalement réversible, ne requiert qu'une intensité dix fois inférieure à celles des dispositifs antérieurs (avec polymères fluorescents) pour une sensibilité 30 fois supérieure et présente ainsi moins de risques de dommage optique pour les éléments organiques.
Elle semble par ailleurs suffisamment spécifique pour envisager une application pratique puisqu'aucune interférence ou réponse positive n'a été observée pour d'autres molécules aromatiques comme le benzène ou le naphtalène. Les précédents systèmes mis au point par l'équipe ont été commercialisés par la société Nomadics (Oklahoma).
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