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Le 8 octobre 2009 à 17h43

Les plus grandes empreintes de dinosaures découvertes à Plagne

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

Des curieux de nature ont déniché de superbes traces de pas de dinosaures, larges de plus de un mètre, près de Nantua, dans l'Ain. Les scientifiques ont confirmé : il s'agit bien d'empreintes de sauropodes géants.

La découverte est le fait de promeneurs mais n'est pas due au hasard. Depuis longtemps, des membres de la Société des naturalistes d'Oyonnax (SDNO) explorent systématiquement plusieurs sites de cette région, dans l'Ain, pour y chercher des trésors paléontologiques. L'idée était bonne, puisqu'en avril 2009, Marie-Hélène Marcaud et Patrice Landry ont repéré près de Plagne d'énormes traces de pas de dinosaures d'un diamètre compris entre 1,20 et 1,50 mètre.

Ces naturalistes avisés ont tout de suite contacté le laboratoire Paléoenvironnements et Paléobiosphères (CNRS / Université Claude Bernard Lyon 1) et deux chercheurs, Jean-Michel Mazin et Pierre Hantzpergue, ont commencé l'étude du site.


Une empreinte dans le calcaire, laissée il y a 150 millions d'années par un dinosaure sauropode qui devait jauger au moins 30 tonnes. (Cliquer sur l'image pour l'agrandir.) © Photothèque CNRS / Raguet Hubert

Les fouilles commencent...

Les empreintes prennent la forme de dépressions circulaires entourées d'un bourrelet calcaire. Cette roche date du Jurassique supérieur, 150 millions d'années avant le présent (du Tithonien, plus précisément, dernière époque du Jurassique). Durant cette période, bien avant le soulèvement des Alpes, la région est recouverte à plusieurs reprises par une mer peu profonde. C'est pendant une phase d'émersion que ces traces de pas ont été laissées.

A cause de leur forme et de leur diamètre, les paléontologues les attribuent à des sauropodes de grande et même de très grande taille. Les dinosaures qui se sont promenés là devaient peser entre trente et quarante tonnes et mesurer plus de 25 mètres de longueur.


L'équipe au complet : à gauche, les découvreurs, Marie-Hélène Marcaud et Patrice Landry, et à droite, Pierre Hantzpergue (Université Lyon 1) et Jean-Michel Mazin (CNRS Lyon). © Photothèque CNRS / Raguet Hubert

Le travail scientifique ne fait que commencer. Les empreintes sont très nombreuses et s'étendent sur une grande surface, peut-être de plusieurs centaines de mètres de longueur. Le site s'avère donc exceptionnel, par la taille des traces – ce sont les plus grandes au monde – et par leur nombre.

Il faut désormais entamer des fouilles systématiques et minutieuses pour les repérer toutes. Les équipes du CNRS et de l'université Lyon 1 y participeront mais aussi des membres de la SDNO.

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Marie-Hélène Marcaud et Patrice Landry, de la SDNO, découvreurs de ces empreintes exceptionnelles, en train de dégager l'une d'elles. © Photothèque CNRS /  Raguet Hubert
Marie-Hélène Marcaud et Patrice Landry, de la SDNO, découvreurs de ces empreintes exceptionnelles, en train de dégager l'une d'elles. © Photothèque CNRS / Raguet Hubert