Contrairement à ce que l’on pensait il y a plus de dix ans, les os des dinosaures ayant vécu au voisinage du cercle polaire antarctique au Crétacé n’indiquent pas de différences de physiologie avec les dinosaures ayant vécu sous des latitudes plus basses. On ne peut plus en déduire qu'ils hibernaient.
La découverte d’os de dinosaures en Australie, datant du Crétacé inférieur, avait été une surprise. En effet, du fait de la dérive des continents, l’Australie se trouvait bien plus près du Pôle sud il y a un peu plus de 100 millions d’années. Il fallait donc en conclure que des dinosaures avaient vécu dans des régions où les températures et l’ensoleillement n’étaient pas vraiment compatibles avec des animaux à sang froid.
Certes, la répartition des continents à cette époque modifiait sans aucun doute les courants océaniques et atmosphériques. De sorte que, et du fait d’une forte activité volcanique (la quantité de CO2 dans l’atmosphère était plus élevée), on a toutes les raisons de penser que le climat global était plus chaud avec un gradient thermique moins important de l’équateur aux pôles. D’ailleurs, les archives géologiques montrent l'absence vraisemblable de calotte à cette époque. Il semblait donc que les dinosaures polaires pouvaient alors présenter une physiologie similaire à celle de nos actuels animaux à sang froid, comme les iguanes des Galápagos, et ce devait être encore plus vrai, à fortiori, pour les dinosaures vivant sur les autres continents au Crétacé inférieur. Peut-être même étaient-ils à sang chaud, comme les mammifères et les oiseaux.
Toutefois, les premières analyses des os des dinosaures australiens ont montré qu'il existait des différences laissant supposer que ces animaux hibernaient plusieurs mois de l’année.
La publication récente dans Plos One d’un article (donné en lien ci-dessous) par un groupe de paléontologistes remet en cause cette affirmation.

Des anneaux de croissance pour les os des dinosaures polaires
La paléontologue Holly Woodward, actuellement en thèse avec le fameux Jack Horner, y montre en effet avec ses collègues qu’il existe des sortes d’anneaux de croissance dans les os des dinosaures australiens. Or ceci n’est pas compatible avec des dinosaures effectuant des longues périodes d’hibernation.
La raison de ce retournement de situation vient en partie du fait que les os de dinosaures australiens datant du Crétacé inférieur n’avaient pas encore été retrouvés en quantités suffisantes. Woodward et ses collègues ont cette fois-ci pu analyser les tissus osseux fossilisés de dix-sept dinosaures ornithopodes et théropodes vivant il y a entre 112 et 100 millions d’années. Sauf chez les dinosaures âgés de moins d’un an, des anneaux de croissance sont bien présents et la structure de l’os montre une croissance rapide similaire à ceux des dinosaures trouvés ailleurs sur la planète.
Bien que l’on ne puisse pas en conclure que les dinosaures polaires n’avaient pas malgré tout une physiologie différente, aucune trace n’en est donc trouvée dans leurs os. Cela laisse penser que très tôt dans leur histoire, les dinosaures disposaient d’une physiologie leur permettant de coloniser un grand nombre de niches écologiques différentes, d’où la raison de leur succès pendant près de 160 millions d’années.
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